Prévention des troubles musculo-squelettiques chez les accordéonistes

Facteurs de risque extrinsèques de TMS

 

Les facteurs de risque extrinsèques sont liés à l’instrument et à l’environnement du musicien. Si la majorité d’entre eux sont modifiables, la taille et le poids de l’instrument, la technique, la posture, le répertoire, le temps de jeu, les habitudes de jeu, le transport de l’instrument, les horaires, les contraintes dues aux échéances, l’environnement de jeu, d’autres ne le sont pas, comme la largeur des touches d’un piano. Depuis l’invention des premiers accordéons, l’instrument n’a cessé de s’élargir et de s’alourdir par l’addition de nouveaux jeux ou registres lui permettant d’accéder à tous les types de musique.

L'accordéon, un instrument de plus en plus lourd

Des publications récentes dans le domaine de la médecine du travail reconnaissent qu’une mauvaise posture adoptée lors du port d’une charge peut entraîner des élongations, des déchirures musculaires et des lésions du rachis. Une charge trop importante expose le porteur à des lésions articulaires, voire à un syndrome de surmenage. Étant donné les dimensions et le poids de l’accordéon moderne, ces considérations sont sans aucun doute applicables à la pratique de cet instrument.

Selon M. P. accordéoniste professionnel, « le problème de l’accordéon est lié au fait qu’au cours de son développement, on a constamment ajouté de nouveaux registres afin qu’il devienne un orchestre à lui tout seul. En conséquence, on a construit des instruments de plus en plus grands et de plus en plus lourds. Une solution serait de revenir à des accordéons plus petits destinés à n’offrir qu’un ou deux registres musicaux ».

Le jeu de l'accordéon assis

Les contraintes liées à l’instrument ne doivent pas faire oublier la nécessité d’améliorer l’environnement immédiat du musicien : à l’évidence, jouer assis permet de mieux contrôler les effets du poids de l’instrument et soulage la colonne vertébrale et la ceinture scapulaire.
La position assise permet d’assurer des points d’appui sur le corps et de mieux gérer les effets du poids de l’instrument. Le choix du siège de travail est primordial. Pour une assiette équilibrée, les pieds devraient être posés à plat, le bassin sur les ischions. Dans cette position, l’angle tronc-cuisses est ouvert, les genoux se situent donc légèrement en dessous des hanches. Cette position permet de maintenir la lordose lombaire physiologique. À ce titre, des sièges inclinés vers l’avant présentent certains avantages. Une inclinaison par trop prononcée peut par contre déstabiliser l’accordéon, qui glisse en avant et doit être retenu au prix de grands efforts musculaires. Par ailleurs, le musicien devrait pouvoir se reposer contre le dossier de sa chaise entre deux épisodes de jeu. Il serait encore plus salutaire qu’il se lève et accomplisse quelques étirements afin de soulager sa colonne vertébrale et la ceinture scapulaire.

Le maintien de la lordose lombaire physiologique procure une plus grande liberté du bassin et donc du rachis, nécessaire à un jeu souple et dynamique de l’ensemble du corps dans les trois plans de l’espace. Ce besoin relativement contradictoire de liberté dans les gestes, mais aussi de stabilité de l’instrument s’illustre parfaitement dans la difficulté à concevoir des courroies de soutien. La position du pupitre est également un point essentiel à prendre en compte : situé trop bas, trop loin ou sur les côtés, il entraîne une attitude pernicieuse de la tête et du cou. L’idéal est un placement qui permette au musicien de lire la partition sans aucune contrainte sur le rachis cervical. Un éclairage mal adapté aggrave le problème, il vaut donc la peine de s’y intéresser également.

La gestion des représentations, le nomadisme, l’adaptation à des locaux différents, les horaires décalés, et plus largement la gestion d’une carrière sont autant de contraintes psychosociales auxquelles le musicien doit faire face et qu’il ne faut pas négliger. La survenue d’un problème de santé qui pourrait remettre en question la carrière alourdit encore le tableau. En outre, le fait de devoir jouer pour gagner sa vie a un impact certain dans la conception de la tâche pour le musicien : la pression en est d’autant plus importante.

Rédacteurs François Tardif et Dr Véronique Moret, extrait du mémoire diplôme Médecine des arts®
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A lire sur la revue N°80 de Médecine des arts, décembre 2015, l'article "Approche ergonomique, thérapeutique et préventive des troubles musculo-squelettiques chez les accordéonistes de concert" (même auteurs)

Un dossier PDF concernant la pratique de l'échauffement et des étirements, destiné aux musiciens accordéonistes, élèves, professeurs, thérapeutes est associé à l'article Guide de prévention des troubles musculo-squelettiques chez les accordéonistes.


 

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