Les malaises de chefs d’orchestre ne sont finalement pas si rares

Le stress, facteur de risque pour le chef d’orchestre

Le stress chez les chefs d’orchestre
Le stress est un risque des plus banals pour un chef d’orchestre. La gestion du stress ne s'impose pas qu'au manager exalté, mais aussi au chef d'orchestre qui veut rester performer sans altérer sans santé

Le stress, facteur de risque pour le chef d’orchestre

Le stress est un élément important du risque de malaise cardiovasculaire. L’exaltation du concert à un moment particulier où les émotions sont maximales peut épuiser les ressources cardiovasculaires d’un chef d’orchestre ; le stress lié aux conditions organisationnelles, environnementales, un espace scénique mal conçu, des conditions acoustiques insatisfaisantes peuvent entraîner les mêmes risques.

Les situations incontrôlables

Les causes de stress peuvent être en relation avec des domaines incontrôlables, ce qui majore les réactions de stress en général, comme cela a pu être le cas pour Andris Nelson, ce jeune chef d’orchestre letton lors du festival de musique Rheingau dans le courant de l’été 2012.
Son orchestre CBSO est arrivé en retard, plusieurs heures après la période prévue de la répétition. Le personnel de cabine de la Lufthansa était en grève ce jour-là. La pression supplémentaire liée à ce retard a entraîné un malaise chez Andris Nelson. Le chef d’orchestre s’est effondré lors de cette répétition de la Symphonie de Résurrection de Mahler dans une église dans Kloster Eberbache et a été hospitalisé.
Le directeur de chœur Simon Halsey a repris la répétition avec un programme révisé à la dernière minute.

Le stress est un risque des plus banals pour un chef d’orchestre. Si certaines causes sont contrôlables et peuvent être gérées par le sujet lui-même, d’autres ne sont pas contrôlables, comme c’est le cas d’une grève inopinée.

Les stress incontrôlables (dont la résolution ne dépend pas de sa propre action) sont en général plus néfastes pour l’organisme. Certains auteurs font l’hypothèse que la physiopathologie du stress et les décharges hormonales du stress sont dépendantes en partie du type de contrôle : contrôlable ou non contrôlable. SI le stress contrôlable fait intervenir de manière privilégié l’axe hypothalamo-médullo-surrénalien en développant une réaction adrénergique, le stress incontrôlable fait intervenir plus volontiers l’axe hypothalamo-corticosurrénalien qui développe de manière privilégiée la sécrétion de corticoïde.

Cette deuxième voie de réaction du stress est plus coûteuse pour l’organisme et plus pénalisante à terme (voir ouvrage du Docteur Arcier : le trac, le comprendre pour l’apprivoiser). Notamment par le processus de néoglucogenèse qui permet de produire des glucides à partir des protéines, ce qui a pour conséquence de diminuer par exemple l’immunité de l’individu et de le fragiliser.

Nous ne disposons pas toujours des ressources pour résoudre une crise, un évènement qui s’impose à nous. Vouloir contrôler une situation « incontrôlable » est une source de stress particulièrement néfaste pour l’organisme, plus encore si ce stress est répété ou prolongée ou chronique.

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