A ma soeur, 12 décembre 1769

12 décembre 1769

Carissima Sorella Mia

Nous sommes, grâce à Dieu, très heureusement arrivée à Wirgel. Pour dire la vérité, je dois ajouter aussi que c’est bien gai de voyager et qu’il ne fait pas du tout froid, qu’il fait chaud dans notre carrosse que dans une chambre. Comment va le mal de gorge ? Ce Monsieur, notre scie, est-il venu le jour même de notre départ ? Si tu vois M. de Schiedenhofen [1], dis-lui que je chante sans cesse « Tralaliera, tralaliera ! » et qu’il n’est plus nécessaire de mettre du sucre dans la soupe maintenant que je ne suis plus à Salzbourg. – A Lover, nous avons dîné et couché chez M. de Helmreich, qui en est le préfet. Sa femme est une bonne dame ; c’est la sœur de M. Moll. J’ai faim, j’ai grande envie de manger. Porte-toi bien. Adieu.

P.-S. Mes compliments à tous mes bons amis, à M. Hagenauer (le marchand), à sa femme, à ses fils et à ses filles, à Mme Rosa et à son mari, à MM. Adigasser [2] et Spitzeder [3]. Demande pour moi à M. Hornung [4] s’il ne lui est pas arrivé encore une fois de croire que c’est moi qui étais au lit, au lieu de toi ?

[1]. Joachim Ferdinand de Schiedenhofen, plus tard conseiller (1747-1823)
[2]. Organiste de la cathédrale de Salzbourg
[3]. Ténor, qui venait de chanter le rôle de Don Polidori dans l’opéra de Mozart : La Finta semplice.
[4]. Basse, qui avait chanté le rôle de Don Cassandro dans le même ouvrage.

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