Le cerveau des pianistes classiques fonctionne différemment de celui des pianistes jazz

Les exigences du style musical modèlent le cerveau du musicien

cerveau et pianiste classique

 

 

 

 

 

 

 

 

L’étude révèle ainsi les différents processus qui se produisent dans le cerveau des pianistes jazz et classiques.

  • Les pianistes de jazz se concentrent sur le "quoi", ce qui signifie qu'ils sont toujours prêts à improviser et à adapter les notes qu'ils jouent.
  • Les pianistes classiques ont tendance à se concentrer sur la deuxième étape - le "comment". Cela signifie qu'ils se concentrent sur la technique et l'expression personnelle qu'ils ajoutent à la pièce.

Le pianiste classique, le respect de la partition

Les pianistes classiques étaient fidèles à la partition, se concentraient sur le doigté et la maîtrise de la technique de leur jeu et sur son doigté en repérant d’abord la discordance dans la position de la main.
Fait intéressant, les pianistes classiques se sont mieux comportés que les pianistes jazz lorsqu’il s’agissait de suivre des doigtés inhabituels. Dans ces cas, leur cerveau a montré une plus grande conscience du doigté, et par conséquent ils ont fait moins d’erreurs tout en imitant la séquence d’accord.

Le pianiste de jazz, une plus grande souplesse face à l’imprévu

Les pianistes de jazz étaient plus disposés à changer les notes qu'ils jouaient pour improviser et adapter leur jeu pour créer des harmonies inattendues. Les chercheurs ont trouvé des preuves neurales de cette flexibilité dans la planification des harmonies en jouant du piano. « Lorsque nous leur avons demandé de jouer un accord harmoniquement inattendu dans une progression d'accords standard, explique pour Daniela Sammler qui a dirigé cette étude, leur cerveau a commencé à réorganiser les actions plus rapidement que les pianistes classiques. Ils étaient donc plus à même de réagir et de poursuivre leur performance. »

Il est remarquable de constater que la plasticité adaptative à long terme dans la hiérarchie du contrôle de l'action se reflétait sur le plan comportemental dans la flexibilité structurelle des pianistes de jazz et la précision des mouvements chez les pianistes classiques pendant l'exécution de la même tâche, conclut l'étude.
Les différences d’exigence qu’imposent aux musiciens ces deux styles de musique, la musique classique et le jazz, que ce soit pour interpréter habilement et le plus fidèlement une pièce classique ou pour improviser de façon créative un thème musical de jazz, explique pour Daniela Sammler les différences de comportement des musiciens selon le style de musique maîtrisé. Ainsi, différentes procédures relativement spécifiques peuvent s’établir dans le cerveau en jouant du piano, ce qui rend le passage d’un style à l’autre plus difficile.

« Grâce à cette étude, commente Daniela Sammler, on a mis en évidence comment le cerveau s’adapte précisément aux exigences de notre environnement ». De ce fait, si l’on veut bien comprendre ce qui se passe dans le cerveau lorsqu’on joue de la musique, il ne suffit pas comme c’est le plus souvent le cas jusqu’à présent d’explorer globalement la musique classique occidentale. Il est nécessaire, de rechercher pour avoir une vision plus juste, « le plus petit dénominateur commun de plusieurs genres de musique », explique D. Sammler. De la même manière qu’une recherche sur les mécanismes des universaux du langage ne pourrait pas non plus se limiter à la recherche sur une seule langue.

Docteur Arcier André, président fondateur de Médecine des arts®
Médecine des arts® est une marque déposée. Copyright Médecine des arts©

Source

R. Bianco, G. Novembre, P.E. Keller, A. Villringer, D. Sammler. Musical genre-dependent behavioural and EEG signatures of action planning. A comparison between classical and jazz pianists. NeuroImage, 2018; 169: 383.

Imprimer

Association

Faire un don
Adhérer