Janine Reiss, coach de Maria Callas

Comment cela a-t-il commencé ?

Leçon de chant
Toutes les stars du chant travaillent avec elle, de Raimondi à Ricciarelli en passant par Berganza, Domingo ou Te Kanawa, Freni, Ghiaurov et Cotrubas, Bumbry, ou Von Stade

Janine Reiss
Ruggero Raimondi
Janine Reiss

Sans elle, les plus grands chanteurs d’opéra resteraient sans voix Toutes les stars du chant travaillent avec elle, de Raimondi à Ricciarelli en passant par Berganza, Domingo ou Te Kanawa, Freni, Ghiaurov et Cotrubas, Bumbry, ou Von Stade !… Très souvent, entre deux représentations à la Scala ou à Covent Garden, ils sautent dans un avion pour venir répéter une heure ou deux avec cette dame, Janine Reiss, que le public ne connaît guère, sinon pour l’avoir vue dans « le Grand Echiquier » de Raimondi ou au générique du Don Giovanni de Losey. Alors, gourou ? Quand on la rencontre c’est ce mélange de plaisir et d’humour éclatant sur son visage qui séduit d’abord. Et qui fait qu’une rencontre avec elle n’est jamais banale. Ainsi, à son arrivée à l’Opéra de Paris, en 72, Rolf Liebermann demande à la rencontrer. Elle se rend donc à l’Opéra, et Liebermann l’accueille : « Alors, c’est vous Janine Reiss ! Depuis que je suis à Hamboug, les chanteurs me parlent de Janine Reiss par-ci, de Janine Reiss par là… Et je croyais que vous étiez une très vieille dame. Attendez un peu, Monsieur, ça ne va pas tarder », répond-elle. Les yeux de Liebermann pétillent alors, il est sensible à ce charme et lance : « Je veux que vous travailliez avec moi à l’Opéra. » Un silence. Puis Janine Reiss prend son souffle et dit : « Non. Pas comme un chef de chant, parce que, voyez-vous, depuis des années, je fais travailler des chanteurs qui chantent à l’Opéra et qui viennent me payer des leçons particulières me payer des leçons particulières alors qu’ils peuvent en avoir des gratuites ici. C’est donc qu’il y a quelque chose qui cloche dans l’enseignement qui y est dispensé. Moi, je ne veux pas et je ne pourrais pas me glisser dans ce moule. Parce que je crois que dans cette maison, on ne prend pas en compte le point de vue du chanteur, on fait du travail mécanique en enfilade, en se contentant de dire « attention, tu fais un fa dièse au lieu d’un fa bécarre » ou « attention, ton 2/4 n’est pas bien en place », mais sans donner une réplique, sans jamais chanter ce qui précède ou ce qui suit, ce qui est capital pour un chanteur. Un accompagnateur qui ne joue que des notes, qui sont censées être porteuses de mots, est incomplet. Le chanteur que vous devez mettre « in the mood » a besoin de sentir que vous exister pour lui : si vous demandez à un chanteur de se déshabiller, il faut vous déshabiller avec lui. Sinon, c’est briser la logique même de l’opéra. C’est confondre les artistes avec des fonctionnaires du chant. » Alors Liebermann, très tranquillement, lui dit : « Mais je ne veux pas que vous soyez chef de chant : je veux que vous soyez directrice des études musicales.’ Et Janine Reiss : « Oh la la, ça va être bien des ennuis ! »

N.L. (Nouvelles Littéraires) Janine Reis, comment cela a-t-il commencé ?

Janine Reiss

Janine Reiss. J’ai d’abord appris le piano, dès l’âge de cinq ans, avec quelques professeurs qui m’ont formé, avant d’aller prendre des leçons particulières avec Lazar Lévy. Puis la guerre est arrivée, il a fallu quitter Paris et se réfugier en zone non occupée. Alors, sur la recommandation de Lazar Lévy, j’ai continué à travailler le piano avec Yves Nat. Je me souviens de mon premier contact avec lui : j’étais morte de trac bien sûr, et il m’a demandé de lui jouer quelque chose. J’ai alors joué quelque chose. J’ai alors joué les Papillons de Schumann, et Yves Nat m’a dit : « C’est très bien ma petite fille ; quand vous aurez un peu pleuré, un peu souffert, vous serrez vraiment une remarquable interprète de Schumann. » J’ai donc travaillé avec Nat, puis je suis entré à la Schola Cantorum, où j’ai étudié la composition, l’harmonie, le contrepoint, la musique ancienne, en continuant en parallèle le piano et le clavecin. Et puis un jour, mon professeur de composition, qui avait un ami dont la femme faisait du chant, m’a demandé si je voulais bien aller deux ou trois fois par semaine la faire travailler à domicile. J’avais quinze ans et je n’ai pas hésité une seconde bien sûr. J’ai donc fait travailler cette dame, qui m’a envoyé une amie, qui elle-même m’a envoyé une autre amie, et j’ai commencé ainsi régulièrement à faire travailler des chanteurs, à leur apprendre des mélodies ou des rôles d’opéras. J’avais pris l’habitude depuis les cours de composition de lire beaucoup d’opéras, et de plus, quand je travaillais avec Lazare Lévy, qui était une passionné d’opéra, il était fréquent qu’après les cours, il aille chercher la partition d’un opéra – et Carmen revenait souvent car il en était fou – et s’installe au piano avec moi, lui chantant les rôles de sopranos et mois les rôles de ténors et de basses !

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