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Malaise social chez les Jazzmen


Malaise social chez les Jazzmen

Il est de plus en plus en plus difficile de vivre de son métier dans le milieu du jazz. Les musiciens et plus encore dans certains styles de musique sont particulièrement impactés par les évolutions économiques et sociales. Ils connaissent souvent plus que d’autres l’hyperflexibilité, une compétition extrême, un milieu très concurrentiel avec une internationalisation extrême des emplois.

Le CIJ et l’Irma ont réalisé une enquête auprès de 500 musiciens de jazz sélectionnés.

Quelques caractéristiques sont à retenir :

- Le milieu du jazz est très peu féminisé, il ne compte que 3% de femmes.

- S’ils sont nombreux à ne pas vouloir être catalogués dans un style musical, pour autant ils se disent à :

musiciensStyle de musique
11%jazz traditionnel, classique ou manouche.
64%Jazz moderne et contemporain.
25%musiques improvisées et nouvelles.

- Un peu plus de la moitié bénéficie du statut d’intermittent (63%), mais un certain nombre ne doit la conservation de ce statut et d’un revenu que grâce "au fond de réserve".

- La grande majorité des musiciens de jazz ont un revenu faible, voire très faible.

musiciensrevenu
28%< ou égal à 5000€ (correspond au RMI)
27%de 15000à 24000
28%de 24000 à 45000
5%de 45000 à 60000
2%> 60000

Ils sont 70% à indiquer qu’ils ont connu une baisse de leur revenu.

- Près de l’ensemble des musiciens, 93%, affirment être inquiets sur leur avenir professionnel.

Pourtant les musiciens souhaitent conserver cette liberté, et 67% n’ont jamais envisagé de quitter leur métier.
Le plaisir de jouer, de la scène restent la forte motivation de ces musiciens.

d’après le CIJ/IRMA


Comment dans d’autres professions, la morosité a aussi gagné les artistes ; certaines disciplines sont particulièrement touchées. Les musiciens de jazz souffrent d’une crise grave qui met sérieusement en péril la professionnalisation des plus jeunes. Ils ne doivent pour beaucoup la poursuite de leur art que par l’apport de revenus d’activités annexes (en premier l’enseignement). Les aides, subventions, ne vont en général qu’aux structures en partie institutionnelles ou à ceux qui sont proches de ces milieux et qui entretiennent un réseau. Dans ce domaine comme dans de nombreux domaines en France, les jeunes ne bénéficiant pas de ces soutiens ont la plus grande difficulté à émerger. C’est un véritablement changement de paradigme qui doit s’opérer dans les pratiques artistiques pour que la France retrouve une nouvelle dynamique au même niveau que les pays voisins. La culture soutenue par les institutions a une fâcheuse tendance à stériliser les démarches artistiques des plus créatifs, qui n’ont guère le temps, ni l’envie de remplir des dossiers, de faire antichambre dans les palais de la république, d’expliquer sans fin et en vain que l’art ne peut se réduire à une vassalisation à des élus de quelque bord politique qu’il soit.


Le monde des musiciens est aussi un milieu de contraste sur le plan financier.

Le salon des professionnels de la musique (MIDEM) donne chaque année (novembre 2007) le gain des chanteurs de l’année précédente.

chanteursrevenu des chanteurs exclusivement en relation avec leur pratique musicale.
Johnny Halliday8,75 millions d’euros
Mylène Farmer3,28 millions d’euros
Diam’s2,66 millions d’euros
Bénabar2,18 millions d’euros
Renaud2,02 millions d’euros
Anaïsde 1 à 1,5 millions d’euros
Olivia Ruizde 1 à 1,5 millions d’euros
Yannick Noahde 1 à 1,5 millions d’euros
Marc Lavoinede 1 à 1,5 millions d’euros
Grand Corps Malade951 000 euros
Amel Bent481 000 euros
Camille426 000 euros
Philippe Katerine256 000 euros
Miossec218 000 euros
Vincent Delerm199 000 euros

Réalisation : Octavo