Les danseurs sont plus vulnérables aux problèmes de santé mentale que les musiciens

La flexibilité psychologique efficace pour réguler les émotions

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Les élèves danseurs classiques étaient plus susceptibles d'être d'accord avec les énoncés du questionnaire que les musiciens ou le groupe qui ne pratiquait aucune de ces formes d'art. Cette constatation concorde avec les recherches antérieures qui ont établi un lien entre la formation en danse classique et le perfectionnisme. Plus un danseur classique s'entraîne pendant des mois, plus sa rigidité psychologique tend à augmenter.

Les chercheurs ont souligné que les attributs de l’enseignement de la danse classique expliquent le degré de rigidité psychologique des élèves. Le ballet est associé à la discipline, au perfectionnisme et aux défis physiques. Les événements qui créent une perte de rang et de valeur déclenchent le désengagement et la mise à l’écart du danseur.

Comme dans certaines activités sportives de haut niveau, « la danse classique fait appel à la discipline et aux exigences physiques, à la compétitivité, aux attitudes très critiques et perfectionnistes des professeurs, à l'acceptation de la souffrance émotionnelle et physique... ». Cela peut inciter les élèves à se couper des émotions négatives dans le moment présent, à éviter de ressentir ses émotions négatives. Ce processus de répression de la pensée et des émotions fait que les peurs peuvent s’accumuler, et, en fin de compte se transformer en une anxiété grave.

Les danseurs classiques appliquent le plus souvent des normes irréalistes pour eux-mêmes, et constatent ensuite qu’elles sont inatteignables, ce qui a tendance à mettre à mal la confiance en eux et augmente la tension et les conflits. L'ambiance compassée et les rivalités au sein du corps de ballet sont sous-tendus aussi par la pression ressentie pour conserver un faible poids corporel et le risque de se retrouver avec un véritable trouble alimentaire. Les danseurs et danseuses classiques sont également plus susceptibles d'adopter des comportements boulimiques plus tard dans leur vie. La frustration vis-à-vis de l'image corporelle et les problèmes d'estime de soi sont responsables également du risque potentiel sur la santé mentale du danseur.

L’étude de cette équipe portugaise a confirmé qu’il existe un lien entre l'évitement expérientiel, ou le rejet des pensées, et le perfectionnisme inadapté ou l'autocritique nocive. Les chercheurs ont conclu que les professeurs de danse devraient être conscients de cette problématique. Comparativement aux étudiants en musique et à leurs pairs qui n’ont étudié aucune forme d’art, les danseurs avaient des niveaux plus élevés de rigidité psychologique et des représentations mentales liées à l’anxiété et aux symptômes dépressifs chez les adolescents.

Conseils aux parents

Les professeurs de danse doivent être conscients de ce problème et envisager « l'utilisation de différentes techniques cognitives et comportementales » qui encouragent les jeunes danseurs à ressentir leurs sentiments, qu'ils soient frustrants ou amusants, et à gérer leur ambition avec une approche plus saine.

L’étude suggère également que les parents d'élèves danseurs classiques doivent rester vigilants et encourager leur enfant à exprimer ses émotions au lieu de les réprimer. La pratique de la danse pour les plus jeunes peut être un facteur positif pour la santé et être générateur de bonnes habitudes sur le plan corporel et psychologique, mais réprimer ses émotions et sentiments n'en fait pas partie.

Indépendamment de cette étude, pour les enfants, adolescents, jeunes adultes qui se destinent à suivre un enseignement de haut niveau en musique, il est tout aussi important que les professeurs et les parents soient à l'écoute des enfants et de leurs émotions. Les aider à soutenir l'effort à consentir pour maîtriser leur pratique, les libérer de toute culpabilité à jouer pour le plaisir, à improviser, à s'amuser. Est-ce seulement en musique que "jouer" ne voudrait jamais dire aussi "s'amuser" ?

Les danseuses classiques sont plus vulnérables aux problèmes de santé mentale que les non danseurs. Les danseuses de ballet en particulier ont des niveaux élevés de rigidité psychologique en raison de la forte demande physique de cette pratique, ainsi que des difficultés inhérentes à l'image corporelle et du perfectionnisme associé au ballet.

Rédacteur. Docteur Arcier, président fondateur de Médecine des arts®
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Bibliographie

- Telmo Serrano, Helena Amaral Espírito-Santo. Music, ballet, mindfulness, and psychological inflexibility. February 8, 2017 Psychology of music
- Arcelus J., Witcomb G. L., Mitchell A. (2013). Prevalence of eating disorders amongst dancers: A systemic review and meta-analysis. European Eating Disorders Review, 22(2), 92–101.
- Bettle N., Bettle O., Neumärker U., Neumärker K. J. (2001). Body image and self-esteem in adolescent ballet dancers. Perceptual and Motor Skills, 93(1), 297–309.

 

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