La mort d'Andy Warhol, pas si banale

Mort d'Andy Warhol après une opération de la vésicule biliaire pas si banale

Andy Warhol

Andy Warhol est mort à 58 ans des suites d'une intervention banale de la vésicule biliaire.

Le caractère banal de cette intervention est le plus souvent repris dans les biographies d'Andy Warhol. Pour le Dr John Ryan l'intervention de la vésicule biliaire chez cet artiste plasticien ne devrait pas être considérée comme une opération de routine.
Tout au contraire, elle a conduit au décès d'Andy Warhol. Il s'agissait d'une intervention sérieuse chez un patient déficient sur le plan physique, une personne très malade et le décès d'Andy Warhol n'était pas comme les journaux de l'époque l'ont commenté une nouvelle surprenante.

Des antécédents fragilisants la santé d'Andy Warhol

Andy Warhol à l'hôpitalAndy Warhol avait des antécédents médicaux, traumatiques et toxiques qui faisait de lui un patient fragilisé et qui nécessitait une grande attention.
A l'âge de 8 ans, les médecins diagnostiquent une maladie rare chez le jeune Andy, identifiée sous le terme de chorée (Saint Vitus dance ou chorée de Sydenham). Maladie caractérisée par des mouvements involontaires, avec des troubles de la marche, une hypotonie et une faiblesse musculaire. Troubles qui étaientt également identifiés sous la forme d'un « rhumatisme fébrile » lié à une infection streptococcique. Avant l'avènement de l'antibiothérapie, ces infections pouvaient évoluer en chorée.
Andy Warhol présentait dans sa jeunesse des problèmes cutanés, une peau tachetée, symptôme que l'on retrouvait d'ailleurs dans ce type de chorée. Plus tard ces problèmes dermatologiques vont s'atténuer.
Warhol avait surtout des problèmes de toxicomanie, avec la prise d'anorexigènes pour perdre du poids, des amphétamines (Obetrol, Adderall); molécules utilisaient pour traiter le TDAH (Trouble Déficit de l'Attention / Hyperactivité) et qu'il prenait quotidiennement.
Ce n’était pas un grand consommateur de drogues, mais Warhol appréciait d’y toucher de temps à autre, surtout l’Obetrol. Son biographe Victor Bockris écrit : « Au début de l’année 1963, il obtint une ordonnance pour de l’Obetrol, un coupe-faim particulièrement génial qui provoquait d’agréables picotements au creux de l’estomac et un fabuleux sentiment de dilatation du temps sans les grincements de dents ou l’effroyable descente qu’occasionnaient la Dexedrine et les amphétamines en vogue dans les années 1960. »

En 1968, Warhol échappe de peu à la mort. Une militante féministe, « Valérie Solanas qui avait confié le manuscrit d'une pièce de théâtre à Warhol sans que ce dernier ne lui accorde une quelconque attention va lui vider le chargeur d'un pistolet alors que le plasticien est dans le hall de la Factory. »
La situation est éminemment critique ; il est considéré comme mort, le poumon, la rate, l'estomac, le foie et l'œsophage sont touchés. Warhol en gardera des séquelles toutes sa vie sur le plan de la déglutition et de l'alimentation et il sera obligé de porter un corset jusqu'à la fin de ses jours à cause d'une hernie post-chirurgicale et traumatique.

L'intervention de la vésicule biliaire fatale

La mort d'Andy warholLe Docteur J. Ryan a repris l'analyse du dossier médical d'Andy Warhol. Il souffrait depuis 15 ans de la vésicule biliaire avec des antécédents familiaux de ce trouble. Le père de Warhol avait eu une ablation de la vésicule biliaire (cholécystectomie) en 1928, l'année où naissait Andy Warhol.
Un mois avant son décès, Andy Warhol était déjà malade. Sa peur des hôpitaux a fait qu'il avait reculé cette échéance et pris des traitements afin de rester chez lui.
Puis, il s'est décidé à consulter le Docteur Bjorn Thorbjarnarson, chirurgien connu pour avoir opéré des célébrités. Warhol avait insisté pour ne pas se faire opérer et continuer à prendre des traitements tout en restant à la maison.
Mais le docteur Thorbjarnarson lui indique que l'intervention est nécessaire. L'artiste est hospitalisé à l'Hôpital de New York (désormais l'Hôpital Presbytérien de New York). Lors de l'intervention, le chirurgien est en présence d'une vésicule biliaire gangréneuse (cholécystite gangréneuse), signant une inflammation grave de la vésicule biliaire. Le chirurgien répare aussi la paroi du fait du problème herniaire.
Selon le rapport de l'hôpital, l'opération semblait s'être déroulée normalement. Warhol était dans sa chambre et avait même passé quelques appels téléphoniques ; une infirmière privée est venue vérifier son état de santé à 4 h du matin et son état était satisfaisant.
Mais deux heures plus tard, elle découvre Warhol cyanosé et il est inconscient et en arrêt cardio-respiratoire. La réanimation qui fait suite échoue.
Une autopsie conclut à un décès lié à une fibrillation ventriculaire.
Le Docteur Stewart Redmond Walsh, professeur de chirurgie vasculaire en Irlande précise que les décès post-chirurgicaux ne sont pas si exceptionnels. Le docteur Ryan, selon le Surgical Risk Calculator, fixait le risque chirurgical de décès à 4,2 %.

Andy Warhol est déclaré mort à 6 h 31 le 22 février 1987, 12 heures après l'intervention de la vésiculaire biliaire, d'une intervention pas si banale.

Rédacteur Docteur Arcier pour Médecine des arts®
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