Revue Médecine des arts N°81

Revue Médecine des arts N°81Santé des artistes, musiciens, chanteurs, danseurs, plasticiens

Numéro 81 sur la santé du chanteur, du musicien et du danseur
Approche médicale et scientifique des pratiques artistiques

Port Gratuit

Le prix de 14 euros correspond à l'ensemble des articles du numéro

Dans ce numéro de Médecine des arts, deux articles traitent de la méthode Feldenkrais appliquée aux artistes. Une auto-analyse montre l'influence de cette méthode sur la pratique d'un pianiste. Par ailleurs, quels pourraient être les apports de cette méthode dans la pédagogie du rythme pour les danseurs et les musiciens ? L'analyse des problèmes de rythme rencontrés par des danseurs et musiciens professionnels et étudiants, ainsi que la tenue d'ateliers sur ce thème ont permis de mettre en avant les points forts de cette méthode, qui pourraient être intégrés à la pédagogie de la danse et de la musique.

Le violon est traditionnellement et presque exclusivement pratiqué à gauche. Cependant il existe quelques exceptions de violonistes pratiquant à droite ; les étudier permet de comprendre les raisons et les conséquences de ce changement de côté.

Quelles sont les lésions des cordes vocales des chanteurs, rencontrées dans une consultation phoniatrique ? Une étude rétrospective portant sur deux ans permet de mettre en évidence des lésions pour la moitié d'entre eux. Un examen de référence en dehors de tout épisode aigu est à préconiser.

Le jeu de la harpe classique à double mouvement comprend le fait d'actionner 7 pédales ayant chacune 3 crans. Après une réflexion sur l'ergonomie de l'instrument et à la recherche d'un jeu plus confortable, l'auteur, harpiste, a conçu des extensions de pédales ; ces interfaces permettent au harpiste d'avoir un jeu plus physiologique.

Edito Médecine des arts N°81

Non-performance Médicale

La pratique du violon à droite

pages 4-16

La pratique à gauche du violon, prédominante, semble être la règle absolue pour cet instrument. Pourtant une pratique à droite est possible et quelques musiciens sont là pour le confirmer. Le point de départ de cette étude est le cas d’une fillette de 8 ans entrant en classe de violon avec un handicap à la main gauche (hypoplasie du pouce ayant été opérée à l’âge de 2 ans). Les limitations fonctionnelles de cette main conduisent son professeur à envisager une inversion du jeu (main gauche tenant l’archet). Les contraintes pédagogiques et psychologiques sont importantes et l’adaptation de l’instrument nécessite l’intervention du luthier. Ce changement est bénéfique pour la progression de l’élève à l’instrument.

L’auteur recense ensuite les violonistes professionnels jouant à droite dont la carrière musicale est ou a été de premier plan. Le poids des usages, l’a priori esthétique du jeu d’ensemble, les habitudes académiques, les réticences du milieu musical sont tels que l’apprentissage du violon à droite, aujourd’hui encore, n’est entrepris, sauf exceptions, que pour remédier à un dysfonctionnement congénital ou suite à un accident. La question du choix du côté de jeu peut aujourd’hui se poser. Plusieurs violonistes actuels jouant à droite, contactés par l’auteur, développent leur point de vue et leur expérience à ce sujet.
Pascale Bazelot

Mots clés : musicien ; violoniste ; violon ; jeu à droite ; gaucher ; pédagogie ; latéralité.


Lésions des cordes vocales chez les chanteurs

pages 16-25

L’objectif de cette étude est d’étudier une population de chanteurs en consultation phoniatrique. Il s’agit d’une étude rétrospective qui a regroupé 96 chanteurs ayant consulté le Docteur Amy de la Bretèque à l’hôpital de la Timone à Marseille sur une période de 24 mois.

Dans cette population de chanteurs, 48 présentaient des lésions des cordes vocales : nodule (19,8 %), lésions congénitales (kyste, sulcus, vergetures) (19,8 %), œdème en fuseau (3,1 %), polype (2,1 %), œdème de Reinke (2,1 %). Ces lésions étaient plus fréquentes chez les femmes et les chanteurs de variétés, et elles ont nécessité une intervention chirurgicale chez 25 % des chanteurs ayant des lésions.

Les lésions des cordes vocales chez les chanteurs ne sont pas rares ; il est utile de disposer d’un examen de référence en dehors d’un épisode aigu et d’insister sur la prévention, passant par une bonne hygiène vocale et une technique vocale sûre.
Solange Milhé de Saint Victor

Mots clés : chanteur ; cordes vocales ; dysodie ; voix chantée ; lésion ; phoniatrie.


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14€

La présence en mouvement. Influence de la méthode Feldenkrais sur la pratique pianistique

pages 25-38

Avec l’objectif d’identifier les répercussions de la méthode Feldenkrais sur le jeu pianistique, cette étude qualitative a consisté en une démarche auto-analytique dans laquelle l’auteur, pianiste, décrit, documente et analyse les phénomènes d’influence de cette méthode observés dans sa pratique du piano.

Le matériau d’analyse comprend 13 séances d’auto-explicitation échelonnées sur cinq mois ; ces données ont permis de faire émerger différents concepts illustrant chacun l’influence de cette méthode psychocorporelle sur la pratique musicale.

L’analyse de ces données a permis d’identifier les apports de la pratique de la méthode Feldenkrais pour ce pianiste, et à partir de cela il est possible d’extrapoler quels bénéfices pourraient retirer les musiciens d’une pratique régulière de la méthode, en fonction des attentes de chacun.
Jean-François Grondin

Mots clés : musicien ; pianiste ; méthode psychocorporelle ; méthode Feldenkrais ; auto-analyse ; étude qualitative.


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14€

Une démarche ergonomique née de la pratique musicale : extensions de pédales pour harpe classique

pages 38-48

Dans le jeu de la harpe classique à double mouvement, les sept pédales (une par note) ont chacune trois crans. En actionnant une pédale, toutes les cordes jouant la même note vont passer du bémol au bécarre ou du bécarre au dièse, et vice versa. Par exemple, quand la pédale de ré est positionnée en haut, tous les ré sont bémols ; quand la pédale est au milieu, tous les ré sont naturels (ou bécarre) ; et en bas, tous les ré sont dièses.

Après une réflexion sur l’ergonomie de l’instrument et à la recherche d’un jeu plus confortable, l’auteur, harpiste, a conçu des extensions de pédales, qui après plusieurs prototypes, ont pu être fabriquées par une manufacture française de harpes. L’utilisation de ces extensions réduit les déplacements des pieds et assure une plus grande stabilité du bassin ; le changement de cran est facilité, plus particulièrement pour les pédales les plus externes. Le harpiste peut ainsi adopter une posture plus stable et un jeu plus physiologique à l’instrument.
Chantal Mathieu-Balavoine

Mots clés : harpe classique ; harpiste ; pédales ; ergonomie.


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14€

Pédagogie du rythme et méthode Feldenkrais

pages 48-57

Musiciens et danseurs rencontrent-ils des difficultés liées au rythme ? Si oui, quelles sont-elles, quelles en sont les conséquences et les professeurs de conservatoire rencontrent-ils les mêmes problèmes chez leurs élèves ? C’est pour répondre à ces questions que l’auteur a enquêté auprès de musiciens et danseurs professionnels, semi-professionnels et élèves au moyen d’un questionnaire et d’entretiens.

Chez les élèves, aucune plainte n’est directement liée au rythme mais tous souffrent de tensions musculaires qui s’accentuent lors de passages rapides.

Les professeurs expriment clairement que les élèves en musique et en danse manquent souvent de précision rythmique (battue, durée d’une note, maintien du tempo, etc.). Sur un autre plan, tous les professeurs se plaignent de la difficulté à enseigner la « musicalité » aux élèves, se demandant si une meilleure « in-corporation » d’une bonne précision rythmique pouvait permettre une expression musicale plus libre. C’est pour cette raison-là qu’ils sont, pour la plupart, opposés à l’usage du métronome et tous souhaitent que les programmes des conservatoires accordent davantage de temps et d’espace à l’étude du rythme.

Dans le prolongement de l’enquête, l’auteur, praticienne Feldenkrais et kinésithérapeute, a réalisé des ateliers de rythme par une approche corporelle, dont majoritairement la méthode Feldenkrais, avec des élèves du conservatoire de musique. Elle a observé des lacunes en précision rythmique, plus encore lors d’exercices corporels (percussions corporelles par exemple) que pendant le jeu instrumental, où des compensations type tensions musculaires prennent volontiers le relais, tensions dont les conséquences à plus ou moins long terme peuvent avoir un impact sur la posture. Autre problème physique rencontré : une altération de la respiration. En somme, problème de fluidité dans le jeu et dans le corps.

Curieusement, les professeurs de danse ont relevé les mêmes problèmes de précision rythmique, de tensions musculaires et de respiration générés par un manque d’assurance rythmique et par la vélocité.

Les points forts à développer seraient : travail sur le sens kinesthésique, sur la coordination ; ouverture vers de nouveaux schémas moteurs ; prise de conscience du mouvement effectué ; affiner l’appréciation de l’espace, du temps et de la chronologie des éléments du mouvement, etc. En ce sens, la méthode Feldenkrais semble particulièrement adaptée.
Tania Kraus

Mots clés : musicien ; professionnel ; élève de conservatoire ; rythme ; coordination ; schéma corporel ; pédagogie ; méthode Feldenkrais.


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Portrait de l'artiste en travailleur N°81

pages 58-59

Chronique MDA, l'épuisement professionnel du musicien

page 60

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