L’accident survenu sur scène du comédien Micha Lescot est examinée au tribunal de Valence

Accident du travail sur scène, l'enjeu de la sécurité

comédien Micha LescotLors de la survenue de cet accident l’acteur interprétait le rôle principal dans « En finir avec Eddy Bellegueule » à l’occasion du festival Ambivalence en mai 2015. Micha Lescot a chuté de près de 5 mètres après la scène finale sur un toit. Le comédien a porté plainte contre la Comédie de Valence. Le dossier est examiné ce mardi au tribunal correctionnel.
Michal Lescot est un brillant comédien, qui a obtenu un Molière de la révélation théâtrale en 2005, nommé pour Ivanov en 2015. Au cinéma, il a joué dans « Camille redouble » et « Saint Laurent ». Le comédien de 41 ans avait été victime d’un accident sérieux à Valence lors d’une représentation.

Trois représentations de cette lecture-spectacle « En finir avec Eddy Bellegueule » étaient  prévues au gymnase de l'ancien IUFM de Valence. La mise en scène impliquait de monter sur le toit à 8 mètres de haut par un jeu d’échelles. La première où il accédait à une plateforme, puis une seconde qui le menait sur le toit pour faire cette lecture.
Arrivé sur le toit du gymnase, le comédien était sécurisé par un harnais, mais pas lors de la descente des échelles et ses dernières n’étaient pas fixées.

Lors de la deuxième représentation le 30 mai 2015, le comédien sent l’échelle vaciller alors qu'il redescend pour saluer le public. Il est presque arrivé sur un toit terrasse intermédiaire, il esquive les derniers barreaux de l'échelle en faisant un pas de côté, mais atterrit sur un dôme en plexiglas qui rompt sous ses pieds.

Il chute de quasiment 5 mètres de haut: cinq vertèbres et côtes cassées, un poumon perforé (hémothorax). Hospitalisé durant trois semaines à Valence puis à Paris, plusieurs mois d’arrêt de toute activité.

Le comédien avait déposé plainte devant le procureur de la République. Il se tourne aussi désormais contre le metteur en scène et directeur du centre dramatique national de Valence.
L’inspection pointe dans ce dossier « des négligences graves de sécurité » et de manquements de la part de la Comédie de Valence organisatrice de cet événement.
« Micha Lescot assure qu'il avait partagé ses inquiétudes avec le directeur de la Comédie et metteur en scène de cette lecture-spectacle Richard Brunel. Il ajoute qu'il était certes accompagné par un technicien cordiste mais que le protocole de sécurité n'était pas clairement établi, les échelles pas fixées, les dômes en plexiglas pas signalés, et qu'il était sous pression pour redescendre vite du toit et ne pas faire attendre le public.
Le directeur de la Comédie Richard Brunel assure le contraire: pas de pression, aucune crainte exprimée « sinon j'aurai renoncé à cette scène » et sécurité prise en compte. Selon le cordiste, le comédien, euphorique ce soir-là, ne l'a pas attendu pour redescendre. D'après des témoins, après sa chute, Micha Lescot aurait dit: « quel con j'ai sauté, je n'aurais pas dû ». »[France Bleu Drôme-Ardèche]

Deux versions contradictoires, La Comédie a -t-elle été négligente sur la sécurité? ou le comédien imprudent ce soir-là? Le tribunal rendra sa décision le 25 janvier. Le parquet n'a pas pris position. Le procureur a indiqué qu'il s'en remettait à l'appréciation du tribunal, et que s'il devait entrer en voie de condamnation, ce serait pour une amende avec sursis.

Créativité et Sécurité dans les pratiques artistiques

Les metteurs en scène imaginent parfois des situations qui sont délicates pour le comédien sur le plan de sa sécurité. L’enjeu doit être double, aider le metteur en scène pour sécuriser ces situations, faciliter le travail du comédien pour que l’action scénique se déroule sans difficulté supplémentaire sur le plan technique. Mais, une question mérite toujours d’être posée, la situation à risque est-elle nécessaire, utile à la mise en scène. Il ne s’agit pas de s’opposer à la créativité du metteur en scène, mais le risque soit identifier et mesurer, lorsque celui-ci est patent. Si la mise en scène répond à une réelle nécessité artistique, que le risque peut être géré alors l’analyse des risques qui est désormais obligatoire doit alors prendre en compte cette problématique afin d’éviter tout aléas sur le plan humain.

Ce questionnement mettant en tension la sécurité et la créativité, n’est pas anodin. Il serait dommage et dommageable d’opposer  ces termes même si parfois cela représente un défi. Une réflexion doit être systématiquement engagée pour dans un même temps imaginer une action scénique et gérer le risque attenant lorsque celui-ci se pose, ou trouver une alternative lorsque la situation est réellement dangereuse et que le risque ne peut pas être parer par une mesure préventive efficace.
Note Médicale 01/12/2017

Docteur Arcier André, président fondateur de Médecine des arts®
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