Avaleurs de sabre, une technique et ses risques

Une technique experte pour éviter les risques

Les techniques d’apprentissage décrites visaient à « désensibiliser » la gorge de la présence de corps étranger avec des moyens divers tel que des cuillères, pinceaux, aiguilles. Afin de faciliter la manœuvre, ils enduisaient la lame de salive ou de beurre.
Afin de ne pas provoquer de lésions sérieuses, la lame doit dans son parcours éviter de nombreux organes vitaux. Dans son fourreau oesophagien, la lame doit passer à proximité de gros vaisseaux, l’aorte, mais aussi le cœur, les poumons.

Avaleur de sabre, la technique

Sur le plan technique, l’épée doit s’aligner exactement avec le sphincter oesophagien supérieur, la tête renversée vers l’arrière, le cou en hyperextension. L’avaleur de sabre doit déplacer sa langue afin de la protéger. Une des difficultés vient des réflexes qui permettent de manière involontaire d’éviter d’avaler des corps étrangers. Des terminaisons nerveuses dans l’arrière gorge permettent de détecter et d’empêcher de manière réflexe d’avaler un corps étranger inopportun. Aussi, le pratiquant doit avoir la capacité de décontracter les muscles de cette zone, en évitant les réflexes de reflux.

Avaleur de sabre (Huizinga)

Le cardia se situe en moyenne à 40 cm des dents ; au-delà le progrès de la lame de l’épée dépend des capacités du pratiquant, de la détente obtenue mais aussi de la forme de l’estomac (plus ou moins vertical ou horizontal). Il est mentionné qu’un « géant de 220 cm » avait avalé un sabre de 82,5 cm de long. Mais les auteurs de cette étude n’ont pas trouvé de corrélation entre la longueur de l’épée et la taille de l’individu, suggérant l’importance de l’intervention d’autres facteurs.
Sur le plan médico-chirurgical, les avaleurs de sabre signalaient de manière commune avoir souffert de mal de gorge, des douleurs à la partie inférieure du thorax. Seize sur 46 avaient souffert de saignement intestinal et trois avaient dû subir une intervention chirurgicale pour des blessures au niveau du cou, ainsi qu’un autre au niveau de la gorge et du pharynx et un autre encore au niveau de l’œsophage. Un pneumothorax a également été signalé.
Les accidents les plus graves sont survenus lors de l’utilisation d’épées multiples, ou inhabituelles ou en cas d’erreur technique. Il n’a été noté aucun accident mortel ces dernières années.

Acrobate de cirque

Ces techniques sont en usage depuis des centaines années dans certaines contrées, en Inde, mais aussi en Chine et au Japon, mais également en Europe au moyen âge dans des spectacles et théâtres de rue. Lors de l’Exposition Colombienne Mondiale à Chicago en 1893, une exposition représentait toutes sortes d’épées et d’objets tranchants utilisés à cette intention.

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