Danseuses et régime alimentaire

Apport calorique du danseur

Morphologie et niveau d’apport énergétique quotidien

Jours de danse

Concernant l’AETQ moyen des jours de danse, les résultats sont similaires à d’autres études (Cohen et coll), 1673 + ou – 450 kcal/j et inférieur aux apports nutritionnels conseillés (ANC). « Les AETQ inférieurs aux standard sont à rapprocher des dépenses énergétiques quotidiennes modestes des danseuses estimées à 2000 - 2200 kcal/ (5, 8 , 23). « L’équilibre de la balance alimentaire est réalisé par des apports caloriques complémentaires venant compenser exactement la dépense énergétique. Pour la plupart des danseuses donc il n’y a pas de perte de poids. Les apports couvrent globalement les dépenses énergétiques. » [1]
 

Jours de repos

De manière générale les apports énergétiques sont supérieurs à ceux des jours de danse. Il est possible que les contraintes liées à l’activité, contrainte temporelle, de lieu, physique et psychologique modifient l’apport énergétique. Les périodes plus calmes et maîtrisées correspondant à une prise alimentaire supérieure.

On peut noter qu’il existe une grande variabilité de comportements alimentaires selon les danseuses. Les valeurs les plus basses d’AETQ seraient le témoin de conduite de régime restrictif chez des danseuses se considérant en surpoids. « Les valeurs hautes sont celles des danseuses ayant un pourcentage de tissu adipeux inférieur ou égal à 19%, leur AETQ/kg BW est alors inférieur aux ANC. » [1]

« Ainsi les danseuses ayant un poids corporel moyen inférieur aux standard français et un pourcentage de TA inférieur à 19%, ont un AETQ/kg BW égal ou supérieur aux ANC pour une activité physique moyenne. Peut-être ces danseuses ont-elles une morphologie fine comme le signale Freedson [6], leur permettant sans régime restrictif de maintenir leur canon longiligne ? ».

Aménorrhée et minceur

Etre mince n’implique pas nécessairement que l’on soit en dessous de son poids de forme. Mais avoir une aménorrhée en étant mince peut signifier que le poids corporel est insuffisant. Quelle qu’en soit l’origine, l’aménorrhée est le signe d’un déséquilibre physiologique général (carence nutritionnelle et hypooestrogénie). Pour les danseuses, il existerait un poids de forme en dessous duquel les règles disparaissent. En pratique, le critère morphologique global de la silhouette pourrait alors être considéré comme une aptitude à prendre en compte dans la prévention des pathologies de l’appareil locomoteur. En effet, les aménorrhées seraient source de déminéralisation osseuse par hypooestrogénie, pouvant être à l’origine de fractures de fatigue.

Le niveau des apports énergétiques quotidiens considéré globalement paraît correspondre à une ration plutôt hypo-calorique.
« Par contre l’étude des apports énergétiques par unité de poids corporel met en évidence un niveau d’apport énergétique suffisant. Ceci est un argument expliquant l’intérêt d’utiliser les apports énergétiques par unité de poids corporel plutôt que les apports globaux pour étudier les besoins alimentaires de chaque danseuse. En effet, la morphologie des danseuses est différente à la fois de la population générale et de celle des autres athlètes, elle est globalement plus fine. » [1]

Les critères de sélection privilégiant des profils esthétiques particuliers, les aspects morphologiques prennent dans ces professions une résonance particulière, « les élèves danseuses « charpentées et musclées » se voient souvent dans l’obligation de s’engager dans des régimes restrictifs récurrents pour correspondre à ces critères, alors que d’autres profils constitutionnellement différents avec des activités similaires ne sont pas exposées à ces contraintes alimentaires. Leur morphologie longiligne correspondant parfaitement au standard requis par les chorégraphes.
Ces contraintes alimentaires les exposent à des accidents musculo-squelettiques, à des phénomènes de fatigue ainsi qu’une charge psychologique plus forte pour maintenir le poids au niveau désiré.

L’information des institutionnels de la danse, des chorégraphes, des danseuses dans ce domaine permettrait de faire d’une part évoluer les standards requis dans ces professions et d’autre part de développer une plus grande acceptabilité des danseuses de leur morphologie. Une réflexion précoce lors des apprentissages permettrait éventuellement pour ce profil de danseuses une évolution vers d’autres types de danse comportant moins d’exigence sur ce point. Une pratique qui procurerait alors vraisemblablement une meilleure satisfaction et image de soi pour celles qui s’engageraient dans ce sens.

Rédacteur Docteur A.Arcier président fondateur de Médecine des arts®
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Bibliographie

[1] Golomer Eveline, D’Antoni Mireille, Peres G. Minceur et apports énergétiques des danseuses classiques, Cinésiologie, 1990, XXIX, 285-290
[2] Cohen J.L., Potosnak L., Frank O., Baker H. A nutritional and hematologic assesment of elite ballets dancers. Phys. Sports Med., 1985, 13, 43-54
[3] Katch F. I., Mc Ardle W. D. Nutrition, masse corporelle et activité physique. Trad Nadeau, Ed. Vigot, Paris 1985, 71-87.
[4] Dolgener F.A., Spasoff T.C., St John W.E. Body build and body composition of high ability femal dancers. Res. Quart. Exerc. Sport, 1980, 51, 599-607.
[5] Dahlstrom M., Esbjornsson M., Jansson E., KaIJser L. Muscle fiber caracteristics in female dancers during . Sports Med., 1987, 8, 84-87.
[6] Freedson P. Body composition characteristics of female ballet dancers. In : Science of dance training. Ed. Human Kinetics Books Champaign, 1988, 109-124.


 

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