Danseuses et régime alimentaire

Comportements alimentaires des danseuses

Les critères esthétiques qui prévalent dans la danse classique reposent sur des morphologies longilignes. Quelles sont les contraintes qui s’exercent chez les danseuses pour correspondre à ces critères ? Les restrictions alimentaires sont-elles nécessaires aux danseuses pour satisfaire à ces critères ?

L’alimentation de la danseuse

Afin de répondre à ce questionnement une recherche avait été menée il y a quelques années auprès d’une population de danseuses d’Opéra [1].
Cette étude reposait sur la collecte de certaines données telles que :

  •   Indice staturo-pondéral (ISP) : poids (BW) en kg/ taille en mètre.
  •   Le tissu adipeux (TA)
  •   La masse maigre
  •   Les AETQ (Apport énergétique quotidien de la ration alimentaire) et les AETQ/kg BW des 3 jours : jour de répétition, jour de spectacle, jour de repos.

Le traitement des données permettait d’indiquer que : d’une part « les danseuses les moins « adipeuses » consomment le plus de calories et d’autre part « les danseuses à l’apport énergétique le plus faible ont le plus de tissu adipeux » [1].
La population étudiée représentait une prépondérance de sujets telles que les quadrilles et les coryphées, différant donc de la moyenne de la population des solistes et du corps de ballet de l’Opéra. Les quadrilles sont les sujets qui espèrent évoluer et gravir des échelons de leur carrière et sont vraisemblablement les plus susceptibles de vouloir correspondre aux critères morphologiques sans lesquels il n’y a pas d’évolution possible.

Etude morphologique de la danseuse

ISP (Indice staturo-pondéral)

Comme on pouvait le penser, l’ISP (Indice de corpulence) des danseuses quel que soit l’âge est inférieur à celui de la population générale française. L’ISP des danseuses était de 17,9 + ou – 1,4 kg/m2 alors que l’ISP de la population générale (qui augmente avec l’âge) est de :

  •   de 19 à 24 ans, de 19 à 24 kg/m2,
  •   de 25 à 35 ans, de 20 à 25 kg/m2
  •   de 35 à 44 ans, de 21 à 26 kg/m2.

Tissu adipeux (le pourcentage de TA)
Celui-ci « est semblable à celui de la population sportive non endurante, est inférieur à celui de la population française sédentaire et bien supérieur à celui des sportives endurantes comme les marathoniennes » [1].

Pourcentage de Tissu adipeux

  • Danseuse    18,8 + ou - 3,6%
  • Sportive non endurante    17 à 22 %
  • marathoniennes    12 à 15 %
Pourcentage de Tissu adipeux
Danseuse   18,8 + ou - 3,6%
Sportive non endurante 17 à 22 %
marathoniennes   12 à 15 %

Ces résultats sont cohérents par rapport au profil énergétique étudié chez les danseuses à partir des mesures du débit d’oxygène ou de fréquence cardiaque et mettent en évidence que la pratique de la danse doit être considérée comme une activité non endurante [2].
Les auteurs de cette étude font l’hypothèse que chez les danseuses professionnelles « le % de tissu adipeux est lié plus à une caractéristique constitutionnelle qu’à un régime alimentaire très hypocalorique. »
« La masse maigre des danseuses [3] se situe dans le type I « petite masse maigre » proche de celle retrouvée dans la population sédentaire considérée comme mince (18% de TA). Les danseuses ont probablement une masse maigre à composante musculaire supérieure à celle de la population sédentaire puisqu’elles sont physiquement actives et donc par déduction, leur masse osseuse serait moins importante.
L’étude de Dolgener et coll. [4] montre que plusieurs circonférences de segments du corps (hanches, bras et cuisses) des danseuses sont inférieures d’une à trois déviations standard par rapport à une population de référence.
Dahlstrom et coll. [5] décrivent un pourcentage élevé de fibre I oxydatives chez les danseuses en activité. Ils font l’hypothèse que c’est le résultat de la sélection plus que l’entraînement, alors que la faible surface de section musculaire, mesurée dans cette même expérience, semble plutôt due à l’entraînement. »


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