La méthode Feldenkrais pour un usage optimal de soi particulièrement adapté pour le musicien, le chanteur, le danseur

Conscience par le Mouvement

Feldenkrais revue médecine des arts

La conscience

« Prise de conscience par le mouvement », conscience de ce que l’on fait, conscience de « soi »... Qu’est-ce que cette bête-là ? Conscience de quoi, par le mouvement ? « Et bien oui, j’ai conscience que je transpire quand j’fais mon jogging trois fois par semaine de ce que je fais ? - j’suis pas encore à prendre mon micro pour un cône de glace à la vanille ... et puis j’sais que j’suis pas le voisin de palier ! »

De la corticalisation...

Dans les leçons de « PCM » (Prise de conscience par le mouvement), lors d’un geste demandé, il y a un premier temps de recueil d’informations sensorielles, d’informations relevant du sens kinesthésique. Comment est-ce-que je m’organise pour effectuer tel geste ? A ce stade, on décompose petit à petit des schémas automatisés - dans le simple but de les mettre en lumière.
Dans un deuxième temps il sera demandé différentes combinaisons des composantes du geste initial, par exemple s’il s’agit de lever le bras droit, de le faire en tournant la tête à droite puis en tournant la tête à gauche, puis en élargissant les côtes à droite, à gauche, en inspirant, en expirant... Les variantes sont presque à l’infini et seront proposées en fonction du thème prévu par le praticien et en fonction des réponses vues chez l’élève.
Dans ces deux étapes, une corticalisation a lieu : dans la première étape, elle revêt un caractère « afférent » alors que dans la deuxième étape elle revêt un caractère plutôt « efférent » (tout en conservant l’aspect « afférent » pour assurer un feed-back continu lors du mouvement) ; d’abord je sens ce que je fais, ensuite je dirige, de différentes manières, ce que je fais, tout en continuant à garder une « oreille » intérieure ouverte sur les sensations provoquées par ces nouvelles combinaisons de mouvements.
 La « prise de conscience » sera facilitée par :
- la lenteur des mouvements,
- le parti pris de faire, au début, des mouvements de très petite amplitude,
- l’aspect inhabituel des combinaisons de mouvements ou de parties du corps impliqués en même temps.

... à l ‘automatisation

« L’activité musculaire est d’autant plus économique qu’elle est automatique »[7].
Il n’est évidemment pas pensable de vivre ne serait-ce que dix minutes à faire des gestes entièrement conscients jusque dans leur moindre détail. Le temps d’arriver de chez soi dans la fosse d’orchestre pour jouer, la symphonie serait terminée déjà ! En revanche, Moshe Feldenkrais prétendait qu’un automatisme créé par la répétition d’un geste ainsi corticalisé au préalable avait l’avantage de ne pas avoir la « fixité » des gestes nés du contexte culturel, par imitation, par « hasard »... Ainsi, tel schéma neuro-musculaire pourra être remplacé « au pied levé » par un autre mieux adapté à la situation. Ce n’est qu’après ce ré-apprentissage que le geste peut devenir « pur », affiné, donc économique, efficace, donc harmonieux. Un retour aux sources qui garantit une maturation. Tel Paul Klee qui peignait d’une façon apparemment enfantine et naïve mais qui n’y parvint qu’après de longues années de travail et d’épuration.

L’ « omniscience »

L’état idéal de l’« élève » est celui d’une conscience globale, faite de parties mais les dépassant. Tout sportif, danseur, musicien de haut niveau connaît cet état-là, une sorte d’« état de grâce ».
Nous citerons Heinrich von Kleist dans son petit essai sur le théâtre de marionnettes : « De la même manière que deux lignes se croisant d’un côté d’un point se recroisent de l’autre côté dudit point après passage par l’infini, ou alors telle l’image reflétée par un miroir concave réapparaît devant nous après son éloignement dans l’infini : de la même manière donc, que la prise de conscience a traversé en quelque sorte l’infini, la grâce revient ; de façon à ce que, en même temps, elle apparaisse dans la forme la plus pure dans tel corps humain, doté soit d’aucune conscience soit d’une conscience infinie, c’est-à-dire : soit dans une marionnette articulée, soit en Dieu. » [8, p.53].

 

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