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Syndrome de surmenage chez les jeunes musiciens (TMS). L’épidémiologie.


Syndrome de surmenage chez les jeunes musiciens (TMS). L’épidémiologie.

De rares études épidémiologiques menées chez les étudiants de musique

De nombreuses études ont été menées sur les « overuse syndromes » chez les musiciens d’orchestre symphonique ; par contre les pathologies similaires chez les sujets jeunes, les étudiants, n’ont été que rarement analysées. Un travail qui date de quelques années a été mené par un des pionniers australiens de la prise en charge médico-chirurgicale du musicien. A la période de cette enquête, il existait 8 orchestres symphoniques professionnels permanents et 8 orchestres symphoniques professionnels temporaires. Dans ces orchestres, la prévalence des overuse syndromes douloureux chez les musiciens étaient de plus de 50 %.

Les syndromes de surmenage font partie des troubles musculo-squelettiques

Les instrumentistes de la famille des bois, les plus touchés

Cette étude a été menée au sein des écoles de musique supérieures en Australie. Il en existait à cette période 13, dont 11 dépendaient d’universités. L’étude a été menée auprès de 562 musiciens. Les étudiants ont pu être interrogés et examinés. Les résultats concernant les 5 sections de ces écoles montrent que les instruments de la famille des bois sont les plus touchés chez les jeunes musiciens : on retrouve un syndrome de surmenage chez 13 % d’entre eux. Par contre, on ne trouve que 7 % d’étudiants en musique affectés dans la famille des cuivres.

Étude sur les overuse syndromes chez les étudiants en musique
Section musicaleétudiants (masculins)étudiants (féminins)Overuse syndrome (masculinsOveruse syndrome (féminins)Total
clavier14126863036
instrument à vent (bois)98178122436
cordes167182131528
instruments à vent (cuivres)104426410
percussions5217336
Total5626874076116

L’occurence des overuse syndromes chez les musiciens étudiants est de 9,3 %

Les sites anatomiques les plus touchés par un overuse syndrome

Plus de la moitié des étudiants de musique affectés d’un overuse syndrome présente des douleurs au niveau de la main et du poignet. Les douleurs proviennent des muscles intrinsèques de la main affectée et des ligaments articulaires, notamment ceux de l’articulation carpo-métacarpienne du pouce (premier doigt), le côté radial du poignet, et quelquefois des ligaments collatéraux des articulations métacarpo-phalangienne et interphalangienne proximale. Les autres groupes musculaires plus proximaux montrent une sensibilité douloureuse chez environ 1/3 des étudiants, et près de ¼ des étudiants musiciens présentent des douleurs cervicales au moins de niveau 1. Les overuse syndrome peuvent affecter les lèvres et les muscles de l’embouchure et du palais mais n’ont pas été analysés dans ce travail.

Sites douleureux chez les musiciens avec un overuse syndrome
site anatomiquenombre de patients
main et poignet63
bras (dans son ensemble)40
rachis23

Une durée des overuse syndromes parfois supérieure à une année

Plus de la moitié des étudiants en musique a eu ces symptômes sur une durée supérieure à 12 mois. Ce qui représente un temps relativement long et qui peut retentir sur l’évolution du musicien si celui-ci ne prend pas des mesures rapides et précoces pour prendre en charge ce trouble.

Durée des symptômes chez les 116 musiciens qui ont un overuse syndrome
durée de la maladienombre de patients
0 - 4 semaines11
1 - 6 mois36
7 - 12 mois19
1 à 2 ans25
2 à 5 ans18
au delà de 5 ans7
Total116

Un des enjeux de Médecine des Arts® est d’améliorer le dépistage précoce des problèmes musculo-squelettiques du jeune musicien et d’améliorer leur prise en charge. C’est une des raisons pour lesquelles nous démultiplions l’information dans les écoles de musique, conservatoires, etc. ainsi qu’à l’intention des thérapeutes. Une formation (diplôme "Médecine des Arts-Musique") plus complète a été mise en place pour les musiciens, pédagogues et les thérapeutes pour améliorer le dépistage, la prise en charge et la prévention qui est tout de même la clé de ce problème.

La sévérité des overuse syndromes

La sévérité des troubles est habituellement classée sur une échelle à 5 niveaux.

- niveau 1 : douleur lors du jeu sur un site unique. Cette douleur survient habituellement plutôt occasionnellement et la douleur cesse lorsque le musicien arrête sa pratique.

- Niveau 2 : douleur lors du jeu sur plusieurs sites anatomiques. Parfois diminution du contrôle de la coordination. Présence de signes physiques mineurs. Absence de retentissement pour les autres utilisations de la main.

- Niveau 3 : Douleurs persistantes même à distance du jeu instrumental ; l’utilisation de la main dans d’autres circonstances entraine désormais la douleur. Éventuellement perte de coordination ou de force, perte de la performance liée à la diminution de l’agilité et de la vitesse, perte du contrôle (perte de la précision, maladresse). Présence de signes physiques avec sensibilité et douleur persistante du membre supérieur. Diminution des performances pour les étudiants, difficultés pour les musiciens d’orchestres ou concertistes en cas de charges de travail importantes.

- Niveau 4 : Douleur persistant au repos. La douleur est présente pour la plupart des utilisations de la main (écrire, conduire, activités ménagères, habillage, coiffure), mais ces activités sont maintenues tant que la douleur est supportée. Habituellement diminution de fonction musculaire (diminution de la précision, perte de contrôle). Signes physiques prononcées au niveau des muscles et des ligaments.

- Niveau 5 : On retrouve les signes du niveau 4, avec une sévérité accrue. Perte de capacité d’utilisation de la main du fait de la sévérité de la douleur handicapante et diminution accrue du contrôle.

Médecine des Arts d’après classification de Fry

Globalement les femmes sont 3 fois plus touchées que les hommes.

Les étudiants de genre féminin sont surreprésentés dans tous les niveaux de sévérité.

Sévérité des overuse syndromes chez les 116 étudiants de musique touchés
niveau de sévéritégenre masculingenre fémininTotal
1151025
2102232
372128
461723
5268
Totals4076116

La prévention nécessaire

L’ensemble de ces chiffres montrent l’importance de ces troubles chez les étudiants en musique : importance du nombre de personnes touchées et des conséquences sur la pratique du fait de la durée de ces troubles. La prévention doit tenir le premier rôle et il y a là tout un champ à développer. Grâce à notre organisation, les personnes que nous avons formées en France comme à l’étranger relaient sur le terrain nos informations afin que de nouveaux comportements soient mis en place au sein des lieux de formation des élèves de musique en Europe. Grâce à notre organisation, accompagnée par de nombreux enseignants de conservatoires et de musiciens professionnels, de thérapeutes formés (formation "Médecine des Arts®"), l’information délivrée sur le terrain fait l’objet d’un consensus, d’une fiabilité qui sont nécessaires pour préserver la santé des plus jeunes musiciens.


Rédacteur Docteur Arcieur, fondateur de Médecine des Arts®


- En savoir plus

- note rapide d’après, Fry H.J.H, Prévalence of overuse (injury syndrome in Australian music schools), British J of Industrial Medecine, 1987 ; 44 : 35 - 40.
- revue Médecine des Arts N°47
- Prévention des pathologies des musiciens


Médecine des Arts a mis en place des programmes de formation spécifiques pour former des préventeurs qui puissent prendre en charge la mise en place de ces stratégies préventives.


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