Une danseuse accidentée lors des répétitions de l’inauguration de la cérémonie des Jeux olympiques

Fracture de la colonne vertébrale chez une danseuse

Il aura fallu attendre plusieurs jours pour que l’information qui circulait dans les média occidentaux soit confirmée selon quoi la danseuse traditionnelle Li Yan, âgée de 26 ans avait eu un accident grave.

D’après les autorités chinoises, les répétitions des événements d’inauguration des Jeux olympiques qui comptaient 15 000 interprètes auraient fait six blessés.

Il aura fallu attendre plusieurs jours néanmoins pour que l’information qui circulait dans les média occidentaux soit confirmée selon quoi la danseuse traditionnelle Li Yan, âgée de 26 ans avait eu un accident grave et avait été remplacée par une autre danseuse Liu qui s’est chargée du rôle. Lors d’une des dernières répétitions, elle avait fait une chute de 3 mètres, elle était tombée d’une plateforme mouvante le 27 juillet, lors d’une énième répétition. Li Yan est une danseuse étoile de danse traditionnelle chinoise particulièrement reconnue en Chine. Elle devait être la danseuse principale du tableau présentant l’histoire de la route de la soie.

Le site internet de la Chine nouvelle a montré pour la première fois ce mardi 12 août des photos du metteur en scène Zhang Yimou au chevet de la danseuse. Elle a été opérée à l’Hôpital de l’Armée de libération populaire. Le pronostic fonctionnel des médecins est très réservé. Des informations qui ont filtré le jour de l’accident émanant des personnes liées au spectacle avaient évoqué le polytraumatisme et une paralysie du bas du corps. Les médecins ont confirmé la fracture de la 12ième vertèbre de la colonne vertébrale sans évoquer de paralysie. Ils indiquent toutefois que plusieurs interventions seront nécessaires pour que peut-être la danseuse puisse à nouveau marcher, mais sa carrière est définitivement compromise.

Le journal local paru le 8 août, le "Journal du soir du Yangtse critique le cinéaste Zhang Y., metteur en scène de la cérémonie en disant que celui-ci aurait "sacrifié des artistes sur l’autel d’une grandiose mise en scène. Plusieurs commentaires débouchent sur une critique du principe même de cette cérémonie, "dont la scène était à la fois pleine et vide, car nos dirigeants préfèrent accumuler des masses plutôt que de prendre l’âme comme fondement du spectacle". "On a voulu transformer cette cérémonie en spectacle le plus cher du monde, pour étonner l’Occident et le monde entier, note le blogueur Songlin. Mais dans un pays où la moitié des gens n’ont ni garantie de logement, ni sécurité sociale, ni éducation, pourquoi cette fête ?". [1]

Après des événements artistiques d’une certaine importance, la publication de données chiffrées sur l’accidentabilité et la morbidité devrait être obligatoire. La transparence dans ce domaine est déjà le commencement d’une action préventive. Ainsi l’identification des situations à risque d’événements passés permettrait de mieux s’en prémunir pour des organisations événementielles futures.

Les accidents sont la cause la plus fréquente de fin de carrière des danseurs et danseuses. La prévention devrait être mieux intégrée au projet créatif afin de la rendre plus efficace. Les metteurs en scène devraient être sensibilisés à l’accidentologie liée à des projets exceptionnels ou très particuliers. Une réflexion a minima européenne pourrait être engagée dans ce sens. Devant des pratiques artistiques accidentogènes, la prévention primaire, secondaire et tertiaire se doit d’être développée et harmonisée avec un support européen légal.

Rédacteur, Docteur Arcier, fondateur de Médecine des Arts®. Copyright Médecine des arts©
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Bibliographie

[1] Le monde 13 août 2008


 

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