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Laryngocèle, trouble du sommeil chez un tromboniste
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par daniel z., 22 septembre 2008 10:25
laryngocèle du tromboniste ?
Bonjour. Je souffre depuis deux ans de troubles du sommeil s’apparentant à des sautes de respiration pendant la première phase du sommeil. Ces sursauts me laissent en general en pleine forme, sauf état d’épuisement, et peuvent se répéter de multiples fois dans la nuit, même en état d’épuisement, m’empêchant de m’endormir jusqu’au matin parfois. Il se trouve qu’après avoir exploré plusieurs pistes (dont un test d’apné du sommeil) pour chercher les causes de ce problème, j’ai fini par remarquer une corrélation certaine entre la pratique intensive du trombone (qui est mon activité professionnelle, que je pratique à un haut niveau) et l’apparition de ces soucis.
Après quelques recherches sur internet j’ai découvert qu’il existait une pathologie, le "laryngocèle", qui je cite "est le plus souvent une pathologie survenant à la suite de la pratique intensive du trombone", et qui se traduit par des "dyspnées", dont certaines descriptions correspondent à mon phénomène. J’ai également observé depuis environ deux ans que j’ai le nez bouché quasiment toutes les nuits, et j’ai eu de nombreux problèmes aux cervicales (depuis trois ans) dus à la pratique de mon instrument, ce qui m’a renvoyé directement à un article du docteur Rattin :
"Une laryngocèle géante peut entraîner une obstruction aiguë des voies aériennes supérieures. Cliniquement, les symptômes d’appel incluent une masse cervicale latérale, la toux, la dysphagie et la dyspnée. ? (par ailleurs, j’ai depuis longtemps une tendance à tousser presque toute l’année).
Voici tout ce que j’ai tenté pour règler ces différents problèmes :
1- Pour les troubles du sommeil (non résolus) :
test d’apné du sommeil (négatif)
arrêt du café
arrêt de la piscine
regime draconien prescript par mon osthéopathe / nutritionniste, proscrivant tous les aliments qui fragilisent le nerf pneumogastrique ( par exemple le pain, le chou, les lentilles, les boissons gazeuses, et beaucoup d’autres)
homéopathie : grindelia robusta, hyos cyamusnyger, euphytose
exposition à une forte lumière dès le réveil (conseil donné dans un centre du sommeil).
lexomil ou donormyl ; ces médicaments arrivent à m’assomer suffisament pour passer cette première phase critique de l’endormissement, mais ils me fatiguent beaucoup et depuis que j’ai arrête, les sursauts ont repris de plus belle.Il est à noter que lorsque j’arrête le trombone pendant plusieurs jours, les problèmes ne se sont jamais produits ; j’ai également l’impression qu’ils surviennent beaucoup plus après des journées où j’ai joué trop longtemps sans pause, ou bien après des concerts/répétitions où j’ai dû beaucoup jouer dans le registre aigü, ce qui m’oblige à exercer une pression beaucoup plus forte sur l’instrument, qui en demande par nature beaucoup. .
2- Pour le nez bouché (partiellement résolu sous traitement seulement) :
-xyzall, aerius.
3- Pour les maux de cervicales, rejaillissant sous forme de douleurs à la mandibule lors de la pratique instrumentale (résolues mais revenant régulièrement) :
séances de khiné, ou d’osthéopathie si la douleur se fait plus intense, très efficaces.
Échauffement plus long, avec des exercices de gymnastique (étirements).
Mettre beaucoup plus de pression avec le bras, et moins avec le cou, sur l’embouchure.
Lors de l’échauffement ou des moments difficiles, jeu avec le pied droit sur un marchepied (efficace) ou assis le buste en arrière grâce à un dossier adéquat.Par avance, merci de votre contribution.
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par Docteur ARCIER, 24 septembre 2008 21:47
Laryngocèle, trouble du sommeil chez un tromboniste
Le laryngocèle est une dilatation anormale de l’appendice ventricule ou sacculus, prolongement antero-supérieur du ventricule de Morgani. Ce ventricule est une cavité en forme de navette située au niveau du larynx entre la bande ventriculaire et la corde vocale.
On trouve dans la littérature médicale l’existence de laryngocèles congénitales, mais l’hyperpression siégeant à l’étage vestibulaire du larynx est une des causes principales de la laryngocèle. On a décrit ce trouble pour un ensemble d’activités mettant en jeu une hyperpression à ce niveau, on peut le retrouver d’ailleurs chez les tousseurs chroniques, les souffleurs de verre et chez les instrumentistes à vent (le basson, le hautbois, les cors, les trompettes etc.)
Ce phénomène chez les instrumentistes à vent a été bien décrit, dans une étude déjà ancienne ; l’auteur de cette enquête retrouvait une laryngocèle chez 56% des membres de plusieurs fanfares. A noter que sur cette étude les tomographies révélaient le phénomène lors d’hyperpression laryngée, seulement quand l’examen est réalisé glotte ouverte.
D’autres études sont venues conforter ce premier travail sur ce sujet concernant les instrumentistes à vent(1). Les laryngocèles des instrumentistes peuvent être mises en évidence par les techniques radiologiques (scanner) ; l’examen sera effectué au cours d’épreuves d’hyperpression laryngée. Les symptômes les plus fréquents sont la gêne laryngée, la sensation de corps étranger.
On peut noter que de manière fréquente et habituelle, il existe pour certaines familles d’instrument à vent, le hautbois notamment, non pas des laryngocèles mais des pharyngocèles que le scanner pourra mettre en évidence, mais qui se remarquent par la présence « d’un gros cou lors du jeu ». On note également une plus grande fréquence de ronfleurs chez les instrumentistes qui jouent avec des instruments qui entraînent des pressions buccales très élevées.
Afin d’éliminer la présence d’une laryngocèle ou d’une pharyngocèle, vous devriez vous rapprocher de votre médecin traitant, et éventuellement d’un pneumologue, ou d’un ORL afin de compléter les examens que vous avez déjà réalisés. Vous pouvez également voir un neurologue, ou un médecin spécialisé en médecine interne (pour ce que vous appelez « les sursauts nocturnes ») qui voudront bien prendre le temps de faire une synthèse des différents troubles que vous présentez. Car il est utile de faire le point sur l’ensemble des symptômes que vous ressentez, voir en quoi certains sont dépendants ou indépendants (en relation), établir des diagnostic différentiels avant d’écarter certaines pathologies et enfin définir une stratégie thérapeutique selon les diagnostics qui auront été retenus, ou/et écartés (de la synthèse de votre dossier sur ce point).
En vous souhaitant un prompt rétablissement.
1. Une excellente étude a été présentée dans la n°19 de la revue Médecine des Arts. Physiologie respiratoire du joueur de hautbois.
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par CEUGNIET François, 25 septembre 2008 18:13
Laryngocèle, trouble du sommeil chez un tromboniste
Si je peux me permettre de prendre la suite du Dr Arcier : 1/ Les sensations que vous décrivez à l’endormissement sont probablement secondaires à la brusque chute du tonus musculaire qui accompagne cette phase ; celle-ci entraine un affaissement des parois (déficientes) du larynx, et une obstruction passive partielle,rapidement régressive au réveil. 2/ L’utilisation de sédatifs ou d’hypnotiques pour améliorer votre sommeil est déconseillée et illusoire car ils diminuent le contrôle cérébral du tonus musculaire et risquent donc d’aggraver le problème à la longue. 3/ L’existence d’apnées du sommeil semble avoir été éliminée mais le problème mécanique pourrait "peut être" être amélioré par le port d’une orthèse d’avancée mandibulaire durant le sommeil. Ce nom barbare correspond à une gouttière en matière plastique non traumatisante,posée sur l’arcade dentaire, faite sur mesure, et qui permet, en avançant légèrement le maxillaire inférieur, d’augmenter le diamètre du pharyngo-larynx. Ce serait à voir avec un médecin O.R.L. spécialiste du sommeil et de ces orthèses, d’autant plus qu’il semble bien que le port de cette orthèse augmente, durant le sommeil du patient, le réflexe d’augmentation du diamètre laryngé. 4/ Vous décrivez très bien le rôle de la fatigue musculaire dans le déficit mécanique péri-laryngé ; une organisation des périodes de travail segmentée dans la journée permettrait probablement une diminution significative de la symptomatologie. Dr François CEUGNIET Pneumologue, médecin du sportForums » Santé du musicien » Laryngocèle, trouble du sommeil chez un tromboniste -
par Nicolas Boulay, 8 février 18:24
Double laryngocèle interne
Je suis trompettiste professionnel de jazz. Un ORL vient de me diagnostiquer un laryngocèle double (des deux côtés) d’un diamètre de 3 et 6 mm. En lisant l’intervention du Dr Arcier je me suis rendu compte que j’ai probablement aussi un pharyungocèle puisque mon cou gonfle énormément quand j’ai à jouer avec intensité ou à un registre sur-aigu. Toutefois il est surprenant pour moi que l’enflure de mon cou lors du jeu soit une pathologie car j’ai été entraîné à relaxer les muscles de mon cou dès le début de mon apprentissage de la trompette. Ceci a mené à une capacité de dilatation énorme de mon cou quand je joue. Je me demande donc si cette condition a pu mener au récent diagnostic de laryngocèle interne double. Mon symptôme principal était seulement un inconfort lors de la déglutition.
La solution envisagée par le médecin est d’attendre 6 mois pour voir la progression des laryngocèles (aussi pour prévoir ma convalescence) et d’éventuellement et inévitablement d’opérer en fesant une marsupialisation de la glande (je ne suis pas certain du nom exact de la procédure).
Est-il possible que ma condition ne change pas et que je puisse vivre avec ou l’intervention est-elle nécessaire ?
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