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Sophrologie pour les musiciens, chanteurs, danseurs …

Qu’est-ce que c’est ?
C’est un ensemble de méthodes dont le but est d’étudier et de développer la conscience en harmonie (du grec : sos : l’harmonie, phren : la conscience, logos : l’étude).
On distingue communément les Relaxations Dynamiques, exercices respiratoires et corporels en mouvement, et les sophronisations, techniques statiques qui se pratiquent assis. Lors des sophronisations, le sophrologue guide les personnes avec sa voix. Il les amène dans un état de relaxation entre veille et sommeil, puis il active une technique spécifique (visualisation, concentration…) en fonction de l’objectif de la séance.
L’entraînement repose sur l’observation sans jugement des phénomènes (ressentis corporels, imagerie mentale…) qui se produisent pendant la séance. Il vise à l’autonomie de la personne.
Quelle est son origine ?
La sophrologie a été créée en 1960 par le médecin neuropsychiatre Alfonso Caycedo, dans le service de neuropsychiatrie de l’hôpital de Madrid où il exerçait, en réaction aux techniques utilisées en psychiatrie à l’époque. Pour élaborer la sophrologie, Alfonso Caycedo s’est inspiré des approches occidentales (hypnose, relaxation, phénoménologie…) et orientales (yoga, bouddhisme, zen…). Son objectif était de proposer une méthode facilement utilisable dans la vie quotidienne. Ainsi la sophrologie se pratique dans les vêtements de tous les jours, assis ou debout. Au bout de quelques séances, il n’est même plus nécessaire d’être dans le calme pour s’entraîner et on y arrive même très bien dans les transports en commun.
Quels en sont les grands principes ?
3 grands principes fondent la sophrologie :
Le principe d’intégration du schéma corporel :
La sophrologie exerce le mental à acquérir une perception claire du corps et à mieux le situer dans l’espace. Au fil des entraînements, on apprend à écouter son corps, à se le représenter tel qu’il est, et à l’habiter. Cette connaissance renforce le sentiment de confiance en soi et de sécurité intérieure.
Le principe d’action positive.
Les expériences désagréables marquent l’esprit qui mémorise de se méfier des situations similaires. Lorsqu’elles se reproduisent, une sensation de peur apparaît pour nous alerter du danger. Déstabilisés par la panique, le corps et l’esprit perdent leurs moyens, et, de nouveau, la situation se passe mal.
Pour sortir de se schéma répétitif, la sophrologie travaille à remplacer ces souvenirs de vécus difficiles par des contenus positifs.
Il ne s’agit pas de « positiver » béatement tout ce qui se présente, mais de s’autoriser à envisager que certaines situations potentiellement difficiles puissent se dérouler favorablement.
Bien entendu il n’est pas question de s’imaginer faire quelque chose que, dans la réalité, nous sommes incapables de réaliser. Cela nous amène au 3ème grand principe :
le principe de réalité objective.
Pour la personne qui suit les séances de sophrologie, ce principe signifie se fixer des objectifs atteignables et développer plus de réalisme dans sa vie et ses projets. Pour le sophrologue, il s’agit d’être conscient de ses propres états de conscience et de respecter ses limites.
Qu’est-ce que l’on ressent lors de la pratique ?
L’entraînement sophrologique apporte détente musculaire, sentiment de lâcher prise et apaisement mental. Une écoute fine du corps se met en place et, avec elle, une meilleure conscience corporelle. La sophrologie amène de la sérénité dans les représentations mentales, qu’elles concernent le passé, le présent ou le futur.
Quels sont les bénéfices, les effets que l’on peut en attendre en général ?
La sophrologie permet à la fois de travailler sur des problématiques précises (gestion du stress, troubles du sommeil, préparation à un événement…) et de développer les potentiels (créativité, concentration, confiance en soi, estime de soi…). Dans tous les cas, sa pratique apporte un apaisement du corps et de l’esprit.
Quels sont les bénéfices pour les artistes ?
La pratique de la sophrologie favorise l’intuition et la créativité. Elle installe une meilleure connaissance du schéma corporel et de l’espace scénique. La méthode s’avère particulièrement efficace pour la gestion du trac et la préparation à la scène. L’artiste apprend à vivre plus sereinement les auditions, spectacles et concerts. Son discours intérieur se calme, l’émergence de pensées parasites diminue. Le corps et le mental en harmonie sont uniquement présents à ce qu’ils font. Seules les tensions nécessaires à la performance artistique sont conservées. Les émotions sont réinjectées dans la dynamique artistique de création.
Y a-t-il des exercices particuliers à conseiller ?
A titre d’exemple on peut recommander l’exercice de déplacement du négatif, qui peut se pratiquer très facilement et permet d’éliminer rapidement les tensions corporelles et mentales. On commence par souffler, puis on inspire et on effectue - en rétention d’air - une tension sur une partie du corps, jusqu’à la limite de la résistance confortable. On expulse alors l’air, les préoccupations et les tensions, dans un grand sentiment de libération. On termine par un temps de récupération, avant d’enchaîner sur une autre partie du corps. L’artiste favorisera la pratique de l’exercice sur les zones de son corps les plus sensibles au trac, ou les plus sollicitées par sa discipline artistique.
Le travail avec les artistes porte souvent sur la gestion du trac. On peut en décrire ainsi les grandes lignes : lors des premières séances, le sophrologue installe des « ressources » : images, gestes et respirations que l’artiste pourra réutiliser en cas de trac. L’apprentissage se poursuit avec la technique de Sophro Acceptation Progressive, dans laquelle, étape par étape, l’artiste apprend à se visualiser en pleine possession de ses moyens pendant l’événement redouté. Le cerveau se trouve ainsi « déconditionné » de ses réflexes négatifs.
Ce type d’exercice peut se pratiquer en situation ; par exemple, un musicien pourra s’entraîner avec son instrument.
A quel âge peut-on la commencer ? Et jusqu’à quel âge ?
La pratique peut débuter dès l’âge de 4 ans et sans limite d’âge.
Quel est le rythme à adopter pour la pratique ?
Une fois par semaine est un bon rythme. On distingue les cours collectifs (déjà très utiles pour partir à la découverte de son schéma corporel et pour le développement personnel) et les séances individuelles, dans lesquelles on peut travailler sur une problématique particulière. De manière générale, 5 à 10 séances individuelles sont nécessaires pour intégrer la méthode et obtenir les résultats souhaités. La puissance de la technique réside dans la répétition. Certains sophrologues enregistrent les séances et il est ainsi possible de s’entraîner entre 2 rendez-vous, ce qui est fortement conseillé.
Y a t-il des précautions à prendre ? Générales, selon l’âge, selon la pratique, y a-t-il des contre-indications, des réserves ?
La sophrologie est une méthode très douce, il n’y a donc pas de précautions particulières à prendre pour la pratiquer. Les principales entraves à son apprentissage sont l’absence de motivation et les difficultés d’audition, les techniques étant guidées par la voix. Dans le cas de troubles physiques dus au stress, il est nécessaire d’avoir consulté un médecin avant de prendre rendez-vous avec un sophrologue.
La réserve est de s’entraîner régulièrement car c’est la pratique régulière qui conditionne l’efficacité de la technique.
Rédacteur Cécile Vilatte, Sophrologue.
cvilatte@yahoo.fr
En savoir plus :
Sophrologie pour les musiciens, François Joliat, collection alexitère, 1999.
Le trac, les stratégies pour le maîtriser, Docteur Arcier André, collection alexitère, 2005.
Revue Médecine des Arts. Numéro spécial sophrologie, Alexander, Fendenkrais, homéopathie, acupuncture etc.
Illustrations :
par ordre de présentation :
1. illustration extraite de l’ouvrage la sophrologie du musicien (harpiste)
2. illustration extraite de l’ouvrage de Chéné, la sophrologie (sujet debout)
3. illustration extraite de l’ouvrage de Chéné, la sophrologie (sujet assis)
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