Syndromes de surmenage chez les étudiants musiciens, les symptômes (TMS, également dans les autres pratiques artistiques)

La douleur, comme premier symptôme

Overuse syndrome chez le jeune musicien, les symptômes (troubles musculo-squelettiques)
Le signe d’appel classique, toujours retrouvé est la douleur. Celle-ci s’accompagne souvent de prodromes chez de nombreux étudiants en musique (musiciens)

Symptômes de surmenage chez le jeune musicien

Des signes physiques

Le signe d’appel classique toujours retrouvé dans les syndromes de surmenage est la douleur. Celle-ci s’accompagne souvent de prodromes chez de nombreux étudiants en musique (musiciens). Selon la sévérité, le trouble musculo-squelettique va affecter la performance technique. On retrouve fréquemment, une sensation de faiblesse, une diminution de l’agilité, de la vitesse, de la précision.

Des signes psychologiques

Fry, dans son étude sur les étudiants en musique ayant unoveruse syndrome, a remarqué "un degré de dépression" sur l’ensemble des étudiants qui présentent un niveau 3 de sévérité du syndrome de surmenage (overuse syndrome), notamment durant les premières semaines du trouble.
Les aspects psychologiques liés à la performance sont très souvent sous-estimés par les institutions mais aussi par l’environnement social (enseignants, parents, etc.). La musique fait l’objet d’un surinvestissement sur le plan socio-familial, de nombreuses heures ont été consenties pour parvenir à un certain niveau de maîtrise technique. La moindre altération de la performance fait émerger parfois des craintes, des angoisses importantes et le désir d’occulter la souffrance jusqu’à la limite de l’élaboration du geste.
Tous les étudiants en musique avec un overuse syndrome montraient des signes anxieux. Ils exprimaient une anxiété en relation avec leur avenir, savoir notamment s’ils pourraient ou non continuer à étudier la musique. Cette anxiété était partagée également par la famille de l’étudiant en musique.

  •   Plus de la moitié des étudiants en musique qui souffraient de surmenage musculo-squelettique avaient été peu entendus dans leur souffrance ; les amis, la famille et parfois un médecin avait pu leur dire que cette douleur n’existait pas vraiment et que "c’était dans leur tête". Ces étudiants étaient plus anxieux et exprimaient une diminution de l’estime de soi.
  •   Les étudiants qui avaient une diminution des altérations de leur technique et de leur performance étaient plus anxieux que ceux qui avaient uniquement une douleur lors du jeu.
  •   Un quart des étudiants en musique s’étaient entendu dire que le syndrome de surmenage était en relation de fautes techniques, qu’ils jouaient trop et qu’ils aggravaient par leur manière de pratiquer le trouble. Ces étudiants en musique étaient particulièrement en difficulté lorsqu’ils devaient s’exprimer pour un examen. Ils se trouvaient devant un dilemme particulièrement stressant lors d’un examen : soit ils continuaient leur pratique de la même manière pour réussir dans l’étape où ils se trouvaient et alors ils aggravaient leur problème de santé, soit ils arrêtaient et ils compromettaient ainsi leur avenir, du moins l’étape où ils se trouvaient (concours, récital, etc.)

Certaines caractéristiques psychologiques sont des facteurs aggravants

Le fait pour les musiciens ayant un syndrome de surmenage de rencontrer dans leur environnement une attitude cynique, de se voir accuser de comportement hystériforme vis-à-vis de leur symptôme, et de mauvais usage corporel a des effets sérieux sur l’étudiant en musique qui est touché par ce trouble.
Pour le jeune musicien qui a un overuse syndrome, le fait de penser qu’il va perdre peut-être la bonne relation, l’attention de son professeur et de l’institution musicale l’amène à dénier la douleur et à continuer à pratiquer alors qu’il se trouve déjà à un niveau sévère de gravité de son syndrome de surmenage. Ce type de comportement est un facteur aggravant du trouble fonctionnel.
Souvent, les institutions et les proches ne favorisent pas l’expression des problèmes de santé des étudiants, de leurs émotions vis-à-vis de la performance et des difficultés éprouvées. La plupart des étudiants en musique dans cette situation reculent le moment de formuler leur problème de santé et s’efforcent de jouer malgré les douleurs le plus longtemps possible. De ce fait, on va retrouver des étudiants à des stades de sévérité élevée du syndrome de surmenage (3 ou plus) et des symptômes qui vont durer longtemps après leur dévoilement, même lorsqu’ils ont arrêté leur pratique musicale. Ceux qui ont des signes de surmenage limité et qui ont été traités ont en général la possibilité de continuer leur pratique et leurs symptômes s’amendent dans les 3 à 4 semaines.

Des facteurs favorisants d’overuse syndrome

On retrouve une corrélation à 100 % entre le début des symptômes et l’augmentation du temps de pratique et l’intensité du jeu. Souvent les étudiants se trouvent dans des périodes particulières de leur pratique : la préparation d’examens et de concours, d’un récital, d’un changement d’enseignant.
Dans les syndromes de surmenage de sévérité légère, niveau 1 par exemple, la douleur peut n’être retrouvée que dans certain trait du répertoire, ou sur un exercice particulier. Le jeu dans son ensemble n’est pas touché. Mais le fait ne pas traiter le trouble à ce stade risque d’être un facteur aggravant.

Des sites anatomiques douloureux chez l’élève musicien

  • On retrouve souvent un syndrome de surmenage chez le clarinettiste au niveau de la main qui maintient la clarinette. La douleur est présente au niveau du premier rayon de la main droite et de la base du pouce droit, ainsi qu’au bord radial du poignet droit. La répartition des pressions sur ce site anatomique lors du maintien de l’instrument est une des causes de surmenage musculaire du clarinettiste.
  • Les douleurs au niveau de la nuque (rachis cervical) et de l’épaule gauche que l’on retrouve de manière fréquente chez le violoniste d’orchestre dans le maintien et le port de l’instrument est moins souvent retrouvée chez l’étudiant musicien pratiquant le violon ou l’alto. Par contre, on trouve plus volontiers une douleur des épaules et une sensibilité au niveau de la coiffe des rotateurs.
  • Parfois, chez le jeune musicien, la douleur s’exprime plus de 12 heures après les événements causaux. La douleur n’a pas pu alors jouer le rôle de signal d’alarme, ce qui ne favorise pas une démarche préventive immédiate.

Facteurs de risques et prévention

Mieux connaître les facteurs de risque va permettre d’établir une démarche préventive efficace. Les facteurs psychosociaux sont presque toujours sous-estimés. Plus encore chez les jeunes musiciens qui sont dans un parcours de performance (conservatoire de haut niveau par exemple) et qui connaissent ce type de problème, la prise en charge par une équipe pluridisciplinaire est indispensable. Dans un certain nombre de cas, le recours à un psychologue va s’avérer tout aussi nécessaire. La situation de performance dans les pratiques artistiques est spécifique et devra être prise en compte en même temps que la problématique globale du sujet. Des relais avec les institutions pédagogiques, enseignants, assistance sociale peuvent être très utiles, mais actuellement ces institutions ne sont pas toujours préparées à de telles démarches. Ce travail psychologique devra s’appuyer sur des personnes particulièrement compétentes ; il n’est jamais superflu de bien connaître la formation des personnes qui interviennent dans le champ psychologique et de bien vérifier que ces derniers ont bien fait un cursus spécialisé et reconnu, ce qui est loin d’être le cas de l’ensemble des intervenants agissant dans le champ psychologique.

Docteur Arcier, président fondateur de Médecine des arts®
Médecine des arts® est une marque déposée. Copyright Médecine des arts©


En savoir plus

  • Fry H.J.H, Prévalence of overuse (Injury syndrome in Australian music schools), British J of Industrial Medecine, 1987 ; 44 : 35 - 40.
  • Revue Médecine des Arts N°47
  • Tubiana. Prévention des pathologies des musiciens. collection Alexitère-Médecine des arts

 

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