Orgue portatif

orgue portatif

 

Ancien instrument composé de quelques tuyaux et d’un soufflet que l’on portait suspendu au col, par une courroie. On voit encore les petits savoyards porter leurs épinettes.
Dictionnaire de musique, Léon et Marie Escudier, 1872

orgue portatif

Orgue portatif ou orgue de main, dont il est fait souvent mention dans la seconde moitié du moyen âge, soit dans les textes, soit dans les dessins et peintures, et qu’on retrouve dans beaucoup de circonstances de la vie sociale de cette époque.
On voit cet orgue apparaître en France, sur les monuments figurés, au dixième siècle. Sa figure est à peu de chose près toujours la même ; il se compose d’une boîte ou coffre, qui est le sommier supportant les tuyaux, d’un petit clavier et d’un soufflet. On jouait de la main droite et l’on soufflait de la main gauche, en tenant la caisse appuyée sur le bras gauche et contre la poitrine. Quelquefois il y a deux rangs de tuyaux disposés en échelle et de gros tuyaux aux extrémités qui peuvent être des façons de basse continue. Ces orgues, tantôt se portaient sur le bras, tantôt étaient pendues à l’aide d’une courroie, tantôt se mettaient sur les genoux, tantôt se soutenaient à l’aide d’un pied. Nous don
Il y a de ces orgues qui se faisaient remarquer par une grande richesse d’ornementation. On donnait parfois aux montants des formes symboliques, tours, clochers, flèches, église, etc. Une sainte Cécile de la Pinacothèque de Munich, attribuée à Wohlgemuth de Nuremberg (quinzième siècle), joue d’un orgue portatif dont les montants et la traverse sont enrichis de charmants motifs en style ogival.
Ces orgues de main étaient fort appréciées dans les fêtes de la vie civile. Le roman de la Rose en parle avec éloges. Il y avait encore dans le genre portatif des orgues d’une bien plus grande taille, mais que l’on pouvait néanmoins déplacer. Dans le journal de la dépense du roi Jean en Angleterre, il est question d’une petite somme à payer à deux valets qui portent des orgues de Herthfort à Londres.
Christine de Pisan nous apprend que pendant les repas de Charles V on jouait de l’orgue. Aux entrées des souverains dans les villes, on disposait aussi sur des estrades dans les carrefours, de petites orgues qui soutenaient et accompagnaient les chanteurs, et cet usage se perpétua jusqu’au seizième siècle. Froissart dit qu’à l’entrée de la reine Isabeau de Bavière à Paris, devant la chapelle Saint-Jacques, était dressé « un escherfaut faict et ordonné très richement…, le dict. escharfaut couvert de drap de haute lice et encourtiné à la manière d’une chambre ; et dedans cette chambre avaient hommes qui sonnaient une orgue moult doucement ».
On trouve encore ces orgues portatives sur les tréteaux des charlatans et dans l’orchestre (Orfeo de Monteverde, 1607) La musique, Colomb Casimir, 1878

 

Ancien instrument du Moyen Âge se portant à l’aide d’un courroie ou se posant sur un meuble. C’était, en réalité un petit orgue ou serinette, dont la soufflerie, au début, était mise en mouvement par la main gauche, tandis que la droite agissait sur les touches. Les premières orgues portatives n’avaient que cinq, six, sept notes ; l’imperfection de la soufflerie s’est prolongée jusqu’au XVIIIe siècle. C’est ce qui a fait demeurer leur facture si longtemps médiocre. On l’appelait positif lorsque cet orgue devait rester à une place fixe. De là est venu ce nom qui désigne la partie de la montre du grand orgue qui se trouve au milieu et derrière l’exécutant. On appela aussi l’orgue portatif Orgue de main. Viollet-le-Duc, ainsi que d’autres ne croyaient pas qu’on les ait employées dans les églises. J’ai décrit dans mon livre : La Musique en Lorraine, cet instrument qui existé sculpté en pierre, dans l’église Saint-Martin de Pont-à-Mousson ; ce qui prouve qu’on l’employait certainement au XIVe et au XVe siècles. C’est de l’Orient que le premier fut envoyé par l’empereur Constantin Copronyme, à Pépin-le-Bref, mais c’étaient des orgues positifs. En France, on les voit représentés sur les monuments, depuis le Xe siècle. L’orgue portatif s’employa jusqu’au XVIIIe siècle.
Dictionnaire des instruments de musique, Albert Jacquot 1886 


 

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