Syndrome du tunnel tarsien chez une jeune danseuse

Comment faire le diagnostic de syndrome du tunnel tarsien ?

danseuse canal tarsien

Manifestations cliniques du tunnel tarsien

Ce sont des douleurs à types de brûlures, de paresthésie de la voûte plantaire, un engourdissement du pied, une hypoesthésie survenant en position debout, lors de la pratique de la danse mais parfois également survenant la nuit. Parfois le danseur présente des crampes inhabituelles antérieurement à la lésion.

Signes cliniques du tunnel tarsien

Ce syndrome se caractérise essentiellement par des paresthésies de la voûte plantaire et un engourdissement du pied. Ce phénomène entraîne une douleur qui part de la voûte plantaire, peut s'étendre aux orteils et même diffuser dans le bas de la jambe.
Les troubles moteurs, comme une paralysie des muscles intrinsèques (déficit du muscle court fléchisseur) avec des difficultés lors de la flexion et de l’écartement des orteils, ne sont retrouvés que dans les formes évoluées qui ne se voient pas chez les danseurs qui consultent généralement précocement.

Diagnostic

En plus de ces signes cliniques, quelques autres examens cliniques sont utiles dans le diagnostic.
- Signe du papier ou signe de Bardot :
Cet examen consiste à placer une feuille de papier sous le gros orteil du patient. En cas d'atteinte du nerf, le patient ne peut retenir la feuille si une tierce personne la tire. Si le nerf est sain, le pied retient la feuille qui va se déchirer. Ce phénomène s'explique par le déficit du muscle court fléchisseur.
- Signe de Tinel :
Ici, le canal tarsien révèle une douleur et des paresthésies lorsqu'on exerce sur lui une percussion à l'aide d'un marteau ou simplement à la palpation du nerf tibial et de ses branches de division.
- Signe du chevauchement :
Lors de la flexion plantaire des orteils, le gros orteil va passer en dessous du second.
- Compression locale avec un brassard à tension :
L'augmentantion de la pression veine et l’ischémie locale peut reproduire les symptômes.

Examens complémentaires

Radiographie des deux pieds et des deux chevilles afin de visualiser une déformation statique type pied plat, un cal vicieux calcanéen, une synostose du tarse, etc
Echographie : L’exploration échographique est systématiquement couplée à une étude vasculaire en mode Doppler ; elle permet notamment une exploration en charge.
EMG (électromyogramme) : utile aussi dans le sens où il permet de déterminer en cas de syndrome du canal tarsien avéré une diminution d'environ 10 % de la vitesse de conduction dans le segment jambier du nerf tibial.
IRM : utile pour mettre en évidence un kyste, une tumeur, etc., ainsi qu’en cas d’échec du traitement chirurgical.

Quel est le traitement du tunnel tarsien chez le danseur ?

Le traitement est en premier lieu conservateur et se compose d’une combinaison de moyens.
Si le repos favorise le processus de guérison, la physiothérapie permet de travailler d'abord sur la réduction de la douleur et de l'inflammation (thérapie physique, ultra-sons, exercices, application de glace).
Le traitement médical consiste à la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens et à injecter des corticoïdes directement dans le canal tarsien (2 injections espacées de 5 à 7 jours, l'injection d'anti-inflammatoire ne sera pas répétée en cas d'échec).
L'orthopédie (orthèse correctrice) n'est indiquée que si l'on est en présence d'un valgus calcanéen.
L'analyse de la pratique, du geste dansé est un élément précieux pour comprendre le mécanisme éventuel en cause lorsqu'il s'agit d'une technopathie. La correction des troubles causaux lorsqu'ils existent est nécessaire.
Un programme d'étirement spécifique sera proposé aux danseurs dans la mesure où il n'y a pas de cause organique du syndrome du canal tarsien.

La chirurgie peut devenir nécessaire lors de l’échec du traitement médical. Le danseur devra consulter un service spécialisé pour le pied et le membre inférieur et si possible un chirurgien ayant une expérience de la danse et des danseurs.
Les étirements et de renforcement devront se poursuivre afin d'éviter d'autres dommages même après la rémission symptomatique au moins durant un mois ou deux.

Rédacteur Docteur Arcier André, président fondateur de Médecine des arts®
Médecine des arts® est une marque déposée. Copyright Médecine des arts©

Bibliographie

[1] Tennant JN, Rungprai C, Phisitkul P. Bilateral anterior tarsal tunnel syndrome variant secondary to extensor hallucis brevis muscle hypertrophy in a ballet dancer: a case report. Foot Ankle Surg. 2014 Dec;20(4)
[2] O. Fantino, J.-Y. Coillard, J. Borne, B. Bordet. Échographie du tunnel tarsien : aspect normal et pathologique Volume 92,  n° 12 décembre 2011 Journal de radiologie


 

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