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Pneumothorax spontané chez un instrumentiste à vent

Question
André M. est musicien professionnel, il pratique un instrument à vent à anche. Il a présenté dernièrement un pneumothorax. Lors de son hospitalisation, un draînage thoracique (pleurotomie) a été effectué. L’examen de sortie deux jours plus tard était strictement normal. Lors de son séjour hospitalier, les médecins ont évoqué la possibilité d’intervenir éventuellement chirurgicalement. Qu’en est-il de l’intérêt et des inconvénients de cette intervention chez un instrumentiste à vent à anche ?
Réponse
Pneumothorax spontané(anglais spontaneous pneumothorax). Le pneumothorax spontané est lié à l’ouverture d’une lésion parenchymateuse sous-pleurale, survenant en dehors de tout traumatisme ou de toute manÅ“uvre instrumentale (termes pris dans un sens médico-chirurgical, pas musical). Il s’agit d’un pneumothorax survenant sur des poumons considérés comme étant antérieurement sains. L’incidence du pneumothorax spontané est de 8 à 18 cas pour 100000 par an chez les hommes et de 2 à 6 cas par an pour les femmes.
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Le problème le plus gênant induit par le pneumothorax est le risque de récidive. Le pneumothorax est la conséquence de la rupture d’une petite bulle située dans le tissu pulmonaire, à proximité de la plèvre. Nous en avons tous quelques-unes mais tant qu’elles sont dans la profondeur du poumon, cela ne pose aucune difficulté. On ne peut pas prédire ni si ni quand une bulle peut se rompre. Par contre, la pratique régulière de l’instrument à vent crée un risque de récidive à cause de la surpression intrathoracique induite par le jeu. Ce risque est d’autant plus important que la pression générée est plus forte ; ce risque est donc plus important pour le jeu du cor ou de la trompette (d’où la description princeps du "pneumothorax du conscrit" qui joue du clairon).
L’opération dont on vous a parlé consiste à introduire dans la cavité pleurale une "poudre" légèrement irritante pour la plèvre qui va provoquer un accolement des deux feuillets et empêcher ainsi la récidive du pneumothorax.
C’est une intervention que l’on peut qualifier de bénigne mais tout acte médical comporte un risque, aussi faible soit-il. La décision doit être prise en tenant compte de tout. Pratiquer une symphyse (accolement) pleurale peut se décider après un premier pneumothorax si celui-ci a été violent ou si le scanner prouve l’existence de bulles sous-pleurales suffisantes pour affirmer le risque de récidive, ou si, comme pour vous, la pratique professionnelle provoque un risque.
Les conséquences fonctionnelles de cette opération sont discrètes, surtout si l’activité physique (modérée mais régulière) est maintenue dans les suites de l’acte chirurgical.
La présence d’une cicatrice, même fine, entourant le poumon est une sécurité pour limiter le risque de récidive de pneumothorax. C’est aussi une limitation aux mouvements normaux d’ampliation du thorax. Il est donc normal de prévoir une légère diminution des volumes disponibles (-5 à 10 %) mais cette diminution n’est pas certaine et trop faible pour entraîner une gêne respiratoire ou même professionnelle dans le cadre de la pratique de l’instrument de musique. D’où l’intérêt d’avoir une activité physique régulière de type endurance modérée pour obliger le thorax à avoir une mobilisation idéale limitant les conséquences des cicatrices (marche soutenue, natation, vélo…)
Le pneumothorax spontané1. Plèvre cervicale ; 2. Cavité pleurale ; 3. Plèvre costale ; 4. Plèvre médiastinale ; 5. Poumon ; 6. Plèvre viscérale ; 7. Cavité pleurale ; 8. Plèvre viscérale ; 9. Poumon collabé après un pneumothorax ; 10. Plèvre pariétale ; 11. Médiastin |
Le pneumothorax spontané est un trouble anxiogène, le fait que le risque de récidive est difficile à fixer mais que ce risque est bien réel majore ce phénomène anxiogène. Des techniques relaxantes, méditatives, associées à l’activité physique sont de nature à mieux contrôler cette anxiété réactionnelle.
Il est à noter également que si ce trouble survient dans le cadre de l’activité professionnelle instrumentale (en jouant de son instrument), il est légitime de faire une déclaration d’accident de travail.
Rédacteur pour Médecine des arts®, Docteur François Ceugniet, pneumologue.
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