Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Santé » 

Anatomie » 

Os, le tissu osseux. Leçon 4. Anatomie artistique


Os, le tissu osseux. Leçon 4. Anatomie artistique

"L’étude des os est la base et le fondement de toute anatomie. Au point de vue des applications morphologiques qui deviennent ici notre principal objectif, son importance n’est pas moins considérable. Ce sont les os qui, par leur rigidité, donnent au corps ses proportions. Par la fixité de leurs saillies sous-cutanées, ils permettent les mensurations précises. Profondément situés, ils déterminent le plus souvent la forme générale de la région ; superficiellement placés, ils prennent une part directe au modelé de la forme extérieure. La configuration de leurs extrémités articulaires indique le sens et la limite des mouvements dont les articulations sont susceptibles. Enfin leurs rapports avec les muscles, qui tous s’y attachent par leurs extrémités, font de leur connaissance approfondie le prélude nécessaire et obligé de la myologie."

Une fois atteint l’âge adulte, l’homme possède 206 os, c’est-à-dire moins qu’à sa naissance ; ils forment la charpente du corps. Au cours de la croissance, quelques os, au départ distincts, se soudent. Toutefois chez certains individus, il se forme des os supplémentaires dans l’épaisseur des tendons, les os sésamoïdes. Le seul os sésamoïde que nous avons tous est la rotule, un petit os circulaire et aplati situé à la partie antérieure du genou.

Fonction du tissu osseux

Ce système squelettique remplit plusieurs fonctions :
- Il dimensionne le corps.
- Il soutient et protège les parties molles, la moelle épinière, le cerveau, les viscères par exemple.
- Il renferme la moelle rouge qui produit les globules rouges (hématopoïèse)
- Il joue un rôle dans le stockage de sels minéraux comme le calcium et le phosphore.
- Il est à la base de la mobilité du corps grâce aux articulations qui permettent aux muscles d’actionner les différents segments du squelette.

Trois méthodes de classification

Selon leur emplacement

On va distinguer les os situés sur un plan axial, dit le squelette axial. Les os axiaux sont les quatre-vingt os qui se répartissent le long de l’axe central, vertical du corps. Ils soutiennent et protègent la tête et le thorax et comprennent le crâne et la colonne vertébrale. Les os appendiculaires, au nombre de cent vingt six, sont ceux qui forment les membres, c’est-à-dire les épaules et les hanches, les bras et les jambes, les mains et les pieds, les doigts et les orteils.

Selon leurs fonctions

Ce système est composé de 6 unités fonctionnelles interdépendantes. Deux unités se regroupent pour former l’unité centrale.

Unité Centrale
Unité Axiale (rachis)
Unité Respiratoire (thorax)

Deux autres unités assurent la liaison de l’unité centrale avec l’unité de prise et l’unité porteuse.

Unité Centrale
Unité de liaison haute (ceinture scapulaire)Unité de liaison basse (ceinture pelvienne)
Unité de préhension (bras)Unité porteuse

Selon leur forme

Les os ont des formes variables qui dépendent de leur fonction et leur situation dans le corps.

Les os longs
Par exemple le fémur, l’humérus , le radius
Ils présentent une de leurs dimensions nettement plus grande que les deux autres. Ils présentent un corps ou diaphyse et deux extrémités ou épiphyses. Diaphyse et épiphyse sont reliées par une zone qui est le siège de la croissance : la métaphyse ou cartilage de croissance. Celui-ci ne s’ossifie complètement qu’à la fin de la croissance. La diaphyse se compose d’une enveloppe d’os compact, la corticale, enfermant de l’os spongieux.

Les os courts
Par exemple les os du carpe, les os du tarse, les phalanges de la main et du pied, et le calcanéum.
Ils ont leurs trois dimensions sensiblement égales. Ils sont composés d’un noyau d’os spongieux entouré d’une corticale d’os compact. Ils sont de forme vaguement cubique, on les trouve uniquement au niveau du poignet et de la cheville.

Les os plats
Comme l’omoplate, le sternum, les os du crâne, os coxal.
Ils ont une dimension nettement plus courte que les deux autres. Ils sont composés de deux couches d’os compact, les tables externe et interne, enfermant une couche d’os spongieux.

Les os irréguliers
Comme les vertèbres, le massif facial.
Il s’agit des os difficilement classables par leur forme. Ils ne sont ni longs, ni plats, leurs formes est souvent irrégulières et variables selon les cas.

Les os pneumatiques
Comme les os du crâne.
Ces os contiennent de l’air, ce qui explique leur dénomination.

Les os sésamoïdes
Comme la rotule, ou certains os de la main
Ils se développent dans l’épaisseur de tendons pour la rotule par exemple, ou bien sont de très petits os. Ils ont en général comme rôle de protéger les tendons de frottements excessifs et de modifier l’angle d’approche des tendons vers leurs insertions.

Relief osseux, surface osseuse
Les os sont comparés à des solides géométriques. On leur considère des faces, des angles et des bords. La configuration extérieure est rendue irrégulière par la présence de saillies, d’éminences, de dépressions, d’orifices et de cavité.

Ces surfaces et reliefs osseux peuvent être articulaires ou non articulaires.

- Les éminences et cavités articulaires sont les surfaces par lesquelles les os s’unissent. Leur forme varie avec le type d’articulation auquel elles appartiennent.

- "Les éminences non articulaires sont de formes très différentes, que traduisent les termes de tubérosité, tubercule, épine, crête ou ligne, suivant lesquels on les désigne. Elles ont une double origine.

  • Les unes sont uniquement déterminées par des insertions tendineuses ou ligamentaires. Leur existence donne, en effet, à la surface osseuse l’étendue nécessaire à l’insertion du tendon ou du ligament. Leur volume et leur étendue sont en rapport avec l’importance des tendons ou des ligaments qui s’insèrent sur elles.
  • d’autres éminences non articulaires sont formées par un point d’ossification particulier. On les rencontre surtout sur les épiphyses des os longs et aux angles des os plats. Elles sont également le siège de nombreuses insertions musculaires et ligamentaires.

- Les cavités non articulaires se divisent en trois catégories.

  • Les unes se développent de même que certaines apophyses, sous l’influence des insertions musculaires, et ont pour effet d’accroître, la surface d’attache du tendon.
  • D’autres, en forme d’échancrure, de trou, de canal, de gouttière, etc., livrent passage à des vaisseaux et à des nerfs.
  • Enfin, certaines cavités sont des diverticules des fosses nasales et de la caisse du tympan ; elles se développent dans les os voisins ; ce sont les cavités sinusiennes et mastoïdiennes (Rouvière).

Les saillies et éminences

Elles sont de formes et de dimensions très variables et pour cette raison sont diversement dénommées. Elles prennent l’aspect de lignes, de crêtes, de tubérosités, d’épines, d’apophyses, de tubercules, protubérances, rugosités, etc… Elles sont déterminées essentiellement par l’insertion des tendons sur l’os et par l’existence de surfaces articulaires avec les os voisins.

  • Les apophyses
    sont des saillies d’un certain volume situées à la surface des os, avec lesquels elles se continuent : apophyses coracoïde, olécrânienne, coronoïde, etc.
  • Les épiphyses
    sont également des saillies de l’os, mais elles en sont séparées par une couche de cartilage qui s’ossifie à une époque plus ou moins avancée ; elles ne diffèrent pas alors des apophyses.
  • Tubérosité
    saillie relativement large et arrondie (par exemple tubérosité ischiatique)
  • protubérances
    on appelle protubérances certaines saillies ordinairement moins développées que les apophyses ; ce sont des excroissances osseuses, par exemple protubérances occipitales interne et externe.
  • Tubercule
    petite éminence surélevée (par exemple le tubercule majeur de l’humérus)
  • Trochanter
    grosse saillie émoussée (par exemple le grand trochanter du fémur)
  • Condyle
    zone articulaire arrondie (par exemple le condyle latéral du fémur)
  • Epicondyle
    petite éminence sus-jacente à un condyle (par exemple l’épicondyle latéral de l’humérus)
  • Malléole
    protubérance arrondie, par exemple malléole latérale de la fibula
  • Epines
    ce sont des prolongements ordinairement minces ; on les décrit souvent sous le nom d’apophyses ;
  • Crêtes
    ce sont des lignes plus ou moins saillantes ;
  • Ligne
    aspérité rugueuse, ligne âpre du fémur par exemple, saillie qui forme le bord postérieur de cet os.
  • Rugosités
    des surfaces inégales, recouvertes d’aspérités, et sur lesquelles s’insèrent des muscles.

Les dépressions et les cavités
Ici encore, elles peuvent être articulaires (articulation avec un os voisin) ou non articulaires (déterminées par une insertion musculaire). Les premières tirent le plus souvent leur nom de la forme qu’elles présentent : cavités glénoïde et cotyloïde. Les secondes forment les fosses, les sinus, les gouttières, les rainures, etc.

- Exemple pour les cavités articulaires :
L’acétabulum au niveau de l’ox coxal ou la cavité glénoïde au niveau de la scapula.

- Pour les cavités non articulaires, on distingue encore :

    • cavité de réception comme la fosse cérébrale
    • cavité d’insertion comme la fosse supra-épineuse
    • cavité de passage comme les gouttières, sillons, incisures (voir ci-dessus)

On voit ainsi utilisés les termes suivants :

  • Fosse
    zone concave ou déprimée (par exemple les sillons artériels de la voûte du crâne)
  • Sillon
    dépression étroite et allongée (ou gouttière) à la surface d’une structure anatomique (par exemple sillons artériels de la voûte crânienne)
  • Incisure
    encoche ou dépression d’aspect relativement aigu (incisure scapulaire par exemple)
  • Echancrure
    partie échancrée d’un bord (par exemple l’échancrure sciatique)

Les trous
Ce sont des trous de passage destinés à la pénétration dans l’os des vaisseaux et nerfs nourriciers de celui-ci. On en observe quatre variétés, et on leur donne le nom d’orifices de premier, second, troisième et quatrième ordre.

  • Les orifices

Les orifices de premier ordre, assez larges, donnent accès à l’artère principale de l’os ; on les appelle trous nourriciers. Ces trous sont situés en avant pour les trois os longs du membre supérieur et se dirigent vers le coude ; en arrière, pour les trois os longs du membre inférieur, et ils s’éloignent du genou. A la main, les trous nourriciers sont situés sur la face palmaire des os et s’éloignent de l’articulation métacarpo-phalangienne ; ceux du pied, à la face plantaire, se comportent de même.
Les orifices de second ordre siègent aux extrémités des os longs, à la circonférence des os plats et à la surface des os courts ; ils sont traversés aussi par de petites artères.
Les orifices de troisième ordre se montrent sur le corps des os longs et sur la surface des os plats et des os courts ; ce sont de petits pertuis. Ces orifices, au nombre de 40 à 50 par centimètre carré, sont l’origine des canaux de Havers, qui s’enfoncent dans l’épaisseur de la substance osseuse. Les orifices de quatrième ordre, microscopique, innombrables, correspondent à des canalicules osseux qui viennent des ostéoplastes. Ces orifices ne contiennent pas de capillaires.

  • Foramen :
    mot latin signifiant trou, orifice au travers d’un os


Réalisation : Octavo