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Feldenkrais (méthode) pour le musicien, chanteur, danseur, circassien etc…

Qu’est ce que c’est ?
La méthode Feldenkrais® est une méthode d’éducation somatique (l’Être qui se sent et qui se sait vivre) utilisant le mouvement et l’attention que l’on porte à ses gestes pour prendre conscience de ses sensations, des représentations de soi.
Elle s’adresse à l’être vivant incarné, mobilisé à la fois par ses pensées, ses sentiments, ses perceptions et ses actions. Cette méthode se décline en des milliers de leçons individuelles (Intégration fonctionnelle®) ou collectives (Prise de Conscience de Soi par le Mouvement®). Chaque leçon, au travers de l’investigation détaillée de schémas d’actions guidés et accompagnés par la parole ou le toucher de l’enseignant, crée les conditions pour que les élèves vivent une expérience originale d’eux-mêmes en mouvement qui amène leur système nerveux à intégrer ces expériences afin d’en bénéficier dans leur quotidien. Par son approche globale de l’Être en mouvement, elle permet une stimulation de notre développement général.
Quelle est son origine ?
Elle doit son nom à son inventeur, Moshé Feldenkrais (1904-1984), docteur en physique, passionné d’athlétisme et d’arts martiaux. Il rassembla avec cette méthode d’apprentissage, le fruit de ses recherches pour un développement de l’être humain où le corps n’est pas séparé de l’esprit, de la conscience de soi et de l’histoire vécue et cumulée de la personne. Ses découvertes viennent corroborer les théories les plus récentes développées par la neurobiologie, la neurophysiologie ou encore la philosophie contemporaine, sur la plasticité du système nerveux et son rôle dans les réseaux cognitifs d’adaptation et d’apprentissage.
Moshé Feldenkrais est né en Ukraine. Après s’être rendu en Palestine, il vint en France étudier les sciences physiques puis travailla avec Frédéric Joliot-Curie. Il fonda avec Jigoro Kano le 1er Jujitsu club de France. C’est suite à un accident du genou qu’il développa sa méthode qu’il enseigna par la suite en Israël, en Europe et aux États-unis.
Quels en sont les grands principes ?
En agissant sur la qualité de nos perceptions et sur la qualité de nos mouvements nous influençons le fonctionnement de notre système nerveux et les connexions qui s’y trament.
Une part importante de notre système nerveux est occupée à nous orienter et nous mobiliser dans l’environnement. Ces facultés orientent continuellement nos perceptions, nos représentations de nous même et les interactions que nous avons avec l’environnement.
Avec cette méthode, nous agissons sur la plasticité cérébrale et délions le système nerveux de ses configurations compulsives. Nous affinons l’interface entre nos représentations et nos intentions ainsi que la réalisation de nos gestes. Le mouvement devient plus ergonomique et adapté à nos choix tout en tenant compte des contraintes environnementales.
Qu’est-ce que l’on ressent lors de la pratique ?
Pour l’élève cela peut se traduire par une raréfaction des tensions, une sensation d’aisance, de fluidité du geste et d’acuité dans son déroulement, l’émergence d’autres plans d’actions et de réactions face à une situation, une dynamisation de son énergie créatrice.
Cependant, la méthode Feldenkrais n’est pas une méthode de "bien-être". Elle nous fait vivre par la pratique cette idée qu’il est toujours possible d’apprendre et de se réinventer de nouvelles formes de mise en action et ce, quelles que soient les difficultés rencontrées, Toute la palette des sensations et des émotions est donc accessible et parce qu’il s’agit d’une approche somatique, l’influence des réorganisations peuvent émerger tant au niveau psychologique, psychique, émotionnel que corporel. En toute circonstance et parce qu’il s’agit d’enseignement et d’apprentissage, l’enseignant installe un cadre expérientiel susceptible d’être confortable et rassurant pour l’élève afin que celui-ci puisse intégrer les apprentissages pour les utiliser spontanément a posteriori.
Quels sont les intérêts (les bénéfices), les effets que l’on peut en attendre en général ?
Une conscience de soi affinée et une connaissance éprouvée de son fonctionnement.
L’élève devient attentif à ses propres manières d’agir. Il apprend à prendre conscience de l’incidence de ses gestes sur ses sensations, ses pensées et ses émotions. Il peut ainsi tirer les conséquences de ses agissements pour s’inventer de nouveaux modes d’organisation plus efficaces, moins douloureux, plus harmonieux ou plus proches de ses intentions. Sachant mieux comment il agit il peut arrêter de faire ce qu’il fait habituellement sans même s’en rendre compte et par là même influencer ses actions volontaires.
Quels sont les bénéfices pour les artistes, musicien, danseur, chanteur, circassien… ?
Mieux se connaître et mieux s’utiliser évite les accidents ; les nombreuses heures passées en "corps à corps" avec son instrument de travail ont plus de chances d’être harmonieuses si notre corps est, lui aussi, un instrument bien accordé.
De plus la pratique de cette méthode permet de développer une adéquation entre l’intention et l’action et d’affiner la coordination de nos gestes. Elle est l’occasion de faire l’expérience d’une large et riche palette de sensations et d’expressions de soi et ainsi de nourrir la créativité et l’expressivité pour une meilleure interprétation.
Y a-t-il des exercices particuliers à conseiller ?
Une leçon est toujours une composition vivante. Chaque cours est déterminé en fonction des observations de l’enseignant ainsi que des besoins et des demandes de l’élève. Les invitations aux perceptions et aux mouvements que propose cette méthode sont adaptées en temps réel aux réactions de chacun. Les mouvements ne sont pas des exercices mais plutôt des mises en expériences utilisant divers patrons de mouvements et l’apprentissage sensori-moteur. C’est la qualité de l’attention et de la réalisation de cette expérience qui est recherchée pour influencer le fonctionnement de notre système nerveux. L’apprentissage découle de la prise de conscience et non d’acquisitions obtenues par l’effet d’habituation ou de conditionnement.
A quel âge peut-on la commencer ? Et jusqu’à quel âge ?
En cours individuel d’intégration fonctionnelle, l’enseignant inter agit avec les plus jeunes comme les plus anciens d’entre nous. Le toucher attentif et sans cesse influencé par les réactions de l’élève permettent une communication non verbale accessible à tous quelque soit l’âge. Les séances d’Intégration Fonctionnelle sont donc tout indiquées pour les plus jeunes élèves.
Dans les cours collectifs où l’enseignant guide le groupe par des consignes verbales, la compréhension et la maîtrise du langage ainsi que la capacité à consacrer de l’attention à son ressenti sur des cours de quelques minutes jusqu’à plus d’une heure vont être des éléments déterminant.
Quel est le rythme à adopter pour la pratique ?
Le rythme est très variable selon les individus. Pour un débutant, s’engager progressivement et avec attention dans ce processus d’apprentissage lui permettra d’évaluer et de reconnaître les effets de ceux-ci sur sa pratique artistique. Une première leçon est parfois susceptible d’amener des changements impressionnants voire déroutants pour une personne très conditionnée à la perception de repères sensoriels et kinesthésiques spécifiques. Dans ce cas, un délai de quelques 3 ou 4 semaines de l’exposition scénique autorise une assimilation des nouvelles données que l’artiste pourra revisiter et intégrer à son jeu puis maîtriser. Par la suite et en fonction des besoins du sujet, les cours peuvent prendre un rythme hebdomadaire ou espacé de plusieurs semaines voire plusieurs mois. L’enseignant pourra entre temps conseiller l’élève sur des aspects de ses mouvements, les repères et les moyens d’y prêter attention qui lui permettront seul de "s’accorder" à diverses situations.
Y a t-il des précautions à prendre ? Générales, Selon l’âge, Selon la pratique y a-t-il des contre-indications, des réserves ?
Pour l’adulte il s’agit d’une démarche volontaire où ses perceptions et la conscience de soi sont continuellement interrogées. Pas à pas, l’élève est invité à reconnaître ses sensations et à respecter ses seuils de confort. Cette méthode ne considère pas la douleur comme un mode intégratif mature et durable pour de nouveaux apprentissages.
Chez les plus vulnérables d’entre nous comme pour les autres, l’enseignant entretient une relation d’attention continuelle dans un contexte de confort, de sécurité et d’intérêt pour l’élève qui sont des éléments indispensables à l’intégration des nouveaux apprentissages. Il n’y a donc pas de contre indication majeure et le champ d’action de la méthode est très étendu. Néanmoins certains déficits marquent ses limites, comme par exemple les troubles sensitifs superficiels et profonds généralisés qui rendent alors difficile la communication à travers le toucher.
Rédacteur Roquigny Jean-François, Kinésithérapeute, formateur Feldenkrais®
Photographie du logo et dans le texte de Roquigny (copyright)
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