Aponévrosite plantaire moyenne d’insertion chez les danseurs, circassiens, musiciens (fanfares)

Comme se manifeste l'aponévrosite plantaire et ses facteurs favorisants

Comment se manifeste l’aponévrosite plantaire ?

L’aponévrosite plantaire se traduit par des douleurs siégeant à la plante du pied, prédominant le plus souvent en regard de la tubérosité postérieure et interne, irradiant le long du bord interne de l’aponévrose. C’est le symptôme majeur de ce trouble, la douleur peut être intense, La douleur se présente comme une douleur de type mécanique avec un dérouillage matinal, douleur au démarrage de l’action, lors de la mise en charge au lever ou après une position assise prolongée. Il s’agit d’une douleur talonnière, ressentie lors de l’attaque du talon au sol, qui n’est pas soulagée par la marche sur la pointe du pied. La douleur tend à s’estomper après quelques minutes mais qui peut réapparaître suite aux pressions répétées sous le calcanéum. Dans 30 à 35 % des cas , la douleur est bilatérale.
A l’examen clinique, à la palpation on reproduit le trajet douloureux et souvent une douleur exquise à l’insertion de l’aponévrose sur le tubercule postéro-interne du calcanéum.
Elle augmente quand le poids du corps est porté en avant, lorsque les orteils et l’avant-pied se trouvent en dorsiflexion forcée. La mise en tension de l’aponévrose par la dorsiflexion des orteils est souvent douloureuse, ainsi que la flexion dorsale forcée des articulations métatarso-phalangiennes. La palpation bidigitale des faces latérales du calcanéum n’est pas douloureuse comme elle le serait en cas de fracture de fatigue du calcanéum.
La recherche de facteurs favorisant devra être méticuleuse : instabilité sous-talienne (sous-astragalienne), instabilité médiotarsienne, pronation tardive, raideur de la chaîne postérieure.
Avec l’aggravation de la fasciite plantaire, les symptômes et la douleur peuvent s’intensifier, devenir aigus, constants et parfois même chroniques.

Quels sont les facteurs favorisants de l’aponévrosite plantaire moyenne d’insertion ?

Les facteurs anatomiques

  •   Ce sont les troubles statistiques du pied (pieds plats, pieds creux)
  •   Tendon d’Achille court
  •   Hyperpronation du pied à la marche
  •   Déséquilibre mécanique du pied
  •   Rigidité de l’arche plantaire

Les facteurs liés à une pathologie

  •   Diabète,
  •   Maladie inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïde
  •   Prise de poids (ceci est également vrai lors de l’état gravidique)

Les facteurs de surmenage

  •   Répétitions inadaptées, répertoire et techniques particulières
  •   Chaussures impropres avec un mauvais soutien de la voûte plantaire. Semelles et talons trop durs, mais aussi des contreforts trop mous qui stabilisent insuffisamment les talons.
  •   Sols inadaptés à la pratique
  •   Hypersollicitation, notamment lors de sauts d’impulsion, démarrage rapide et réception sur sols durs ou instables.

Le travail tout à fait particulier des muscles fléchisseurs plantaires du pied, particulièrement de l’adducteur du gros orteil, retentit sur les fibres horizontales des aponévroses et entraîne une inflammation à ce niveau.
La pronation du pied avec une éversion calcanéenne, notamment lors des sauts en danse, favorise cette lésion. Il existe une hypersollicitatation de cette zone lors des pliés, dans les sauts (appels et réceptions). L’hyperflexion plantaire, associée à une dorsiflexion métatarsophalangienne dans les relevés, associée à la force cinétique (pirouettes, tours fouettés…) favorise cette affection.
Les chaussons ne soutiennent pas la voûte plantaire et jouent un rôle mineur d’amortissement, les multiples impacts sont d’autant plus agressifs sur le plan biomécanique, plus encore sur un sol dur.
Il est à noter que les infiltrations répétées sont un facteur de risque accru des ruptures aponévrotiques.

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