James Bond, un alcoolique mondain

Les écrivains et l'alcoolisme

James Bond et alcool

La consommation d’alcool est un problème de santé publique dans la vraie vie ; les écrivains ne sont pas épargnés si l’on en juge par la longue liste d’écrivains buveurs excessifs et alcooliques…

L’étude de Graham Johnson parue dans le British Medical Journal [1] écorne le mythe de James Bond. L’agent 007 serait mort d’alcoolisme s’il avait prolongé sa carrière avant que son auteur Ian Flemming n’interrompe cette aventure en décédant lui-même d’une crise cardiaque, consumé par l’alcool, amateur comme son héros de vodka-martini (parfois 12 dans une soirée) et le tabagisme (70 cigarettes par jour).

René Flemmin auteur de James BondLa consommation d’alcool est un problème de santé publique dans la vraie vie ; les écrivains ne sont pas épargnés si l’on en juge par la longue liste d’écrivains buveurs excessifs et alcooliques avérés, de Bukowski à Antoine Blondin, Marguerite Duras, Joseph Roth, Hemingway, Scott Fitzgerald, etc. L’alcool est responsable de 4 % des décès dans le monde (2,5 millions de décès par an), causés par des accidents ou des maladies telles que les atteintes hépatiques.

Cigarette, alcool et « petites pépés » : James Bond consomme, un véritable pied de nez à la prévention des risques. James Bond a quelques prédilections et se singularise par son goût immodéré pour la vodka-martini mélangé au shaker, pas à la cuiller : « Vodka-martini-shaken, not stirred ». A y regarder de plus près, ce n’est pas ainsi que se consomme le vodka-martini, il ne doit pas être secoué mais mélangé avec une cuiller. Les auteurs de cette étude se sont interrogés à ce sujet, mais pourquoi ce héros si élégant fait cette faute de goût ?

Les 14 ouvrages de James Bond ont été soumis à une analyse minutieuse par trois médecins afin de relever ses habitudes de consommation d’alcool. Ils ont tenu compte des périodes de gueule de bois, peu fréquentes, nous sommes plutôt ici dans un « alcoolisme mondain », mais aussi des périodes de moindre consommation à l’occasion d’incarcération, d’hospitalisation. James Bond consomme environ 4 fois plus d’alcool que les préconisations édictées par le NHS anglais. Sa consommation hebdomadaire est de 65 à 92 unités d’alcool, la recommandation du NHS pour un adulte de sexe masculin de doit pas excédé 21 unités par semaine et pas plus de 4 unités quotidienne. Dans le film Bons baisers de Russie James Bond consomme dans une seule journée 49,8 unités, un record ! [2]

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A ce rythme, ce qui guette James Bond, ce n’est pas d’être éliminé par un espion russe, mais bien l’alcoolisme qui le menace réellement. Un des stigmates des plus banals de l’alcoolisme est le tremblement des extrémités qui, pour Graham et al., pourrait tout simplement empêcher OSS 117 de mélanger sa vodka-martini avec une cuiller, lui préférant le shaker. Pas terrible pour quelqu’un qui doit manier avec précision un pistolet, même s’il s’agit d’un Walther P38.

Mais ce niveau de consommation le menace de troubles bien plus graves : tumeurs malignes, dépression, hypertension, cirrhose, impuissance, qui pour ce fameux séducteur est le pire des risques.

L’alcool entraîne une sous-estimation du risque et une accidentabilité accrue. Dans Casino Royale, alors qu’il vient de boire 39 unités d’alcool, James Bond s’engage dans une course poursuite en voiture à grande vitesse. Il perd le contrôle du véhicule et termine sur un lit d’hôpital où il passera 14 jours.

Pour les auteurs de cette étude, si James Bond n’était pas tué en service précocement, de toute manière il ne ferait pas des vieux os et connaîtrait un décès prématuré en relation avec l’alcool, maladie alcoolique, ou accident lié à son imprégnation alcoolique. Un examen médical l’aurait certainement rendu inapte à ce job, ces performances professionnelles et de séducteurs n’auraient pas fait long feu.

Le stress est certainement un facteur favorisant les addictions et les auteurs de cette étude concluent : « Nous reconnaissons que la fréquentation de terroristes internationaux (…) peut conduire à la boisson, mais nous conseillerions à M. Bond de consulter un spécialiste (…) et de réduire sa consommation à des niveaux moins dangereux. »


Rédacteur Docteur Arcier, président fondateur de Médecine des arts®
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