Prévention des troubles musculo-squelettiques chez les accordéonistes

Facteurs intrinsèques des TMS

Le métier de musicien exige un compromis permanent entre la tâche à réaliser (l’œuvre à interpréter) et le musicien lui-même, son état de santé, ses périodes de fatigue, ses expériences, son vécu, etc. La motivation les pousse trop souvent aux limites ou au-delà de leurs capacités physiques. Ils sont exposés à de nombreux facteurs de risque dont la combinaison constitue un risque important de lésion musculaire ou tendineuse.

Education et rééducation de l'accordéoniste

Selon Ph. Chamagne, la prévention chez les musiciens tend à une reprogrammation posturale et gestuelle. On recherche à la fois l’efficience du geste et l’ergonomie dans l’installation à l’instrument. La rééducation passe par 4 phases :

  • prise de conscience du corps et des mauvaises attitudes devant un miroir ;
  • détente des groupes musculaires antagonistes ;
  • re-musculation ;
  • rééducation du geste instrumental.

L’éducation physique de base peut être associée à des techniques complémentaires comme les approches de gestion posturale (technique Alexander, Feldenkrais, Mézières, etc.) ou les techniques d’étirement et de relaxation (technique Jacobson, training autogène, etc.).
Négliger la charge psychologique qui pèse sur les épaules des musiciens professionnels pour qui l’excellence dans le jeu conditionne les revenus financiers serait une erreur.

Le tableau ci-dessous présente les principaux facteurs de risque auxquels sont confrontés les musiciens :
 

Postures statiques et postures incommodes
Répétitivité des gestes
Force nécessaire au jeu
Mouvements extrêmes
Angulations articulaires excessives
Temps de travail
Insuffisance voire absence de récupération
Répertoire difficile ou inadapté
Changement d'instrument
Calendrier de représentations chargé
Stress, charge mentale élevée
Horaires atypiques (soirée, nuit, tournée)
Quête de performance

En réalité, c’est la combinaison de ces facteurs qui constitue un risque important de survenue de TMS.

On distingue deux sortes de facteurs de risques : les facteurs intrinsèques liés à l’individu et les facteurs extrinsèques associés à l’instrument et à l’environnement du musicien.

Facteurs intrinsèques et prévention

Le sexe, l’âge, la taille, les prédispositions génétiques, l’hyperlaxité ligamentaire, la préexistence de TMS ou de fractures, le défaut d’alignement font partie des facteurs intrinsèques non modifiables; le musicien peut par contre exercer son influence sur sa condition physique et par conséquent sur son poids, sa force, son tonus musculaire.

L’activité physique permet de régler en partie le problème de surcharge pondérale qui augmente les contraintes mécaniques sur le corps. Il a été démontré que la pratique d’une activité physique régulière est un facteur de protection contre les blessures et les lésions musculo-tendineuses. Face à la gestuelle anti-physiologique qu’impose l’accordéon de concert, il semble évident que l’instrumentiste doit se protéger. Ce travail passe par l’optimisation de la réalisation des mouvements, par un échauffement consciencieux avant toute pratique de l’instrument, mais aussi par des séances d’étirements après le travail instrumental pour aborder au mieux la phase de récupération du corps.

Selon les dernières recommandations de l’OMS, la pratique d’une activité physique régulière (marche ou vélo) « améliore la masse des muscles squelettiques, la force, la puissance et l’activation neuromusculaire intrinsèque ». Il convient donc de conseiller aux musiciens, professionnels et amateurs, d’avoir une activité physique régulière, qui permette de limiter le risque de survenue de TMS et d’améliorer les fonctions respiratoire et cardio-vasculaire. Les recommandations internationales suggèrent des sessions d’entraînement de 10 minutes par jour au moins.

Un échauffement musculaire sans instrument est recommandé pour ses effets bénéfiques :

  • sur la circulation sanguine (augmentation de la fréquence et du débit cardiaque, amélioration des débits sanguins dans les muscles et les tendons, augmentation de la pression artérielle) ;
  • sur la ventilation pulmonaire et le transport d’oxygène aux tissus ;
  • sur la contraction et le relâchement des couples musculaires agonistes-antagonistes (augmentation de la vitesse de contraction, amélioration de la coordination motrice) ;
  • sur le glissement des tendons dans leurs gaines et dans les poulies articulaires (augmentation du liquide synovial) ;
  • sur l’élasticité ligamentaire ;
  • sur l’élimination des toxines (lactates) ;
  • sur la préparation mentale du musicien par accélération de la conduction neuromusculaire (augmentation de la vitesse de réaction, de la vigilance, de la concentration, de la capacité d’apprentissage).

Un programme d’échauffement bien construit devrait inclure une mise en train (préparation des fonctions cardio-vasculaires et respiratoires), des exercices d’assouplissement actifs pour préparer les muscles et les articulations aux contraintes d’allongement liées à l’effort, pour finir par une mise en action dynamique (préparation des muscles directement impliqués et des coordinations intermusculaires, augmentation du débit sanguin local).

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