Piano : L’école allemande, chapitre 5

Berlin, le centre européen de l’école de piano du début du 20ème siècle

Von Bulow

La musique est en effet, pour les allemands, une seconde nature. La rigueur, la discipline et l’austérité sont à la base du principe éducatif. Il en ressort un jeu solide, méticuleux, voire "pâteux", parce que calculé et très construit sur le plan harmonique.
Von Bülow Le chef de file de cette école est Hans von Bülow, il partage le concept de son idole R. Wagner. Il est non seulement un allemand convaincu, mais un excellent pianiste, formé au conservatoire de Leipzig, puis avec Liszt. Clara Schumann voit en lui, le pianiste "le plus fastidieux, il n’y a pas une once d’enthousiasme, tout est calculé". A sa succession vient Heinrich Barth, qui lui-même forme Arthur Rubinstein et Wilhem Kempf. Connu pour ces colères et son exigence, on travaille chez lui beaucoup d’exercices rébarbatifs et la technique.

D’autres professeurs contribuent à faire de Berlin, le centre européen de l’école de piano du début du siècle. Des classes de Martin Krause sortent Claudio Arrau et Edwin Fischer.

Edwin Fischer

L’enseignement germanique tire sa richesse et sa diversité du grand nombre de conservatoire et de professeurs. Il n’en demeure pas moins que la tradition et la culture ont leur part d’influence. Le style de l’école de piano allemande est à l’image de l’orchestre d’outre Rhin. Il est inspiré par la sonorité des pianos Berstein ou Gotrian-Steinweg. Sa matière première est la pâte sonore que l’interprète doit modeler pour bâtir, un monument à la gloire du compositeur. Entre Schnabel, Fischer et Arrau, chacun construit à sa manière mais tous travaillent avec la même rigueur et la même précision.

Pointer les différences culturelles qui distinguent la France de l’Allemagne serait tomber dans le lieu commun. Mais comme l’histoire du piano a rencontré un siècle et demi d’opposition farouche entre les deux pays, les dissemblances naturelles se sont muées en fractures réactionnaires. Du point de vue des sonorités instrumentales, il est toujours étonnant de constater que les pianos et les orchestres français sont l’antithèse de leurs voisins germaniques. A l’Ouest du Rhin, tout doit sonner clair et léger, à l’est on privilège la puissance et le "pâteux".

Rédaction. Marc Papillon, Clinique du Musicien, Catherine Bros, professeur de piano.
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