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10 conseils pour des élèves de musique en difficulté

Neuhaus, pianiste et grand pédagogue a laissé des écrits précieux et à émis des conseils très utiles sur le plan de la technique pianistique. Certains de ces conseils s’adresse aux élèves en difficultés
« La première condition pour obtenir une belle sonorité est la complète liberté du bras et de la main, de l’épaule jusqu’au bout des doigts. » Il est à noter que cette liberté est d’autant mieux obtenus que le bras et l’avant-bras, les mains sont bien soutenus par la musculature de la ceinture scapulaire. Le rôle de soutien des muscles à ce niveau est primordial pour une bonne gestion motrice de tous le membre supérieur et surtout de la main et des doigts. Ce soutien dynamique diminue les contraintes et le risque de surmenage des muscles de l’avant-bras notamment."
« Une erreur très répandue même parmi les élèves avancés est le rapprochement dynamique de la mélodie et de l’accompagnement. Ce « manque d’aération » entre deux plans ou plus choque l’oreille autant qu’il choquerait l’œil dans un tableau. Là aussi, l’exagération de la distance dynamique entre la mélodie et l’accompagnement peut aider l’ »lève à corriger ses fautes ».
« Une annotation crescendo demande un jeu piano, pour le diminuendo il faut jouer forte. Comprendre et savoir reproduire le développement graduel de la perspective des nuances dynamiques est la condition essentielle pour créer une image sonore correcte ».
« En rentrant chez lui après un concert, le grand pianiste Tausig aimait reprendre tout son programme très doucement et lentement. Exemple digne d’être suivi ! …Merveilleux régime non seulement pour les doigts, mais pour l’oreille, correction immédiate des inexactitudes et des accidents qui se produisent dans le feu d’une exécution d’un concert ! »
« Le piano par rapport à d’autres instruments possède une moindre durée sonore. Il faut donc enrichir et assouplir la ligne mélodique, voire l’exagérer pour rendre aussi exactement que possible les intonations de la musique exécutée ».
« Un pianiste averti sait que pour obtenir une tonalité tendre, chaude et émouvante, il faut appuyer profondément et très intensivement sur la touche… Par contre pour uns on coulant, il est indispensable d’utiliser toute la puissance de l’élan des doigts et des bras en conservant la souplesse du legato. »
« Le problème du son dans les Å“uvres qui demandent l’emploi de la pédale ne peut être étudié sans tenir compte de cette dernière. D’autre part, on ne peut établir l’emploi exact de la pédale en la séparant du son, de la qualité du son. S’il est utile, parfois, de déchiffrer sans pédale, afin de mieux déterminer l’exactitude et la clarté de chaque son, il est encore plus utile d’étudier l’œuvre en utilisant exactement la pédale. »
« Il est un défaut dont souffrent particulièrement les femmes aux mains trop petites : la prédominance dynamique du pouce sur le cinquième doigt à la main droite dans les octaves et les accords. Il influe sur la qualité du son, surtout lorsque les octaves doublent la mélodie comme dans la Troisième de Chopin : Je conseille en ce cas, d’étudier séparément chaque voix, et d’avoir recours aux excellents exercices consacrés aux doubles notes, à partir de la seconde chromatique et jusqu’à l’octave : on les trouve souvent dans la littérature pianistique, par exemple chez Ravel et Szymanovski. »
« Une autre erreur fréquente, inhérente aux mains trop petites, est la négligence envers les doigts, non occupés dans les accords (dans le cas de l’octave, ce sont parfois les trois doigts intermédiaires qui sont en cause). Tant que l’élève joue piano, ces doigts que nous appellerons sympathisants ne font qu’effleurer les touches. Dès qu’intervient un f ou un ff, le deuxième, le troisième et parfois le quatrième doigts font naître un son. Pour éviter cette cacophonie, il faut tout simplement baisser la main et lever plus haut le doigts, de manière que les doigts regardent en haut et non en bas. »
« Un pianiste ne peut obtenir une belle sonorité chantante que si son oreille perçoit toute la durée du son, jusqu’à son extinction complète. Mais il ne faut pas oublier d’autre part l’extraordinaire netteté, l’éclat qu’atteint l’exécution d’un Horowitz. Il use avec parcimonie de la pédale, joue souvent non legato, sans jamais tomber dans la sécheresse, et sait comme personne faire ressortir les caractéristiques de « martelé » du piano (qui n’est pas « frapper .
La conclusion s’impose : il faut développer dans appareil moteur les possibilités existantes, d’autant plus que la littérature pianistique le demande avec insistance »
d’après Henrich Neuhaus, l’art du piano, édit. Van de Velde, 1971.
rédacteur : Docteur Arcier André, mise à jour mai 2008.
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