Perte auditive reconnue chez un musicien qui gagne son procès contre le Royal Opera House

Traumatisme auditif reconnu dans un orchestre symphonique Londonien

  Reconnaissance traumatisme auditif par un orchestre symphonique

 

 

 

 

 

 

 

 

Reconnaissance du risque auditif et de ses dommages dans les orchestres

L'altiste Chris Goldscheider avait intenté un procès contre son ancien employeur le Royal Opera House de Londres pour les dommages auditifs irrémédiables qu'il avait subis en 2012 pendant les répétitions du cycle du Ring de Wagner. Ce musicien britannique vient de remporter un procès historique contre son ancien employeur, arguant qu'il avait été exposé à des niveaux de "bruit" inacceptables, liés notamment au fait que les 18 membres de la section des cuivres étaient placés directement derrière son pupitre dans la fosse d'orchestre, comparant le niveau sonore à celui d'un moteur à réaction.

Le musicien, âgé de 45 ans, précisait que désormais il ne pouvait même plus écouter de la musique du fait de son hyperacousie et qu’il avait des acouphènes. Hypersensible aux bruits, il est obligé de porter des protecteurs auditifs même pour effectuer des tâches ménagères.

Si le Royal Opera House a nié toute culpabilité, précisant de son côté qu'il fournissait une protection auditive aux musiciens, mais que Monsieur Goldscheider n'avait pas choisi de les porter durant cette répétition, l'employeur indiquait également que ce problème de santé pouvait être en relation avec une maladie de Ménière.

Malgré ces arguments, le juge a conclu à la responsabilité de l'employeur. « Les musiciens ont droit à la protection de la loi [...] comme tout autre travailleur », a déclaré le juge dans sa déclaration finale.

Chris Goldscheider réclame 750 000 sterlings de dommages et intérêts et de pertes de revenus, du fait même que ce problème de santé a mis fin à sa carrière de musicien professionnel.
Pour l'avocat du musicien, « la décision laisse aux assureurs du Royal Opera House la responsabilité d'une demande d'indemnisation de 750 000 sterlings et la nécessité urgente de repenser ses politiques et procédures [...] et les réclamations probables contre eux par d'autres musiciens ».

Le Royal Opera House examine la décision du juge, il est en droit d'interjeter appel. Mais d'ores et déjà, cette décision du juge met pour la première fois l'accent sur la responsabilité de l'employeur vis-à-vis des atteintes auditives des musiciens lors d'une exposition aiguë au bruit. Cette décision ouvre la voie en Europe à d'autres procédures engagées par des musiciens et leurs représentants et certainement à une meilleure protection des musiciens contre les niveaux sonores élevés.

Protéger la santé du musicien, c'est aussi protéger la musique, l'inverse est tout aussi vrai.

Docteur Arcier André, président fondateur de Médecine des arts®
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