Syndrome du canal carpien chez les artistes, musiciens, danseurs, circassiens. I

Qu’est ce que le syndrome du canal carpien ?

Le syndrome du canal carpien est un trouble musculo-squelettique (TMS) fréquent dans certaines pratiques artistiques.

Des fourmis au bout des doigts
Si le syndrome du canal carpien est fréquent dans la population générale, certaines pratiques artistiques peuvent être un inducteur majeur dans l’apparition du syndrome de canal carpien chez les artistes qui les pratiquent. Les violonistes et les altistes sont particulièrement exposés à ce risque, mais peu de catégories de musiciens en sont épargnés, les danseurs et surtout les danseuses dont les figures de danse utilisent fréquemment les mouvements répétitifs du poignet, dans des positions extrêmes par exemple sont également des sujets à risques pour ce trouble. Les circassiens dans diverses de leurs pratiques peuvent également être victime de ce syndrome.
L’analyse du risque dans chacune de ces pratiques, la compréhension de l’anatomie fonctionnelle du geste artistique est la première étape d’une stratégie préventive du syndrome du canal carpien.

Canal carpien
1. Nerf médian, 2. Fléchisseurs communs superficiel et profond,
3. Os du carpe

Le syndrome du canal carpien (SCC) est un syndrome canalaire intéressant le nerf médian dans sa traversée du canal carpien (CC) au poignet. Il s’agit d’un syndrome de compression du nerf médian dans un tunnel inextensible, le tunnel du carpe. Ce syndrome de canal carpien résulte d’un conflit entre le contenant constitué en arrière par les os du carpe et en avant par le rétinaculum des fléchisseurs (ligament annulaire antérieur du carpe) et le contenu situé à l’intérieur de ce canal : les tendons fléchisseurs des doigts, le tendon du long fléchisseur du pouce, et le nerf médian qui est dans la partie la plus superficielle et la plus sensible à la compression. Pour le groupe de consensus, le syndrome du canal carpien est « l’ensemble des symptômes ressentis par le patient et des signes constatés par le médecin. »

Rappel historique
Schultz, en 1893, décrit les acroparesthésies nocturnes sans en reconnaître l’origine carpienne. Vingt ans plus tard, Pierre Marie et Charles Foix, au cours de l’autopsie d’une femme âgée ayant une atrophie de l’éminence thénar, mettent en évidence le rôle compressif du ligament annulaire du carpe et décrivent avec précision l’étranglement du nerf médian et son renflement nodulaire sus-jascent.
Mais ce sont les auteurs anglo-saxons, Zachary en 1945, Brain, Wright et Wilkinson en 1947, qui font le lien entre les acroparesthésies nocturnes et la compression du nerf médian dans le canal carpien, la section du ligament annulaire entraînant la guérison. Dix ans plus tard, Phalen fait de la synovite non spécifique des tendons des fléchisseurs des doigts la cause essentielle de cette compression dans un tunnel intextensible.
En 1964, de Sèze, Deyfus et Koupernik insistent sur l’existence, dans un tiers des cas, d’un déficit moteur et d’une atrophie de l’éminence thénar. L’électromyographie a par ailleurs précisé l’importance de la compression du nerf médian, variable selon les cas, et montré que l’opposant du pouce, relativement épargné par la dénervation, bénéficiait souvent d’une innervation complémentaire par le nerf cubital, ce qui rend compte de la relative tolérance de cette compression pour la fonction du pouce. [1]

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