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Stress chez les artistes (musicien, chanteur, danseurs)

« Quatre personnes sur dix déclarent être stressées (Saad 2001). Le concept du stress est difficile à appréhender. Les gens utilisent parfois le même terme de stress pour désigner »les causes les problèmes : Tel artiste subissait de nombreux stress (travail la nuit, devant un public, à l’extérieur même lorsqu’il fait froid), d’autres fois pour décrire les réactions subies : tel artiste devant le jury a ressenti un stress profond. Causes et conséquences sont confondues dans ce concept ambigu.
Qu’est ce que c’est ?
Pour de nombreux auteurs, il s’agit d’une réponse physiologique de l’organisme dont le but est l’adaptation du sujet à la situation à laquelle il est confronté. Au-delà d’un certain seuil, cette réponse peut devenir pathologique et entraîner des perturbations ou/et des maladies.
Quel est l’origine de ce mot ?
Ce terme a pour origine le mot latin stringere, qui signifie serrer et qui a donné le terme du vieux fran estress. Il deviendra un mot d’usage courant en Angleterre dès le XVII siècle pour signifier, les ennuis, les souffrances puis son sens va évoluer pour prendre les sens actuel ambiguë.
Quels sont les modèles théoriques qui sous-tendent ?
Plusieurs milliers de publications nouvelles chaque année viennent apporter leur contribution à la compréhension du stress. 4 modèles explicatifs et compréhensifs peuvent être distingué. Le modèle historique stimulus réponse de SELYE, le modèle, l’approche transactionnelle de LAZARUS, l’approche causaliste (de KARASEK et SIGRIEST), l’approche psycho dynamique de DEJOURS
Quel est le mécanisme ?
De nombreux systèmes biologiques sont activés au cours de la réaction de stress. Cette activation est à l’origine des symptômes perçus par le patient et éventuellement impliquée dans les processus de somatisation. Deux grands systèmes hormonaux sont mis en jeu dans la réaction de stress : le système sympathique et médullosurrénalien, à l’origine de la réaction d’urgence ou d’alarme décrite par Walter Cannon, et le système hypothalamo-cortico-surrénalien, à l’origine du syndrome général d’adaptation décrit par Hans Selye. Le stress s’organise autour de deux réponses physiologique de l’organisme, la première est une réaction d’alarme quasi instantanée lorsque le sujet subit un stress Aigue ou sub aigue, parfois lors de la première phase d’un stress chronique, la seconde est plus lente, et correspond à un stress chronique ou répétée
Le stress
Cette réaction prépare le corps et l’esprit à l’action, il s’agit initialement d’une réaction de survie. Devant une situation menaçant le corps est programmé pour réagir dans le sens de la survie, décrite par Cannon sous l’expression « fight or flight » (fuir ou combattre). Il s’agit principalement d’un mode d’action qui se fait principalement par un circuit nerveux, ce qui explique la rapidité du processus. L’alarme est déclenchée par une petite structure située dans le cerveau émotionnel nommé amygdale, mise en alerte par un changement du milieu extérieur (environnement) ou intérieur (maladies, traumatismes etc., celle-ci déclenche quasi simultanément une réaction en chaîne à partir d’une petite glande situé à la base du cerveau, l’hypothalamus qui à son tour va stimulé le système nerveux périphérique, le système sympathique. Ce système innerve l’ensemble des organes, et notamment la médullosurrénale et entraîne la libération dans le système vasculaire de l’adrénaline (la bouffée d’adrénaline) et la noradrénaline.
Le stress chronique
A partir à nouveau du système limbique, l’hypothalamus va sécréter une hormone qui va agir sur la corticosurrénale et qui va à son tour sécrétés des hormones corticostéroïdes (« cortisone »). Il s’agit d’une action qui se fait par voie vasculaire ce qui explique la lenteur du processus. (schémas annexes)
Quels sont les effets du stress
Les signes aigus du stress se développent dans 4 domaines
Signes Aigus
Physiques : c’est le cœur et la respiration qui s’accélère, les muscles qui se contractent, la pupille qui se dilate, etc..
Comportementaux : recherche d’évitement de la situation, tendance agressive, agitation, onychophagie, tics, rituels etc.
Cognitifs (ce sont les pensées) : pensées négatives, pensées égocentrées, focalisation de la pensée sur les signes de danger
Emotionnel : énervement, anxiété, terreur, colère
Chronique : A ces signes aigus vont se substituer peu à peu de la fatigue, des troubles du sommeil, de l’anxiété chronique, diminution de l’immunité, des troubles musculosquelettiques
Les conséquences à très long terme
Le risque notamment pour les personnes qui ont un véritable trouble de l’adaptation : anxiété généralisée, dépression
Induction de maladie somatique : ulcères, fibromyalgie, est situé comme facteurs favorisants des recto-colite ulcéro-hémorragique.
Déficit immunitaire qui pourrait être un cofacteur de nombreuses maladies dont les cancers.
Quels en sont les causes ?
La recherche des facteurs stressants est un temps difficile de la prise en charge et de la résolution du stress. Le stress occupationnel, qu’il soit professionnel ou scolaire est une part importante des causes de stress, ce n’est néanmoins qu’une partie, les stress familiaux, conjugaux, scolaires arrivent le plus souvent en tête des facteurs causaux du stress, même si le stress au travail fait le plus souvent l’actualité des média.
Le stress au travail
De nombreux paramètres interviennent
Paramètres généraux
Nature de la fonction
Responsabilité ;
Charge de travail
Objectifs à atteindre
Relations avec le manager
Avenir professionnel
Stress personnel
La liste des évènements de vie pouvant être stressant est longue
Les pertes : divorce, deuil, exil
Les maladies
Les agressions
L’isolement social
Même si ne sont cités ici que les évènements négatifs, il faut savoir que les évènements positifs peuvent être stressants, un mariage, un gain (loto)
Stress social
les problèmes de conflit, de guerre,
les difficultés économique,
l’accélération du temps …
Stratégie pour gérer le stress
Agir sur la réaction physiologique
Les réponses au stress sont souvent inadaptées, ou gênantes et parfois inutiles.
La première étape est l’apprentissage d’une méthode relaxante. La réponse « relaxante » apprise pourra s’opposer aux signes d’excitation provoquée par la stimulation sympathique. De nombreuses méthodes existent, l’essentiel est d’opter pour celle que l’on pourra reproduire quotidiennement, maîtriser avec aisance. A partir de cette méthode maîtrisée, des mini exercices seront réalisés afin de pouvoir sous des formes adaptés obtenir cette réponse à la demande et rapidement (techniques respiratoires par exemple).
Agir sur les éléments causaux
La réalité s’impose à nous, pour autant, de nombreuses solutions existent pour mieux s’ajuster à ces situations : réévaluer ces objectifs, réévaluer les conséquences des résultats de ces actions, identifier les facteurs sur lesquels on peut jouer, les personnes aidantes. Ce donner des objectifs gradués rationnels. Apprendre les techniques de résolution de problème. Apprendre à ne pas éviter les situations de son quotidien, mais à les affronter si nécessaire en se faisant aider.
Agir sur la réaction comportementale
(voir principes sur l’habituation)
s’entraîner est le maître mot. Apprendre à déployer des stratégies comportementales avec des exercices progressifs pour faire face aux petits tracas quotidiens. Développer des programmes plus précis pour des stress plus difficiles à gérer. L’entraînement à la résolution de problèmes, aux habiletés de communication, la gestion du temps s’avèrent toujours utile.
Agir sur les modes de pensées
Nos pensées ne sont que la partie émergée, visible de nos raisonnements, de nos croyances. Les techniques de repérage des pensées inadaptés ou néfastes au traitement d’une situation seront apprises. Ensuite la gestion s’orientera sur des exercices pratiques de recherche de nouvelles alternatives de pensées tout aussi crédibles, mais pertinentes aux situations à affronter.
Agir sur les schémas mentaux
Nos pensées,nos conduites sont conditionnés par l’activation de schémas mentaux. Ces schémas construits par les multiples interactions avec notre environnement parental, puis scolaire, sociétal amènent parfois des modes de pensées trop rigides, ou négatifs. L’action de gestion sera de repérer ces schémas puis d’exercer avec méthode notre esprit pour les rendre plus plastiques, plus malléable aux différentes situations que nous rencontrons.
Agir sur le self
Le soi, ce que nous sommes, effectivement nous sommes nous-mêmes à la source de notre manière de penser le monde et notre environnement. Renforcer par des exercices notre vision de nous-mêmes, notre amour de nous-mêmes et notre confiance en soi sera à même de développer notre estime de soi, et ainsi de renforcer notre capacité de faire face au stress.
Agir sur les facteurs causaux
De manière générale, une activité est reconnue d’autant plus stressante que les exigences, les difficultés (quantitatives ou qualitatives) sont importantes et que l’autonomie, les marges de manœuvre face à ce stress sont étroites. D’autres part le soutien social de la part des pairs ou des responsables (manager, enseignant etc…) joue un rôle régulateur et le déficit de soutien social est un cofacteur du stress
Agir sur les systèmes organisationnels
Psychodynamique ; agir collectivement sur les organisation : association, groupes d’amis. Définir de manière précise les objectifs retenus et réalistes, se donner les moyens de ses actions de manière tout aussi rationnel.
qu’en est-t-il des artistes ?
Les pratiques artistiques sont très exigentes et les professions auxquelles elles mènent sont particulièrement stressantes. En dehors de quelques niches d’emploi stables, la très grande majorité des artistes sont des intermittents du spectacle quand ce système fonctionne, puisqu’il n’existe pas pour toutes les pratiques (arts plastiques par exemple). Ce système est hyperlibéral, la salarié fonctionne "à la journée" ou pour des contrats de travail très aléatoires ou les règles minimales du travail sont appliqués. Par ailleurs les artistes sont confrontés à de nombreux stress professionnel dont celui de la confrontation avec le public. Le turn-over dans certaines pratiques est très important, dans la danse contemporaine par exemple, les arts du cirque. La très haute spécialisation fonctionnelle de ces pratiques fait que le moindre aléas de santé peut engager toute la destinée professionnelle.
Musiciens, danseurs, chanteurs, circassiens, plasticiens, toutes ces professions ont d’une part des stress commun, mais chacune de ces pratiques artistiques qui y sont liés et même au sein de chacune d’elle ont des stress spécifiques, si par exemple musiciens et chanteurs partagent le stress en relation avec l’anxiété de la performance, le stress lié à la fonction vocale et plus encore dans l’art lyrique et toute à fait particulier.
De nombreux effort devraient être menés pour que le stress de l’artiste soit mieux pris en compte autant du côté des employeurs, mais peut-être plus encore des pouvoirs public qui ont une responsabilité particulière dans ces professions ou la notion d’employeur est en général tout à fait effacé, dans l’artiste vit une succession de contrat, sans continuité alors que la prévention ne peut se concevoir que dans la durée.
Rédacteur Docteur Arcier, fondateur de Médecine des arts®
En savoir plus :
revue Médecine des Arts, numéro spécial sur le stress
Voix et trac : stress, anxiété de performance, article de la revue Médecine des Arts
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