Douleur et pratiques artistiques

Quels sont les récepteurs de la Douleur

L’extrémité de la fibre sensitive constitue le récepteur capable de transformer une stimulation mécanique, chimique ou thermique en message afférent. Classiquement chaque forme de sensibilité dispose d’un récepteur spécifique (revêtant l’aspect d’un appareil différencié entouré d’une capsule conjonctive), on rencontre ainsi les corpuscules de Meissner pour le tact, ou ceux de Ruffini pour la chaleur ; mais la transduction des stimulations nociceptives est effectué par des terminaisons libres.

Douleur éternelle, Paul Dardé

On retient trois classes de fibres nerveuses : les grosses fibres myélinisées Aβ pour l’information non nociceptive, les fibres myélinisées de petits diamètres Aδ et les fibres non myélinisées C, ces deux dernières étant bien des nocicepteurs.

  • La presque totalité des fibres Aβ sont des mécano-récepteurs dont le seuil de réponse est très bas, répondant même à un simple effleurement, et dont la vitesse de transmission est très rapide. En plus du message non-nociceptif qu’elles conduisent par la voie lemniscale, ces fibres Aβ mobilisent au niveau de la substance gélatineuse de Rolandeau des inter-neurones qui peuvent bloquer l’information nociceptive provenant du même segment. C’est la théorie du portillon que nous détaillerons plus loin.
  • - Les fibres Aδ myélinisées ayant une assez grande vitesse de conduction vont être responsables de la première sensation douloureuse brève et bien localisée de type piqûre. Ces récepteurs répondent à des stimulations mécaniques ou thermiques de seuil élevé. La douleur est un système sensoriel à haut niveau pour ces nocicepteurs mécanothermiques Aδ.
  • - Les fibres C non myélinisées ayant une vitesse de conduction plus lente, procurent une douleur plus tardive de type brûlure prolongée et diffuse. Les récepteurs sensoriels libres de ces fibres C non myélinisées (qui représentent les ¾ des fibres des nerfs périphériques) sont dits pour la majorité des nocicepteurs polymodaux C, car activés par différents stimuli (mécanique, calorique et chimique). Ces récepteurs deviennent hypersensibles au cours d’une inflammation. D’autres sont décrits comme des récepteurs silencieux qui ne deviennent nocicepteurs qu’en présence d’inflammation.

On explique ainsi le phénomène de la double douleur provoquée par un même stimulus : la première bien localisée à type de piqûre (Aδ), est suivie par une brûlure plus diffuse et mal localisée ( C ).

Les récepteurs musculaires et articulaires possèdent, comme au niveau de la peau, des fibres de type polymodal, Aδ et C.

  • le rôle nociceptif des fibres Aδ n’est pas clairement établi car, bien qu’elles répondent à des substances chimiques algiques, elles réagissent aussi aux contractions, étirements musculaires et à l’hypoxie qui suit un exercice soutenu.
  • l’existence de fibres C, agissant comme nocicepteurs, est plus documenté. Ces fibres C se comportent comme les nocicepteurs polymodaux cutanés car répondent à des stimuli mécaniques thermiques et chimiques. La douleur musculaire est particulièrement vive lors de la contraction musculaire dans des conditions d’ischémie, alors qu’une catégorie de ces fibres amyéliniques émet, dans ces circonstances, une décharge maximale.
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