Qi Gong pour les musiciens, chanteurs, danseurs, circassiens

Quels sont les bénéfices sur la santé de la pratique du Qi Gong ?

Quels sont les bénéfices sur la santé et le bien-être de la pratique du Qi Gong ?


Difficile de parler de Qi Gong sans évoquer le domaine de la santé… et se rendre compte illico qu’il est difficile d’en parler ! Le Qi Gong est-il thérapeutique ? En ce cas que soigne-t-il ? Comment soigne-t-il ? Répondre à ces questions déborderait du cadre et des objectifs de ce court état des lieux. Quelques pistes de réflexion, tout de même :

  •   La grande majorité des Qi Gong, en France, se présente comme des pratiques de santé, et non comme des actes de soins. Cela évite d’avoir des ennuis avec les différentes instances encadrant le geste médical dans notre pays. Un enseignant n’est pas un thérapeute. Il lui en manque la formation, le diplôme et, normalement, l’intention et la vocation. Le bon sens rejoignant ainsi la législation voudrait que l’éducateur éduque et que le soignant soigne !
  •   Un certain nombre d’études (dont la validité demanderait à être passée au crible, comme devrait l’être tout compte rendu d’expérience !) prétendent avoir établi un lien entre Qi Gong et amélioration, voire guérison, de certaines affections. Face à ces suppositions et affirmations, il convient d’être à la fois critique et ouvert. Un grand nombre de sites, de revues et de livres traitent de ce sujet en donnant une liste plus ou moins longue de maladies traitées ou améliorées par le Qi Gong. Pour le pratiquant, l’essentiel reste encore de ressentir un mieux-être durable suivant l’adage suivant : « Mieux vaut être empiriquement mieux que rationnellement plus mal ! ».
  •   Si le professeur de Qi Gong ne devrait pas se présenter en tant que thérapeute, il n’en reste pas moins que l’action ou l’interaction du même nom existe de manière assez imprévisible et ce, même en dehors de toute intention de soins. Dans le cas d’une pratique interactive, il s’agit donc d’un paramètre bien réel, bien que difficile à quantifier et à prévoir. Le rapport enseignant/enseigné est une de ces ruptures de niveaux capables de générer bien des effets surprenants au sein d’une pratique, sans que le « Qi » ait besoin d’être évoqué systématiquement. A moins que le terme de Qi englobe aussi ces circulations de désirs entre rôles, statuts, fonctions et autres projections et transferts ?
  •   Paradoxalement, le Qi Gong classique ne se présente pas comme une pratique médicale au sens commun. Cette discipline visait plutôt à réintégrer la personne dans un univers de lois, de sens, de mythes vécus, la resituant ainsi dans un espace et un temps sacré, celui des origines. Dans toutes les sociétés traditionnelles, la vertu thérapeutique par excellence est contenu dans l’évocation orale, imitative, théâtrale, corporelle de l’instant (atemporel) du surgissement des formes, des énergies différenciées ou, plus métaphysiquement, de l’ « être » (plus philosophiquement de l’« étant », plus théologiquement de l’« Etre » !)

Bref, le Qi Gong classique, comme le Yoga (voir Mircéa Eliade qui, malgré ses errements politiques fascisants, n’en reste pas moins un historien des religions à la pensée fertile ayant profondément marqué l’anthropologie) se souciait moins de guérir que de replonger dans ce qui, pour lui, était la source de la vertu (dans le sens d’efficacité), de l’équilibre, de l’harmonie, du sens et donc d’une certaine « vitalité/santé/plénitude/vacuité ». Nous citons, en illustration, le chercheur Coréen Kim Minh Ho (enseignant à l’université de Séoul, mais formé à la fac d’ethnologie de Bordeaux !) : « Nous remarquons que le processus de ces mouvements est similaire à un processus cosmogonique. Un pratiquant qui n’a pas commencé l’exécution d’un exercice ou enchaînement est assimilé à l’état de chaos originel. Pour qu’il soit prêt à cette pratique, il effectue des gestes analogues à la création atemporelle de l’univers. Dans ce sens, il révèle les étapes de mobilisation du « Qi », à travers sa propre personne, telles qu’elles ont préludé à la genèse des formes innombrables dans le temps et l’espace profane ». Evidemment, cette façon de voir les choses est assez différente de notre conception moderne est occidentale du Qi Gong. De la part d’une pratique fort ancienne et fort lointaine, l’étonnant serait qu’il en soit autrement !

  • Les Qi Gong médicaux associant un diagnostic, une pathologie correspondante et un traitement spécifique peuvent avoir leur valeur, mais sont de facture récente (années 1970 ?). Ils sont nés sous l’influence à la fois de la culture scientifique occidentale et de la restructuration chinoise moderne des théories en acupuncture. N’en déplaise aux Instituts de MTC (médecine traditionnelle chinoise), le Qi Gong ne se résume pas à une de leurs vagues options corporéistes enseignées au lance pierre, à droite au fond du couloir…
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