Hématome sous-dural et headbanging (musique heavy-metal)

Une lésion neurochirurgicale chez un adepte du headbanging

Headbanging, littéralement « secouer la tête », le musicien mais souvent également l’auditeur secoue la tête sur le rythme de la musique rock et heavy metal.

Head banging et risque lésionnel

Ce comportement singulier est apparu en 1968 lors d’un concert de Led Zeppelin. Les mouvements violents de la tête lors du headbanging peuvent entraîner des lésions graves tels que dissection de l’artère carotide, entorses cervicales, fracture de l’odontoïde (apophyse de la deuxième vertèbre cervicale, axis).
Les 3 figures techniques les plus courantes du headbanging sont :

  •   Le « up and down » : secouer la tête de haut en bas
  •   Le « circular swing » : mouvement circulaire de la tête
  •   Le « side-to-side » : mouvement de la tête de droite à gauche

 Une lésion neurochirurgicale chez un adepte du headbanging

Plus récemment, le Dr Ariyan Piradesh Islamian a décrit dans The Lancet le cas clinique d’un quinquagénaire qui souffrait de céphalées depuis une quinzaine de jours sans raison apparente. Hospitalisé dans un service de neurochirurgie, les examens complémentaires vont révéler un hématome sous-dural. Les causes de cette lésion n’étaient pas retrouvées.

Hématome sous-dural

hématome sous-dural
1. crâne, 2. dure-mère, 3. hématome, 4. arachnoïde
D’après l’Institut National de Santé (NIH Etats-Unis)


Les hématomes sous-duraux surviennent souvent suite à des traumatismes crâniens. L’hématome peut apparaître plusieurs semaines après l’épisode traumatique, comme cela a pu survenir lors du headbanging.

Mais l’interrogatoire poussé a fait apparaître le fait que ce patient s’était rendu un mois plus tôt à un concert de Motörhead et y avait pratiqué le headbanging. La littérature scientifique par ailleurs relate trois cas similaires dont un qui s’est conclu par le décès du patient.
Dr Ariyan Pirayesh Islamian, qui décrit ce cas clinique, estime que « bien qu’il y ait peu de cas documentés d’hématomes sous-duraux, l’incidence pourrait être plus élevée, car les symptômes de ce type de blessures sont souvent silencieux sur le plan clinique, ou entraînent un léger mal de tête qui se guérit spontanément ».
Déjà en 2009, nous avions décrit le risque de blessure en relation avec le headbanging (Traumatisme cervical et headbanging. Ce type de comportement gestuel est le plus souvent anodin, mais le risque est bien réel d’autant que les mouvements sont rapides (>130 battements minutes), saccadés, répétés et qu’il existe des facteurs favorisants (ce qui ne semblait pas être le cas dans ce cas clinique), comme la prise d’anti-coagulant, l’hypertension artérielle, etc.

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