Maria Callas, les causes de sa mort

Maria Callas atteinte d'une dermatomyosite

Maria Callas dermatomyosite

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour ces deux médecins, Maria Callas aurait été atteinte d’une dermatomyosite, maladie caractérisée par l’inflammation de certaines zones de la peau et de certains muscles. Le spectre symptomatique est relativement large avec une expression cutanée, respiratoire, les muscles de l’arrière-gorge (pharynx et larynx) peuvent être touchés avec une modification de la voix, une expression musculaire avec une hypotonie, cardiaque, digestive, osseuse, des douleurs articulaires.
En 1975, le docteur Mario Giacovazzo rendit visite à la chanteuse et affirma qu’elle souffrait de dermatomyosite, mais il ne révéla ce diagnostic qu’après sa mort.

La dermatomyosite est une maladie du collagène qui se localise dans les muscles et à la peau. C’est une maladie rare, avec une prédominance féminine, souvent associée à une autre collagénose, un cancer, une vascularite.
L’origine de la maladie n’est pas connue, multifactorielle ; infection virale, réactions auto-immunes semblent jouer un rôle important.

Pour les docteurs italiens Franco Fuss et Nico, cette maladie aurait de manière progressive altéré ses capacités vocales pour ensuite lui imposer l’arrêt de sa carrière. Etudiant les moments critiques de sa carrière, ils ont relevé, par exemple, cette soirée du 2 janvier 1958 où Maria Callas est dans l’impossibilité de chanter Norma à l'Opéra de Rome, soirée en l’honneur du président italien Giovanni Gronchi et son épouse. A la fin du premier acte, Maria Callas disparaît par une porte dérobée à l’arrière de la salle d’opéra. Ce n’était pas un caprice de diva, précise un des médecins.
Fussi et Paolillo trouvèrent une voix fatiguée, inégale dans les différents registres, sans le contrôle nécessaire. Callas n'allait pas bien, une trachéite s'était installée et ses muscles étaient probablement déjà en train de céder. Le déclin vocal avait commencé.

Le traitement engagé pour prendre en charge la dermatomyosite repose sur la corticothérapie et les immunosuppresseurs. Traitements qui peuvent provoquer à terme des problèmes cardiaques.
Pour ces deux experts de la voix chantée, le régime draconien n’a fait qu’affaiblir Maria Callas et être un facteur déstabilisant important sur le plan vocal.

Le 16 septembre 1977, Maria Callas se réveille tard chez elle à Paris. Elle a pris le petit-déjeuner au lit, puis s’est levée et a commencé à se diriger vers la salle de bain. Prise d’une douleur soudaine, violente, sur le côté gauche, elle s’effondre. Ramenée dans sa chambre, alitée, elle boit un café fort. Après avoir échoué à obtenir une aide médicale, le médecin du majordome de Maria Callas est appelé, il se rend immédiatement au chevet de Maria Callas. Mais elle déjà morte à son arrivée.
Ses funérailles ont lieu le 20 septembre 1977. Elle fut incinérée et ses cendres déposées au cimetière du Père Lachaise à Paris. Au printemps 1979, les cendres furent transportées en Grèce et dispersées dans la mer Egée.

Si l’hypothèse de la mort de Maria Callas par suicide est loin d’être démontrée, l’atteinte de Marias Callas par une dermatomyosite, même si ce diagnostic a été largement rapporté, ne paraît pas non plus évidente, d’autant qu’il s’agit d’une maladie rare, d’un diagnostic souvent difficile et qui nécessite un suivi, notamment sur le plan cardiaque par exemple.
Le médecin qui formula le premier ce diagnostic, le Dr Giacovazzo était médecin spécialisé en médecine interne à Rome. Les symptômes relevés par le médecin sont néanmoins peu caractéristiques et à notre connaissance aucun examen complémentaire n’est venu confirmer ce trouble. Le Dr Giacovazzo était le médecin d’Aldo Moro, l’ancien premier ministre assassiné par les Brigades rouges en 1978. En 1975, le chef de cabinet d’Aldo Moro lui demande de rencontrer la chanteuse afin de l’aider face aux problèmes de santé qu’elle rencontrait. Le médecin fut transporté en avion à Paris, où vivait Maria Callas.
Le médecin trouva la diva dans son salon. Il la trouva « usée, sa peau était brunâtre et avait une teinte violette sur le cou à gauche, un détail qui l’inquiéta. Elle avait aussi des verrues sur les mains ». Le médecin nota que le larynx de la chanteuse était affecté par la maladie. Le docteur Giacovazzo lui prescrit de la cortisone.
Plus tard, il a eu des nouvelles de Callas : « Elle m’a dit qu’elle s’était rétablie et qu’elle allait revenir à la scène. »
Le  docteur Giacovazzo pensait que la mort de la chanteuse en 1977 avait été provoquée par une crise cardiaque causée par la maladie, une dermatomyosite.

La dermatomyosite a été décrite pour la première fois en 1863 par « un certain Wagner », qui n’était aucunement compositeur, ce que l’on comprend aisément. E. Wagner était un médecin allemand, anatomopathologiste, qui a donné son nom à cette maladie : la maladie de Wagner ou dermatomyosite.

Symptômes de la dermatomyosite

  • Eruption cutanée caractéristique, épisodique ou permanente, habituellement le premier symptôme à se manifester
    • Eruption de la peau rouge ou violet foncé (dite héliotrope) le plus souvent autour des yeux et sur la face, mais aussi au niveau des coudes et des genoux
    • Papules de Gottron : éruptions lichénoïdes sur les doigts, les genoux et les coudes
    • Télengiectasie périungéales (présence de petits vaisseaux sanguins dilatés.
  • Faiblesse musculaire proximale au niveau des épaules ou des hanches, symétrique
  • Difficulté à avaler, dysphonie
  • Perte de poids
  • Fatigue
  • Fièvre
  • Douleurs musculaires
  • Faiblesse musculaire
  • D’autres systèmes peuvent être impliqués (vasculaire, pulmonaire, gastro-intestinal et cardiaque)

Examens complémentaires

  • Augmentation de certaines enzymes musculaires dans le sang
  • Anomalies de l’activité électrique des muscles (EMG)
  • Biopsie musculaire

Docteur Arcier André, président fondateur de Médecine des arts®
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