Manager la santé des artistes : musiciens, danseurs, chanteurs, circassiens

1. Impliquer l'ensemble des managers

La santé psychologique des artistes, musiciens, danseurs, chanteurs, circassiens
La santé n’est pas l’absence de stress ou de maladie : c’est « un état de complet bien-être physique, mental et social, [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » , selon la définition donnée par l’Organisation mondiale de la santé.

La santé est bien une dynamique qui s’élabore ou se détruit du fait de la confrontation des organisations du travail et des caractéristiques personnelles ainsi que de celles que l’on subit notamment de l’environnement familial, social, professionnel. Les artistes sont soumis à des organisations complexes et variées. Les spectateurs, auditeurs ont une vision idéalisée des artistes favorisée par le show bizz et les média. La réalité des artistes est bien différente ; la précarité est très fréquente dans ces populations de travail ; la flexibilité est le mode de travail de l’artiste qui change très fréquemment d’employeur et d’organisation ; la pénibilité que cela soit sur le plan physique ou mental est banale. Cette réalité recouvre par ailleurs des conditions très variables, très favorables seulement pour une minorité d’entre eux.

Implication de l’ensemble des managers
Au sein d’une organisation professionnelle, y compris au sein d’organisations artistiques, l’implication de l’ensemble de la ligne managériale y compris l’équipe de direction (du plus simple niveau pour une très petite entreprise artistique, au plus haut niveau pour une grande entreprise : direction générale, conseil d’administration) est indispensable. Le statut d’intermittent du spectacle ne favorise pas les collectifs de travail et l’artiste est souvent isolé en dehors des phases d’activité, et passe d’un employeur à un autre parfois quotidiennement ; d’autres encore se déplace d’une ville à l’autre, parfois encore d’un continent à l’autre régulièrement.
Deux conditions sont essentielles pour y parvenir : un débat régulier et direct, au sein de la direction générale, sur les sujets de santé au travail et la prise en compte des résultats en matière de santé dans l’évaluation de la performance sociale. Une bonne connaissance du travail dit réel (par opposition au travail ditprescrit) est une base minimale pour comprendre l’impact de l’organisation du travail sur la santé du musicien, danseur, plasticien, etc. Le milieu professionnel des artistes est très varié, parfois très structuré, hiérarchisé comme au sein d’un orchestre professionnel, soit plus flou au sein des métiers concernant les intermittents du spectacle où on trouve de nombreuses formes de style d’organisation, des plus rigides au plus souples. L’implication du management est toujours indispensable dans la mesure où celui-ci permet aussi le développement des marges de manœuvre sans brider la créativité. Le collectif du travail est souvent également peu structuré dans les milieux artistiques ; les artistes fonctionnent souvent comme des entrepreneurs indépendants au dépens du collectif. Aussi, s’ils sont nombreux à bénéficier du statut d’intermittent (avec de nombreuses exceptions : arts plastiques, photographes, vidéastes etc.), les avancées sociales sont faibles, et leurs mandants, leurs structures sociales n’ont pas suffisamment le souci de faire avancer de nombreux points qui pourraient améliorer leur vie et leur santé. On peut noter une faiblesse d’information sur ce plan. Le système assurantiel complémentaire, ainsi que les retraites complémentaires dans le monde des artistes mériteraient d’être améliorés notablement.

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