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La santé des jeunes danseuses


La santé des jeunes danseuses

Ballerines et athlètes féminines partagent 4 risques spécifiques vis-à-vis de leur santé.

La pratique de la danse occasionne une forte dépense énergétique. Lorsque les danseuses, les ballerines ne mangent pas assez, ou qu’elles s’alimentent d’une manière déséquilibrée, l’alimentation est insuffisante ou inadaptée pour couvrir les dépenses énergétiques en relation avec leur pratique.

Comme chez les femmes athlètes, l’arrêt des menstruations marque chez les danseuses ce déséquilibre. Le docteur Hoch, du Medical College of Wisconsin, mis en évidence dans son programme de recherche que, dans cette situation de déséquilibre, à côté des risques connus d’ostéoporose et d’aménorrhée, les danseuses développaient un risque supplémentaire face aux maladies cardiovasculaires.

Vaisseaux artériels

Examen échographique d’une artère du bras.
Medical college of Wisconsin


Les ballerines professionnelles comme les jeunes athlètes féminines sont exposées à un quadruple risque :

Troubles alimentaires
Dysfonctionnement menstruel
Ostéoporose
Signes précoces de maladies cardiovasculaires

Prévalence des risques chez la ballerine

Le docteur Hoch au sein d’une équipe de chercheurs a entrepris une étude auprès d’une compagnie de ballet du Milwaukee afin de déterminer la prévalence des troubles alimentaires, de l’aménorrhée, de la densité osseuse ainsi que des troubles cardio-vasculaires chez les ballerines de ce corps de ballet.

Un autoquestionnaire (habitude alimentaire, cycle menstruel etc.) et des tests sanguins hormonaux, des échographies vasculaires étaient réalisés sur cet échantillon de 22 ballerines professionnelles. L’âge moyen des ballerines étaient de 23 ans et leur poids moyen étaient de 114 livres.

Le docteur Hoch et son équipe ont mis en évidence que 8 % des danseuses avaient au moins un trouble de cette tétrade et que l’on retrouvait les 4 éléments chez 14% de ces ballerines.

- 36 % du groupe avaient des troubles de l’alimentation
- 77 % étaient en déficit calorique.
- 27 % étaient aménorrhéiques
- 59 % avaient un déficit de calcium
- 45% avaient un déficit en fer
- 23 % présentaient une faible densité minérale osseuse (ce qui peut entraîner à terme une ostéoporose et des risque de fracture)
- 64 % des danseuses avaient des dysfonctions artérielles des vaisseaux sanguins mesurés par ultrasons (ce qui était, pour le Docteur Hoch, des signes sentinelles de risque d’artériosclérose).

Vaisseaux artériels

Image échographique de l’artère.
Medical college of Wisconsin


Le comportement alimentaire et le déficit en acide folique

La carence en acide folique est relativement fréquente chez les artistes qui suivent un régime hypocalorique ou qui ont un régime végétarien. Les réserves en acide folique sont faibles et s’épuisent en quelques mois de régime déséquilibré tel qu’on peut le voir chez les danseuses et danseurs qui désirent contrôler leur poids.

Des travaux complémentaires présentés précédemment à la Société Américaine de médecine du sport par les chercheurs du Medical College of Wisconsin, à Milwaukee ont mis en évidence que la supplémentation durant quatre à six semaines de forte dose d’acide folique était susceptible d’améliorer la fonction vasculaire chez des jeunes athlètes aménorrhéiques (absence de menstruation), ainsi que la performance physique.

Conseils pour les jeunes ballerines et jeunes athlètes féminines

Pour le Docteur Hoch la prévention passe d’abord par le fait d’être informé et conscient des composantes liées à une pratique physique intense, susceptibles d’entraîner : - un trouble de l’alimentation - des troubles mentruels - une osétoporose - un risque cardiovasculaire précoce

et ensuite par la mise en place d’un programme de prévention adapté.

Les danseuses dès leur formation doivent être instruites et bien informées sur les risques liés à leur pratique. Si on peut retrouver fréquemment cette tétrade de troubles chez la danseuse et les risques qui y sont liés, tout cela est évitable si une prévention est mise en place précocement.

Le docteur Hoch insiste sur le fait que si l’exercice physique intense peut être bon pour la santé, il est nécessaire de le faire dans de bonnes conditions de pratique et avec une alimentation adaptée à l’exigence de l’activité.


rédacteur Docteur Arcier André président fondateur de Médecine des arts®
Médecine des arts est une marque déposée.


Auteurs de ce programme de recherche :

Docteur Hoch Anne du Medical College of Wisconsin Co auteurs : Paula Papanek, Ph.D., professeur agrégé et directeur des sciences de l’exercice à l’Université Marquette, et au Medical College - Heather Havlik, MD, médecine sportive collègues, William Raasch, MD, professeur d’orthopédie chirurgie; Michael Widlansky, MD, professeur adjoint de médecine en cardiologie; Jane Schimke, coordonnateur de la recherche clinique, et David Gutterman, MD, doyen associé principal et professeur de médecine en cardiologie.


Illustration :

- Logo et illustration de l’article : détail toiles de Degas


Mots clés

ballerine, ballet, danseuse, santé, pathologie alimentation, ostéoporose, cardio-vasculaire, aménorrhée


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