Fracture de fatigue chez le danseur et la danseuse

Quelles sont les localisations les plus communes des fractures de fatigue chez le danseur/la danseuse ?

Ces fractures de fatigue ou de stress peuvent survenir sur des pièces osseuses variées.
Certaines sont classiques selon les activités et les contraintes mécaniques qui en dépendent.
Ainsi on décrit :

  • Au niveau du membre supérieur : Elles sont du fait d’une moindre contrainte moins fréquemment rencontrées dans les pratiques de la danse. On les rencontre à la clavicule, l’humérus, le radius, l’apophyse unciforme de l’os crochu. Il est à noter que la fracture de fatigue du pisiforme (petit os du carpe) a été décrite chez une pianiste (voir [4]). Certains types de danse, tels que la "Break dance" qui sollicite énormément les membres supérieurs et qui exige la répétition très fréquente du geste pour le rendre performant, sont générateurs de fractures de contrainte (fatigue ou stress). La fracture du cubitus a été décrite chez un jeune Break dancer.
  • Au niveau vertébral : Pour certains auteurs, les spondylolyses sont de véritables fracture de l’isthme vertébral, conséquence des contraintes excessives.
  • Au niveau costal : il s’agit d’une localisation peu fréquente. On les rencontre notamment dans les sports de lancer ou de soulèvement de poids ; le golf est également un grand pourvoyeur de ce type de fracture. Il faut rechercher une fracture de la 1re côte chez le danseur classique, en particulier lors d’une augmentation du travail de portés.
  • Des fractures au niveau du bassin : les fractures des branches ischio-pubiennes sont les plus fréquemment rencontrées dans les pratiques de course à pied. Les fractures de fatigue du sacrum et de l’aile iliaque sont plutôt rares.
  • Au niveau du fémur : il s’agit le plus souvent de fractures qui siègent au niveau du col fémoral.
  • Au niveau de la jambe :
    • Le péroné : les fractures du tiers inférieur du péroné (encore nommées « runner’s fractures), elles se rencontrent surtout chez le coureur qui a une pronation excessive.
    • Le tibia : les fractures du tiers moyen font souvent suite à une périostite tibiale antérieure négligée
  • Au niveau du pied
    • Le pied : On rencontre diverses localisations telles les métatarsiens et les sésamoïdes, ainsi que les autres os du pied tels que scaphoïde tarsien, le calcanéum et le tubercule postéro-externe de l’astragale, de l’os trigone, du cuboïde.
    • La fracture de fatigue des métatarsiens est la localisation la plus fréquemment retrouvée chez le danseur et la danseuse. Cette localisation recouvre 63 % des fractures chez la danseuse et c’est plus précisément le 2e métatarsien qui est le plus souvent touché. En position de pointes ou demi-pointes, l’axe de gravité passe justement au niveau du deuxième métatarsien, qui subit alors une pression maximale notamment lorsque le 2e métatarsien est plus grand que le premier. Lors d’une mauvaise réception d’un saut ou d’une pirouette, une douleur intense peut se révéler, avec une difficulté importante à la marche.
    • Le scaphoïde tarsien (naviculaire) : Son diagnostic n’est pas aisé ; on le rencontre notamment lors de pratiques qui sollicitent particulièrement cette structure anatomique, lors des sauts et de tractions du jambier postérieur (travail en pronation du pied).
    • Les sésamoïdes. Ces os situés dans une bande fibreuse sous la tête métatarsienne protègent entre autres l’articulation contre les chocs. Lors de l’hyperextension de l’articulation métatarso-phalangienne souvent en pronation, ils sont soumis à une pression verticale. Ces os sont impliqués non seulement dans les relevés sur pointes ou demi-pointes, mais aussi lors des propulsions et l’amortissement des sauts. Le sésamoïde interne est le plus souvent impliqué dans ce processus fracturaire.
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