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Nus Académiques. Anatomie artistique


Nus Académiques. Anatomie artistique

Nus Académique, Une exposition à Bordeaux

Le musée de Bordeaux présente une centaine de dessins de nus issus de la collection de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. L’Académie royale des Beaux-arts de Paris a été fondée en 1648 par protection royale sous la régence d’Anne d’Autriche, dès sa création elle accueille des artistes dessinant à la fois d’après l’antique et le modèle vivant. Cette exposition témoigne de l’évolution de ces représentations depuis le XVII° siècle : Champaigne, Coypel, Lafosse, Mignard, Largillierre, Rigaud, Boucher, Natier, Van Loo, Brenet, Gros.

L’école des beaux-arts de Paris conserve des milliers de peintures, gravures et sculptures produites par ses élèves et ses maîtres au temps où elle était une école royale, fondée par Louis XIV, et installée au Louvre. Au début du XVIIe siècle, la peinture et la sculpture sont encore considérées comme des « arts mécaniques » et les artistes comme des artisans. Ceux-ci sont contrôlés par la Maîtrise de Saint-Luc. Créée dans le but de se libérer de sa mainmise, l’Académie royale de Peinture et de Sculpture est fondée en 1648 sous l’impulsion d’une douzaine d’artistes, dont Charles Le Brun ( Premier peintre du Roi), qui se placent immédiatement sous la protection de Louis XIV. Au risque de devenir ses courtisans. L’Académie leur donna, au contraire, une liberté de pensée. Il leur était plus facile de s’affranchir de l’influence lointaine d’un souverain que de la présence pesante des maîtres de corporation.

En 1655, Mazarin devient le protecteur de l’Académie qui prend alors le nom d’Académie royale de Peinture et de Sculpture. Elle acquiert une réelle importance lorsque que Colbert en est désigné vice-protecteur en 1663. La même année, Charles Le Brun en devient le directeur et est nommé chancelier à vie.

En 1666, Louis XIV, créé l’Académie de France à Rome. Cette institution reçoit les jeunes artistes ayant remporté le « grand prix Royal ou grand prix » (futur prix de Rome), prix le plus prestigieux, sanctionnant la fin des études.

Les jeunes artistes séjournent alors quatre années à l’Académie aux frais du roi pour parfaire leur formation reçue à Paris. A la suite de ce séjour et, au bout de trois ans, ils peuvent, dans un premier temps, demander à être agréé par l’Académie. Ils en deviennent ensuite membre une fois leur morceau de réception présenté et leur réception accordée. Seuls, les élèves ayant obtenu la maîtrise de l’antique, pouvaient travailler le modèle nu, suivant une attitude déterminée par le professeur. Malgré la continuité de l’enseignement académique, la perception et l’interprétation diffèrent sur les deux siècles : insistance sur le volume et la profondeur au XVIIe siècle, travail sur la précision anatomique et la ligne au siècle suivant.

L’Académie royale de Peinture et de Sculpture est fermée en 1793 et est remplacée en 1794 par l’Institut qui deviendra par la suite l’Académie des Beaux-Arts puis, l’Institut de France tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Antoine-Jean Gros - Homme debout frappant un taureau, octobre 1790

Charles de La Fosse - Oreste poursuivi par les furies, 1678.

François-André Vincent - Homme de face, 1772.

François Boucher - Homme couché sur son bras droit, 1735.

François-Guillaume Ménageot - Hercule au repos.

Jean-Baptiste de Champaigne - Homme portant une base de colonne et tenant une draperie, 1673.

Jean-Baptiste Isabey - Homme assis, février 1789.

Jean-Marc Nattier - Deux lutteurs.

Nicolas de Largillierre - Titan foudroyé, 1706.

Paul Barbier - Homme debout penché vers la gauche, 1782.

Nu masculin assis (étude pour le tableau de L’Enfer), Franz von Stuck.

Nus académiques

4 novembre 2010 – 31 janvier 2011
Galerie des beaux-arts
Dessins de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture.
De Mignard et Largillierre à Boucher et Gros (1664-1790)
Collection de l’E.N.S.B.A de Paris

Horaires
Exposition ouverte tous les jours de 11h à 18h,
sauf le mardi et les jours fériés.
Renseignements et réservations
Tél. : 05 56 10 25 25
Fax : 05 56 10 25 29

Académie royale de Peinture et de Sculpture

C’est à Lebrun, aux frères Testellin et à Juste d’Egmont qu’appartient l’initiative de cette fondation ; elle fut administrée à l’origine par douze artistes qui reçurent le titre d’ »Anciens ». L’École académique ayant été ouverte le jour même de la fondation de la nouvelle société (1er février 1648), les douze anciens acceptèrent de professer à tour de rôle, chacun pendant un mois. L’École offrait aux jeunes la faculté de dessiner d’après nature et leur assurait les leçons de maîtres tels que Lebrun, Errard, Bourdou, Sarrazin, Michel Corneille, Lesueur. Pendant l’Académie eut à lutter contre l’ancienne maîtrise des peintres et des sculpteurs, qui prit alors le nom d’Académie de Saint-Luc et se prévalait de son privilège d’interdire de peindre et de sculpter à ceux qui n’appartenaient pas à la corporation. Mais, en 1655, des lettres patentes accordent à la compagnie le droit de se nommer Académie royale et décrètent que ses membres seuls pourront être peintres ou sculpteurs du roi ou de la reine. Mazarin prend le titre de protecteur ; une pension de 1000 livres est accordée à l’Académie. En 1663, Colbert porte la pension à 4000 livres, et l’Académie obtient officiellement sa constitution définitive et la confirmation en bloc de tous ses privilèges. L’Académie s’installa d’abord au Louvre (1656-1661), puis au Palais-Royal (1661-1692), et enfin de nouveau au Louvre, et la galerie d’Apollon renferma les morceaux de réception des membres de l’Académie. En effet, jusqu’à la suppression de l’Académie, le 8 août 1893, on n’était pas nommé Académicien d’emblée ; un stage était imposé aux candidats. On était tout d’abord agréé, puis pour d’agréé passer académicien, il fallait exécuter une Å“uvre dont le sujet était indiqué par l’Académie et sur le vu de laquelle on était définitivement reçu membre de la compagnie. Après plusieurs essais, en 1667 s’ouvrit la première exposition que l’on considère comme la première Salon de peinture ; les expositions se continuèrent ainsi à des intervalles irréguliers jusqu’à la Révolution, mais elles ne comprenaient que des Å“uvres des membres de l’Académie. Les livrets ne commencèrent à être imprimés qu’à dater de 1673.


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