Durillon et pratique de la danse

Callosités, des hyperkératoses du pied de la danseuse

Le pied est un organe sensible, complexe. S’il s’agit d’un ensemble ostéoarticuaire et musculo-ligamentaire qui permet un soutien passif en statique et un appui propulsif pour assurer la locomotion, chez le danseur et la danseuse c’est plus que cela, il s’agit de l’instrument essentiel de son art.

Le pied du danseur et de la danseuse est soumis à de fortes contraintes. Face à ces microtraumatismes, la surface cutanée va réagir de manières diverses et notamment par des callosités, des hyperkératoses qui sont une « forme » d’adaptation à ces contraintes.
La peau s’épaissit, permettant la protection des tissus sous-jacents. Sans cette protection, ces tissus seraient progressivement endommagés.
Ces affections surviennent au niveau des zones exagérément soumises à des poids ou des pressions lors de l’appui du pied du danseur ou de la danseuse sur le sol.

Voûte plantaire

La voute plantaire forme un ensemble biomécanique composé d’une arche antérieure transverse, une arche longitudinale médiale et une arche longitudinale latérale.
Cette voûte comporte trois points d’appui, les premières et cinquièmes têtes métatarsiennes et le calcaneus.
Cette architecture plastique avec le système musculaire et aponévrotique de ces arches permet la rigidification des structures, la transmission des forces ainsi que l’amortissement des charges et des chocs et la propulsion lors d’un simple pas ou d’un saut.
L’arche antérieure est située au niveau des têtes des métatarsiens qui forment une voûte transversale avec appui du premier et du cinquième métatarsien.
Le rôle du dôme est de supporter l’arche transversaire du pied et par conséquent réduire la pression sur les têtes métatarsiennes.

Quelle en est la cause, la physiopathologie ?

Processus de kératinisation menant au durillon
Lorsque la peau est soumise à un conflit, des frottements répétés, des microtraumatismes, elle met en place une réaction de protection qui altère l’équilibre de formation des kératinocytes. En situation physiologique, l’épiderme (la zone externe du tissu cutané) est constitué de kératinocytes. Le renouvellement de ce tissu amène les kératinocytes à la surface de la peau, ils se chargent de kératine et sont éliminés par desquamation naturelle. Ce cycle dure physiologiquement un mois environ, tandis que les kératinocytes sont formés, le même nombre est éliminé en surface.

Ce processus est perturbé par ces microtraumatismes, les kératinocytes sont formés en plus grand nombre pour répondre à cette protection paraphysiologique des tissus sous-jacents. Peu à peu, cette migration supplémentaire de cellules entraîne une épaississement de la couche cornée, qui se présente sous une forme hyperkératosique, portant le nom de cor ou durillon selon leur forme et leur localisation.

Pied
1. Durillon, 2. oignon, 3. Durillon, 4. Cor sous l’ongle,
5. Cor, 6. Durillons sous les têtes de métatarsiens,
7. Durillon, 8. Oignon.

Comme le cor et l’œil de perdrix, le durillon est issu d’une hyperkératose de localisation précise : on le trouve face plantaire, en dessous des têtes métatarsiennes.
Un défaut statique du pied au niveau des métatarsiens va favoriser l’émergence d’un durillon. La pratique de la danse sur un revêtement trop dut et la répétition de réceptions de sauts sont aussi des circonstances fréquentes d’apparition des durillons.

Quels sont les signes de durillon ?

Cela se présente sous la forme d’une petite tuméfaction, une plaque de kératose assez étendue, compacte, plus ou moins douloureuse sous une tête métatarsienne, d’un diamètre souvent légèrement supérieur à celui du cor. Il est toujours situé au niveau d’une zone d’appui important. Il se développe plus en largeur qu’en profondeur. Il est mobile avec la peau et n’adhère pas au tissu sous-jacent.

Comment faire le diagnostic de durillon ?

Le diagnostic se fait aisément visuellement. Le durillon est reconnaissable à sa forme et à sa localisation. Mais il devra être différencié d’un certain nombre d’affections avec lequel il peut être parfois confondu.

  • Avec une verrue, englobée dans l’hyperkératose.
  • un papillome traumatique (tumeur bénigne en forme de papille sur la peau et les muqueuses).

Comment traiter un durillon ?

Des soins spécialisées sont nécessaires ; de la même manière que pour un problème de main, un musicien doit faire appel à un spécialiste de la main et du membre supérieur compétent dans la santé du musicien, le danseur doit prendre conseil auprès d’une thérapeute du pied et du membre inférieur ainsi que d’un podologue. Des soins réguliers, l’application de crème hydratante, la correction d’un trouble de la statique du pied. Une réflexion sur l’origine de l’agression cutanée sera à mener.

Rédacteur : Docteur ARCIER, président fondateur de Médecine des arts®
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