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Classe A des instruments à vent, les cuivres


Classe A des instruments à vent, les cuivres

Les instruments de la classe A

Ce sont les "brass instruments" des auteurs anglo-saxons, les "cuivres" des auteurs français.

L’embouchure instrumentale

La pièce buccale a la forme d’un petit entonnoir à bords épais et arrondis et dont le diamètre va de celui d’une pièce de 1 franc (trompette) à celui d’une pièce de 5 francs (tuba).

L’embouchure est généralement faite en métal, quelquefois en bakélite ou en ambre. Pour l’embouchure métallique, elle est tournée dans un bloc de laiton, elle peut subir ensuite plusieurs traitements tels que la dorure, l’argenture ou le vernissage. Parfois on peut les trouver en bois, ou plus rarement en plastique. Les embouchures en plastique sont rarement préconisées sauf dans le cas d’intolérance des lèvres à l’alliage métallique.

L’embouchure se caractérise par :

  • La largeur (2), la forme (3), le diamètre du bord (1) et le bord inférieur (4) déterminent la surface d’appui de l’embouchure sur les lèvres.
  • La profondeur, la forme et le diamètre de la cuvette (5) déterminent le timbre de l’instrument et la possibilité d’émettre les notes graves ou aiguës.
  • Le grain ou diamètre de l’étranglement (6) détermine la facilité du passage de l’air.
  • Le cône de queue ou évasement interne (7) et la longueur de queue (8) sont en relation avec l’emboîtement de l’embouchure dans l’instrument.

La forme de la perce (forme interne de la cuvette) peut être conique ou bien cylindrique. Le cornet utilise la perce cylindrique, de même que le cor, tandis que celle de la trompette est plutôt cylindro-conique. Pour les autres cuivres, elle est cylindrique. La forme plutôt conique donnera un son plus rond, alors que la forme cylindrique un son brillant plus cuivré.

Le confort de jeu musical est assuré par la largeur et la forme du bord de l’embouchure.

Les forces de pressions réparties sur une petite surface augmentent les contraintes.

Plus le bord est large et le diamètre important, plus la surface d’appui est grande.
Les notes graves sont facilitées par une cuvette profonde alors que les sons aigus brillants et éclatants sont possibles grâce à une petite profondeur de cuvette.

L’arrondi du bord participe également au confort du musicien et à la pureté du timbre.

Plus la pièce buccale a un grand diamètre, plus le jeu est facilité.

La profondeur et la largeur de la cupule varient suivant la taille de l’instrument, et par ordre croissant :

    • cornet français,
    • trompette
    • clairon,
    • bugle,
    • cornet alto,
    • cor de chasse et cor à pistons ou chromatique,
    • l’ophicléïde (anciennement le "serpent" dont on retrouve quelques exemplaires dans certains jubés de Bretagne)
    • trombone à coulisse et à pistons,
    • hélicon,
    • tuba,
    • basse,
    • baryton,
    • bombardon ou contrebasse.

L’embouchure repose sur les lèvres soutenues par la denture. Selon l’instrument, l’embouchure est répartie différemment sur les deux lèvres. Pour certains instruments comme le cornet et la trompette, l’embouchure ne recouvre qu’une partie des lèvres supérieures et inférieures et repose sur la parties coronaires des dents antérieures. Pour des instruments comme le tuba, les embouchures pouvant aller jusqu’à 5 cm de diamètre, les forces d’appui de la pièce buccale se trouvent au niveau radiculaire des dents. Pour le bombardon, avec ses 50 mm de diamètre et son bord de 7 mm, l’embouchure s’étend depuis le sillon sus-mentonnier jusque sous le nez.

Farkas a préconisé :
- Pour le corniste (cor d’harmonie) un emplacement de l’embouchure reposant sur deux tiers de lèvre supérieure et un tiers inférieure.
- Pour la trompette, un emplacement de l’embouchure reposant sur deux tiers de la lèvre inférieure et un tiers de la lèvre supérieure.
- Pour le trombone, de nombreux musiciens préfèrent la position deux tiers de lèvre supérieure, un tiers lèvre inférieure, mais on trouve une certaine variabilité jusqu’à l’emplacement inverse.
- Pour le tuba, on retrouve la même variabilité que pour le trombone. cela vient peut-être de la dimension plus importante des embouchures qui soutiennent une plus grande variabilité d’emplacement que pour des embouchures de taille réduite.

Un grain étroit donne des facilités dans l’aigu au détriment de la sonorité ; le grain large facilite le grave et un son meilleur sur tout le registre. Les embouchures varient donc selon le type d’instrument, mais elles peuvent également varier pour le même instrument selon l’instrumentiste, et selon le fabricant. La mesure par exemple de 53 embouchures de tuba donnent des dimensions très variables :

marquelargeur de la coupole/mmprofondeur/mmlargeur bord./mm
Olds 9730,128,27,6
Yamaha 6531,435,78,4
Conn 232,437,18,1
Bach 1233,134,47,6
Couesnon34,131,57,2
Bach special35,637,28,4

Les lèvres subissent, entre la pièce buccale et les dents antérieures, un écrasement d’autant plus important que, d’une part, le calibre de la cupule est petit (dans cet ordre d’idée, la trompette est donc plus agressive que le trombone) et que, d’autre part, pour un même instrument, la tonalité des sons émis est élevée.

L’instrument est tenu classiquement horizontalement dans le cas de la trompette, plus incliné dans le cas du cor et du trombone.

La "pose" correcte de l’embouchure indispensable à l’émission directe des sons à produire suppose une synergie musculaire complexe, comportant plusieurs points :

  • les lèvres doivent pour se durcir, se contracter et diriger correctement la colonne d’air dans la cupule, sans fuite latérale, fuite qui diminuerait l’amplitude sonore et nuirait à sa qualité. Plus les notes à produire sont aigües, plus cette contraction est intense ;
  • la langue en un mouvement de translation identique à celui qu’on imprime pour en chasser un cheveu, propulse la colonne d’air dans la cupule.
  • la mandibule est maintenue vers l’avant de telle sorte que les incisives inférieures soient dans le même plan vertical que les supérieures. De plus, elle est bloquée en inocclusion plus ou moins prononcée suivant la tonalité (l’ouverture buccale est d’autant plus grande que le son se fait plus grave).

Dans l’ensemble, la musculature que l’embouchure des instruments de la classe A met ainsi en jeu comporte :

  • 1. Un nombre important des muscles de la mimique :
    • orbiculaire des lèvres,
    • canin,
    • triangulaire,
    • carré de la lèvre supérieure,
    • carré de la lèvre inférieure,
    • zygomatique,
    • risorius,
    • transverse du menton,
    • buccinateur.
  • 2. Les masseters,
  • 3. La musculature supra et infra-hyoïdienne,
  • 4. La musculature linguale,
  • 5. Les ptérygoïdiens externes.

Réalisation : Octavo