Effets de la musique triste et de la musique joyeuse sur le cerveau, des conclusions étonnantes

La musique et ses capacités à réguler les émotions

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La musique est omniprésente dans les cultures humaines, principalement en raison de son pouvoir d’évoquer et de réguler les émotions. Bien que les neurosciences aient fourni au cours de ces dernières années de nombreuses informations sur la façon dont la musique triste ou joyeuse module des structures cérébrales impliquées dans les émotions, les effets de la musique triste ou joyeuse sur les cognitions restent insaisissables.

L’étude de Liila Taruffi et al. [1] explore l’influence de la musique triste et de la musique joyeuse sur l’errance mentale et ses mécanismes neuronaux sous-jacents. L’errance mentale est une forme de pensée auto-générée, qui consiste à surmonter les contraintes du « ici maintenant » en s’immergeant dans son propre courant de conscience. Plus simplement, c’est le phénomène qui survient lorsque vous écoutez un morceau de musique et que votre esprit n’est plus dans la musique et qu’il s’échappe du contexte pour finalement vous emporter à l’intérieur de vous-même, vos pensées errent.
C’est un phénomène naturel et cela explique pourquoi la musique mélancolique nous procure parfois un plaisir surprenant.

Les êtres humains passent beaucoup de temps à la rêverie, au vagabondage de la pensée, principalement sur des questions d’importance personnelle, de relations sociales, de souvenirs autobiographiques, de planification de l’avenir, de pensées existentielles.

L’errance de la pensée est associée à des effets positifs en facilitant la résolution créative de problème [2], en retardant la gratification [3], mais aussi à des effets négatifs tels que la perturbation de l’exécution des tâches, la distractibilité. L’errance mentale est soutenue par un ensemble de régions cérébrales actives pendant les phases de repos, appelées Réseau en mode par défaut [4][5] (DMN). Le DMN comprend plus notablement le cortex préfrontal médial, le cortex pariétal médial et le pré-cunéus, et le cortex pariétal latéral.

Malgré une recherche dense sur l’errance mentale et les émotions musicales [6][7] au cours de ces dernières années, on ne sait pas si la musique triste et/ou joyeuse peut moduler l’errance mentale.

L’étude de Liila Taruffi reposait sur trois expériences, deux dans lesquelles les participants décrivaient leur état mental immédiatement après avoir écouté un morceau de musique, et une troisième où le cerveau était analysé pendant l’écoute de la musique par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).

- Dans la première expérience 216 personnes (132 femmes) devaient écouter les yeux fermés de la musique précédemment choisie pour évoquer des émotions tristes ou des émotions joyeuses. Les morceaux de musique tristes incluaient Song for Bob de Nick Cave et Warren Ellis ; les morceaux joyeux incluaient la finale du quatuor à cordes de Haydn.

Immédiatement après l’écoute de la musique, on demandait à chaque participant : Où était votre attention juste avant que la musique s'arrête ? Les participants devaient répondre sur la base d’une échelle de 1 (complétement sur la musique) à 7 (complétement sur autre chose). La deuxième question était : Dans quelle mesure étiez-vous conscient de l’endroit où votre attention était centrée ? Dans la mesure où le participant répondait oui à cette question, on lui proposait de fournir des détails supplémentaires sur le contenu et la forme de leur pensée : « A quoi pensiez-vous juste avant l’arrêt de la musique ? ». Les mots les plus fréquemment utilisés par les participants pour décrire leurs pensées ont été analysés.

- La deuxième expérience était organisée de la même manière, mais les extraits joyeux et tristes étaient sélectionnés avec approximativement le même tempo afin d’annuler les différences sur les émotions qui auraient pu être en relation avec le tempo (rapide/lent).
Un questionnaire pour évaluer un ensemble de dimension phénoménologique complétait cette expérience, la valence, l’orientation temporelle (passée et futur), l’auto-réflexion, les aspects sociaux (personnes familières, inconnues), les mouvements, les sensations corporelles, les éléments liés à la musique. On demandait également aux participants si leurs pensées étaient basées sur des images (semblables à un film ou une peinture) ou sur des mots (semblables à un dialogue, un livre, la radio) pour évaluer la forme de l’activité mentale.

- Enfin lors de la troisième expérience 24 participants en bonne santé écoutaient une musique triste et joyeuse avec le même tempo et les yeux fermés alors qu’ils subissaient une IRMf cérébrale. Juste après chaque exposition à des musiques, le participant devait fournir des informations sur la valence des émotions, l’intensité, la caractérisation triste/joyeux, son état émotionnel pendant l’écoute de la musique.

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