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Morphine de Boulgakov

Un spectacle d’après la nouvelle "Morphine" de Boulgakov
Morphine est une nouvelle littéraire parfaite, étayée par la double expérience du jeune médecin Boulgakov et ce dont il s’affranchit : son addiction à la morphine. Sur fond de révolution russe, la course vers la mort de son héros Poliakov crée chez le lecteur « beauté plus pitié » ce que Nabokov nommait la définition la plus proche de l’art. C’est de là que Bomgard, l’autre héros, le double, nous raconte et donne à voir la dépendance funeste du morphinomane.
L’entrecroisement des climats littéraires et l’avancée vers la mort pour Poliakov sont les deux axes du spectacle. La solitude, la révolution russe, le sommeil, les paradis artificiels, le surhomme, Hamlet, l’expérience scientifique sur soi, la condition des médecins au fin fond de la Russie du début du XXème siècle sont autant de thèmes qui traversent
et enrichissent Morphine. Les situations oniriques prennent le plus souvent l’apparence du féminin. Cette écriture clinique est composée de réalisme, de réalisme poétique, d’onirisme, et se pourrait bien être un manifeste scientifique avant l’heure, c’est sans doute la raison pour laquelle Bomgard décide de le publier…
Thierry Atlan
DU 14 AVRIL AU 12 JUIN 2010
DU MARDI AU SAMEDI
21H00 / DUREE ESTIMÉE DU SPECTACLE - 1H10
THÉÂTRE DE LA LUCERNE
L’oeuvre de Boulgakov
L’oeuvre de M. Boulgakov (1891-1940) a été longtemps méconnue en ex URSS à cause de la censure politique. Traduit en français depuis les années 60, avec Coeur de chien, Récits d’un jeune médecin, et surtout Le Maître et Marguerite, Boulgakov se situe dans la tradition des grands écrivains russes tels Gogol, Pouchkine, et Tchékhov (médecin et homme de théâtre
comme lui).
Inapte au service militaire, il est envoyé diriger un petit hôpital de campagne loin de Moscou (Récits d’un jeune médecin). Pendant ces deux années d’isolement, il apprend par les journaux toujours vieux d’une semaine les événements de la révolution d’octobre 1917. Boulgakov traverse cette époque en morphinomane. Il se désintoxique grâce Ã
l’aide de son épouse qui réduit peu à peu la concentration des doses injectées. En 1920, il abandonne irrévocablement la médecine pour la littérature. Quand il compose son récit Morphine dix ans après cette expérience toxique, Boulgakov a déjà une longue pratique d’écrivain. Bien qu’écrit en 1927, cette nouvelle relate des événements fictifs de 1917-18 mêlés à sa propre expérience de la morphine. Il vit alors de la rédaction d’articles et d’un petit travail au théâtre de Moscou obtenu par l’intermédiaire de Staline. Acculé par la censure, Boulgakov supplie Staline de le laisser créer librement ou d’émigrer…
Une occasion de lire ou relire l’oeuvre de Boulgakov
Romans
La Garde blanche - 1925 et 1927-1929(publié en URSS en 1966)
La Vie de monsieur Molière ou Le Roman de monsieur de Molière - achevé en 1933 (publié en URSS, de manière expurgée, en 1962, de manière intégrale en 1989)
Le Roman théâtral, également publié sous le titre : Les Mémoires d’un défunt - inachevé, rédigé en 1936-1937 (publié en URSS en 1965 et, en volume, en 1966)
Le Maître et Marguerite - dernières corrections du 13 février 1940 (publié en URSS, de manière intégrale, en 1973)
Nouvelles
Notes sur des manchettes - 1922-1924[68] (publié en URSS, de manière intégrale, en 1982)
La Bohème - janvier 1925 (réédition en URSS en 1986)
Endiablade - 1924 (réédition en URSS en 1987)
Les Œufs du destin, 1925 (réédition en URSS en 1988)
Cœur de chien - achevé en 1925 (publié en URSS en 1987)
Carnets d’un jeune médecin (publié en URSS en 1963), comprenant :
- La Gorge en acier - 15 août 1925,
- La Serviette au coq - 12 et 18 septembre 1926,
- Baptême de la version - 25 octobre et 2 novembre 1925,
- La Tourmente de neige - 18 et 25 janvier 1926,
- Ténèbres sur le pays d’Égypte - 20 et 27 juillet 1926,
- L’Éruption étoilée - 12 et 19 août 1926,
- L’Å’il votalisé - 2 et 12 octobre 1926.
Morphine - décembre 1927 (réédition en URSS, de manière intégrale, en 1988)
Articles de variété et récits parus dans la presse soviétique de 1919 à 1927, dont : - Les Aventures extraordinaires du docteur N. - mai 1922 (réédition en URSS en 1975)
- Une séance de spiritisme - juillet 1922 (réédition en URSS en 1985)
- Les Aventures de Tchitchikov - 24 septembre 1922 et en volume en 1925 (réédition en URSS en 1966)
- La Couronne rouge - 22 octobre 1922 (réédition en URSS en 1988)
- Le 13, immeuble Elpit-Commune ouvrière - décembre 1922 et en volume en 1925 (réédition en URSS en 1987)
- La Nuit du 2 au 3 - 10 décembre 1922 (réédition en URSS en 1988)
- Une histoire de Chinois - 6 mai 1923 et en volume en 1925 (réédition en URSS en 1987)
- Un psaume - 23 septembre 1923 et 1926 (réédition en URSS en 1988)
- Le Raid (Бег) - 25 décembre 1923 (réédition en URSS en 1988)
- Le Feu du khan Tougaï - février 1924 (réédition en URSS en 1974)
- L’ÃŽle pourpre - 20 avril 1924 (réédition en URSS en 1988)
- J’ai tué - 8 et 12 décembre 1926 (réédition en URSS en 1972)
Théâtre
Les Jours des Tourbine - 1926 (publié en URSS en 1955[70])
L’Appartement de Zoïka - deux versions : 1926 en quatre actes et 1935 en trois actes (publié en URSS en 1982)
L’ÃŽle pourpre - 1927 (publié en URSS en 1987)
La Fuite - 1928 (publié en URSS en 1962)
Adam et Eva - 1931 (publié en URSS en 1987)
Béatitude - 1934 (publié en URSS en 1966)
Alexandre Pouchkine - 1935 (publié en URSS en 1955)
Molière ou la Cabale des dévots - achevé en 1929 (publié en URSS en 1962)
Ivan Vassilievitch - 1935 (publié en URSS en 1965)
Batoum - achevé en 1939 (publié en URSS en 1988)
Livrets d’opéra
Minine et Pojarski, opéra en cinq actes et neuf tableaux, musique de Boris Assafiev, contrat le 21 juin 1936, abandonné en juin 1938
La Mer Noire, musique de Sergeï Pototski, contrat le 1er octobre 1936, abandonné en mars 1937
Pierre le Grand, musique de Boris Assafiev, commencé en juillet 1937, abandonné en janvier 1938
Rachel, musique de Dounaïevski, commencé en septembre 1938, inachevé en février 1940
(D’après Wilkipedia)
Mikhaïl Afanassievitch Boulgakov, né à Kiev (le 3 mai du calendrier julien), le 15 mai 1891, décédé à Moscou le 10 mars 1940 à l’âge de 49 ans, est un écrivain et médecin russe. A la fin de 1939, l’état de santé de Boulgakov, depuis longtemps des plus médiocres, s’aggrave. Le 11 septembre, il connaît une baisse inquiétante de la vue. Les spécialistes consultés confirment bientôt le diagnostic de néphro-angiosclérose, la maladie qui avait emporté son père.
Rédacteur Docteur Arcier André, Président fondateur de Médecine des arts®
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