Kyste synovial du poignet chez le musicien, circassien, chanteur

Qu’est-ce qu’un kyste synovial ?

Le kyste de la main et du poignet nommé ganglion par les Anglo-Saxons, est une affection fréquente dans la population générale. Chez les artistes, musiciens, circassiens, danseurs, plasticiens, il va poser des difficultés spécifiques en relation avec la pratique artistique. Les solutions à apporter ne sont pas techniquement différentes, mais la réflexion sur l’opportunité du geste se doit d’être plus fine, et mise en perspective avec les risques qui pourront se traduire dans l’activité artistique elle-même.

kyste synovial

D’apparition brutale ou progressive, le kyste se développe aux dépens du tissu synovial. (Cette membrane sécrète un liquide, le liquide synovial, qui joue un rôle de lubrifiant.) Le tissu synovial peut former des poches qui sont mises sous tension par le liquide qui continue à être sécrété. Les pratiques artistiques sont d’une grande exigence sur le plan fonctionnel, elles demandent souvent de la précision, de la vitesse, parfois de la force. Une affection même limitée au niveau de la main ou du poignet peut entraîner des difficultés sérieuses chez un musicien, un circassien, un plasticien, un danseur. Lorsqu’un artiste viendra consulter pour un kyste synovial du poignet, l’analyse clinique devra permettre de préciser le diagnostic et de mesurer l’impact précis de la douleur ou de la gêne sur la pratique. La décision thérapeutique devra associer largement l’artiste et visera à évaluer de manière collégiale le bénéfice/risque de telle ou telle thérapeutique.

Qu’est-ce qu’un kyste synovial ?

Le kyste synovial est une tuméfaction bénigne (une grosseur, une bosse) qui apparaît sur le dos ou la face antérieure de la main et également sur la base des doigts. C’est une tumeur remplie de liquide gélatineux produit par la membrane synoviale qui tapisse les tendons ou les articulations.

Quelles sont les hypothèses physiopathologiques ?

La théorie « synoviale

kyste du poignet

« La théorie « synoviale » est la plus communément acceptée. Le kyste se formerait à partir de la cavité articulaire dont le liquide synovial fuserait à travers un pertuis capsulaire et migrerait jusqu’au kyste par un pédicule plus ou moins long.
Cette théorie explique bien le caractère fluctuant du volume de certains de ces kystes, ainsi que la constitution des kystes intra-muraux et intra-artériels par fuite à travers les points de moindre résistance que représentent les points d’entrée des artères et des nerfs dans la capsule et migration secondaire le long de ces artères et de ces nerfs.

Par contre, l’absence de chenal reconnaissable, l’accumulation et la concentration du liquide, et l’absence de revêtement synovial plaident contre cette théorie :

  • l’absence de chenal correspondrait plutôt à une méconnaissance de celui-ci car il est souvent très fin et difficile à identifier.
  • l’accumulation et la concentration du liquide peuvent s’expliquer par un phénomène de clapet à sens unique entre la cavité articulaire et le kyste. La viscosité du liquide jouerait également un rôle : le chenal ayant un petit calibre le liquide synovial fluide passe dans le sens articulation-kyste, alors que le liquide mucoïde visqueux ne peut pas passer dans le sens kyste-articulation.
  • l’absence de revêtement synovial peut s’expliquer par une dégénérescence des cellules synoviales en résidus pseudo-synoviaux du fait de l’exclusion et de l’hyperpression.

Cette théorie a l’avantage d’être uniciste et de regrouper les kystes synoviaux et les kystes mucoïdes dans une même entité. Elle se rapproche des observations anatomo-pathologiques de Mirra [1] , mais la chronologie des modifications de la paroi est inversée.

La théorie traumatique
La théorie traumatique consiste en une hernie de tissu conjonctif en dessous d’un ligament ou d’un tendon qui subit une métaplasie myxofibroblastique secondaire avec production de mucine. Cette théorie est souvent évoquée pour les kystes synoviaux intra-osseux du poignet. Elle est compatible avec les kystes sans chenal identifiable. Elle correspond aux observations anatomo-pathologiques de Mirra. La résorption d’une lésion hémorragique a été également évoquée pour certains kystes intra-musculaires en particulier.

La théorie embryonnaire consiste en une métaplasie myxofibroblastique de résidus synoviaux embryonnaires.

La théorie tumorale a été évoquée pour les kystes intra-neuraux puisque certains schwannomes peuvent subir une dégénérescence kystique. Mais, comme pour les kystes intra-artériels, il apparaît plus probable que ces kystes soient le résultat d’une fuite le long de la paroi des nerfs et des artères pénétrant la capsule comme ceci est expliqué dans la hernie synoviale.

Au total, la théorie synoviale est celle qui est la plus retenue par les auteurs, car elle est uniciste, et corrobore les données de l’imagerie et de la chirurgie. » [2]

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