Risque du chariste (carnaval)

Le chariste est un carnavalier possédant un char de carnaval et responsable de sa décoration
Les techniques de fabrication se font sur des bases traditionnelles mais aussi avec des procédés plus modernes qui peuvent entraîner des risques spécifiques chez les personnes qui construisent des chars pour les spectacles de rue.

Le carnaval est une tradition qui se perpétue dans de nombreuses cités françaises. La première mention du carnaval de Nice par exemple date de 1294. Ce n’est que plus récemment que dans cette ville apparaît le style de carnaval actuel de style grotesque et fabuleux : défilés de chars, de grosses têtes.

Les techniques de fabrication se font sur des bases traditionnelles mais aussi avec des procédés plus modernes. Les carnavaliers sont des bénévoles qui ne sont pas soumis à une surveillance médicale dans le cadre de la médecine du travail ; pour autant ils sont exposés à des risques divers sur lesquels il est nécessaire de veiller.
L’élaboration des différents chars et grosses têtes se fait dans des hangars. Les carnavaliers sont polyvalents. La réalisation d’un char demande environ 1000 heures de travail, l’autonomie est grande et les cadences et les rythmes de ce travail ne sont pas imposés, les pauses sont fréquentes. L’unique impératif est de terminer le char dans le délai programmé pour l’événement festif.
Les repas sont pris sur place, la consommation de tabac et d’alcool (vin essentiellement) est d’usage dans le hangar (à noter que ce travail de recherche a été fait en 1995, bien avant l’interdiction de fumer dans les lieux publics).

Risque toxique
Lors de cette étude, deux produits sont susceptibles d’induire un risque toxique : une colle néoprène et une peinture acrylique. Mais d’autres types de produits peuvent être utilisés sur d’autres lieux de productions de chars et de grosses têtes.
Le risque principal est en relation avec les solvants faisant partie de la composition de la colle. Ils exposent à des risques d’incendie, d’explosion ainsi que d’intoxication, d’autant plus que le produit est appliqué au pistolet. Ils peuvent entrainer des lésions diverses notamment de la peau et des muqueuses.
La peinture présente pour les auteurs de l’étude peu de risques dans l’usage qui en est fait par les charistes, tout au plus ils signalent le risque d’irritation broncho-pulmonaire lors de la pulvérisation au pistolet. L’utilisation est intermittente, l’exposition chronique peu vraisemblable pour ces auteurs, mais pour autant la manière de stocker ces produits est « aberrante » : dans des boîtes de conserves ou des bocaux en verre, dans des locaux non aérés, mal ventilés. L’utilisation des produits se fait sans gants, ni masque, ni lunettes tout en fumant et grignotant.

Risques physiques
Les facteurs d’ambiance : faible éclairage en particulier, travail en hauteur peuvent être des facteurs de risque favorisant ou aggravant. De plus, ces activités se font par des personnes souvent « âgés » et la baisse de l’acuité visuelle, l’arthrose ajoutent des facteurs favorisants supplémentaires. La prise d’alcool ne fait que majorer le risque.
On rencontre des risques divers :

  •   de chute de hauteur ou de plain pied, des blessures (plaie cutanée, oculaire, bris de verre),
  •   de manutentions manuelles (postures difficiles, port de charges),
  •   mais aussi des risques liés à l’activité elle-même : électricité, soudure…

Risques liés à la charge mentale et psycho-sociale
Les charistes sont motivés, le désir les anime. Il s’agit d’activités choisies. Ils sont bénévoles et complètement investis.
Cette activité permet de créer des liens sociaux et intergénérationnels, c’est également un facteur d’insertion. Mais plus récemment cette activité bénévole se transforme et l’appel à des professionnels est plus fréquent. L’art de tradition populaire disparaît peu à peu pour faire la place à un secteur économique soutenu publiquement. Une concurrence s’instaure progressivement entre les différentes structures de charistes.
Les techniques évoluent et les risques également. Les chars sont de plus en plus sophistiqués dans leur procédé de fabrication, de nombreux produits sont utilisés avec des risques divers et parfois nouveaux : solvants, réactions allergiques par exemple. L’utilisation fréquente des résines acryliques (acrylates et méthacrylates) est un puissant générateur de dermatite irritative mais surtout allergique (nombreuses utilisations : vernis, peintures, colles, encres, etc.)

Une veille plus précise devrait s’exercer afin de conseiller mieux les bénévoles et une surveillance spécifique pourrait être réalisée pour les salariés. La maîtrise du risque sur le plan de la toxicité passe par la réduction du nombre des produits utilisés, une meilleure connaissance du produit et des modes opératoires en relation avec le risque. Il est conseillé que l’achat de produit et la pénétration d’un produit dans un atelier dépendent d’une seule personne. Un classeur spécial et accessible par tous mentionnera un certain nombre d’informations :

Nom de produit mode opératoire conseils d’utilisation risques examens éventuels
  pinceau, pistolet etc… masque de tel type, gants de tel type etc. Aigu
Chronique
Formule sanguine, dosimétrie par ex.

Rédacteur. Docteur Arcier, président fondateur de Médecine des arts®
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