TMS et clavier (informatique)

Travail sur ordinateur : une cause de TMS
Le travail sur ordinateur est devenu courant, que cela soit comme usage dans son activité professionnelle artistique : photographe, désigner, réalisateur 3D, ou de manière annexe pour son activité (recherche internet, courrier etc.), ou encore pour ses loisirs (jeux informatiques, etc). Les artistes doivent savoir que l’utilisation d’outils informatiques (clavier, souris, manettes de jeux, etc.) peut être source de TMS. Ces microtraumatismes vont se surajouter à ceux causés par les gestes répétitifs de la pratique artistique. Aussi la prévention est plus encore nécessaire : respecter d’abord des temps de pause, disposer d’une bonne ergonomie des matériels et de son environnement, notamment visuel.
On retrouve de manière régulière chez les personnes qui travaillent sur ordinateur des TMS, liés notamment à l’utilisation du clavier. Le trouble le plus fréquemment retrouvé est le syndrome du canal carpien. En 2006, le taux de TMS reconnu comme maladie professionnelle selon les données de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie pour des activités liées à l’informatique était de 5 à 10 %.

Le modèle Azerty
Le modèle Azerty (ou sa déclinaison anglo-saxonne, Qwerty) n’a pas été basé sur une réflexion ergonomique, mais sur des considérations techniques. Cette organisation du clavier a été crée à la fin du XIXe siècle. Elle permettait en fait, en « éloignant les touches les plus utilisées, de limiter le contact entre deux tiges de frappe des machines à écrire ». Ce modèle a résisté à toute les tentatives d’amélioration ergonomique, comme quoi il n’y a pas que l’ergonomie des instruments de musique que l’on a du mal à faire évoluer.

Des tentatives de clavier ergonomique

Konrad Klapheck

« Dans les années 1930, August Dvorak, professeur américain, conçoit un nouveau modèle de clavier pour améliorer le confort des utilisateurs. Son principe consiste à réunir les lettres les plus utilisées sur la rangée centrale du clavier, puis sur la rangée haute et les lettres les moins utilisées sur la rangée inférieure. Il minimise ainsi les mouvements des doigts. [1] »
Depuis de nombreuses tentatives ont été menées pour implanter de nouveaux types de clavier. Pour François Cail, physiologiste au département de l’INRS : « Ce n’est pas tant la nature du clavier que son positionnement (éloignement, hauteur) et l’utilisation qui en est faite qui influent sur l’apparition d’éventuels TMS ».
De nombreux modèles existent néanmoins sur le marché, en fonction du type de handicap, des langues utilisées ou pour les gauchers (pavé numérique à gauche). Plus récemment les claviers Azerty « dit éclatés ont été mis sur le marché, avec souvent l’argument ergonomique « de prévenir les TMS ». Le clavier est en deux parties avec une orientation oblique, dans le prolongement des deux avant-bras, obliquité qui est à angle fermé en se dirigeant vers l’écran. L’argumentaire étant que les poignets sont mieux orientés vis-à-vis du clavier et des touches dans le prolongement du bras et dans une disposition donc plus physiologique. Mais le contre-argument de l’INRS est que dans ce cas « les coudes se retrouvant plus écartés, ce sont les épaules qui sont, dans ce cas, plus sollicitées ». De plus, la souris se retrouve éloignée de plus de 40% par rapport à une situation standard.

Un risque supplémentaire pour les artistes
Pratiquer une activité artistique qui sollicite de manière importante la main et le membre supérieur demande vraisemblablement une plus grande attention portée aux activités annexes telle que l’informatique, mais cela est vrai comme dit Ramazzini de toutes les activités dont ont fait excès. Il est préférable de choisir des activités qui diminuent ce type de microtraumatismes ou lorsque cela est nécessaire de leur apporter une gestion optimale. Comme nous l’avons vu, la meilleure prévention n’est peut-être pas dans ce domaine actuellement dans le clavier, mais dans la manière globale de réaliser l’activité. Pour autant, une étude épidémiologique sur les matériels informatiques vis-à-vis du risque TMS serait très intéressante à mener par ces instituts, afin de développer de nouveaux procédés moins pénalisants pour la santé.

Rédacteur. Docteur Arcier, président fondateur de Médecine des arts®
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Bibliographie

 [1] Travail et sécurité, novembre 2007, page 12


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