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Les risques et la santé du guitariste
Risques du Guitariste
Les troubles présents chez le guitariste sont divers, s’ils dépendent de composantes individuelles (biomécaniques, posturales, psychiques etc.), ils sont également favorisés par les techniques de jeu, le rythme de la pratique, l’ergonomie de l’instrument, les répertoires etc.
1. Les troubles musculo-squelettiques
Le rythme de jeu, le temps de jeu souvent sans pause induisent une souffrance des tissus musculo-squeletique
- Les syndromes douloureux au niveau du dos, quel que soit le niveau, et des muscles paravertébraux sont fréquents. Le style de jeu, la pratique, le type d’instrument déterminent en partie les modèles posturaux lors du jeu et parfois même en dehors du jeu.
- Les syndromes de surmenage :
- les syndromes de surmenage spécifiques, tels que la tendinite ou la ténosynovite, qui est une inflammation de la gaine tendineuse, souvent en -relation avec une mauvaise utilisation (position en hyperflexion du poignet gauche par exemple) ;
- les syndromes de surmenage non spécifiques qui se manifestent par des douleurs moins localisées, souvent sur plusieurs sites musculaires.
- Le syndrome canalaire :
il s’agit de compressions vasculo-nerveuses souvent induites par les facteurs posturaux du guitariste, des épaules un peu trop enroulées, un poignet gauche trop fléchi, des contractures multiples.
- Le syndrome d’ostéolyse des extrémités :lors de certaines pratiques, on a pu décrire des acro-ostéolyses des extrémités. Il s’agit d’une lyse osseuse des dernières phalanges des doigts longs. La physiopathologie n’en est pas précisément connue, mais le facteur traumatique dans certains styles de jeu et sur certaines guitares (cordes) joue un rôle essentiel par un phénomène de déminéralisation progressive.
- L’arthrose : sur des articulations normales, l’arthrose consécutive à la pratique est une hypothèse discutée. Mais l’hyperlaxité, un premier rayon digital étroit peuvent favoriser une arthrose, au niveau de l’articulation trapézo-métacarpienne par exemple.
- L’hyperlaxité : elle est parfois rencontrée chez les musiciens instrumentistes, surtout les femmes ; il s’agit d’une amplitude articulaire excessive et cela se retrouve classiquement sur plusieurs articulations. Au niveau des doigts et du membre supérieur, elle est estimée comme un facteur favorisant de microtraumatismes, générateur de fatigue, de douleurs, de syndromes canalaires, de syndromes de surmenage, d’arthrose.
2. un trouble neurologique particulier
La dystonie de fonction : la pratique de la guitare, notamment classique, est la plus grande pourvoyeuse de dystonie chez les musiciens, si l’on tient compte des risques qui existent sur la main droite et la gauche. La dystonie est d’autant plus fréquente que la technique est d’une grande virtuosité des deux mains, que cela soit dans le jazz, dans la musique classique, ou dans d’autres pratiques. Elle survient plus volontiers chez l’homme, et plus fréquemment à un âge moyen, la quarantaine. Elle se caractérise par des mouvements involontaires, le défaut de maîtrise du geste. La particularité de la dystonie est de ne pas être douloureuse, même si parfois il peut coexister des phénomènes de compensations qui entraînent des tensions et/ou des douleurs.
3. Problèmes au niveau des ongles
L’ongle et la pulpe des doigts sont les parties les plus exposées directement à l’instrument. Les ongles des doigts de la main gauche surtout vont subir érosion et traumatisme. Leur bon entretien contribue également à la performance du guitariste.
4. Les troubles dermatologiques
- Callosités : épaississement corné des doigts du fait du traumatisme mécanique. Lors du début de la pratique ou lors d’une reprise après un longue interruption des phlyctènes ou des érosions peuvent survenir, notamment sur les doigts longs.
- Dermite allergique de contact :
- les composants des cordes : le nickel qui compose certaines cordes de guitare est un allergène fréquent. L’irritation cutanée et la macération des doigts sur les cordes favorisent les phénomènes allergiques. D’autres éléments qui entrent dans la composition des cordes peuvent être impliqués et parfois exacerber ces phénomènes allergiques.
- Les bois exotiques : certains bois sont connus comme des allergisants fréquents : le palissandre (Dalbergia latifolia et nigra), le Pao ferro (Machaerium scleroxylon), l’ébène (Diospyros), le Tuya plicata. Les luthiers sont particulièrement exposés à ces risques allergiques dus au bois sur le plan dermatologique, mais également rhinite et asthme.
- Les colorants et vernis : les luthiers sont plus exposés que les guitaristes à ces problèmes allergiques.
5. Les troubles pyschosociaux
- Le trac L’exposition devant un public entraîne des phénomènes adaptatifs plus ou moins bien contrôlés par le guitariste. Les symptômes présentent une grande variabilité individuelle ; ils dépendent également des conditions environnementales et de nombreux facteurs comme les difficultés techniques, l’expérience, le répertoire, le public, etc.
- Le stress
Celui-ci est très divers selon l’instrumentiste, l’environnement dans lequel il réalise sa pratique. Il s’agit également d’une réaction physiologique d’adaptation qui au-delà d’un certain seuil devient pathologique. Le stress a des conséquences possibles sur la santé et peut entraîner des pathologies favorisées par le stress : migraine, herpès, maladies cardio-vasculaires, ulcères, troubles du sommeil, etc., et sur la performance elle-même par l’agitation comportementale qu’il peut entraîner ou les interférences cognitives qu’il suscite : difficultés de mémoire, de pensée logique, ou encore les émotions qu’il peut générer : anxiété, humeur triste, etc.
- Burn out : syndrome qui a fait l’objet de nombreux travaux dans le cadre de certaines professions où les personnes sont particulièrement investies (milieu médical notamment). C’est un syndrome d’épuisement psychique qui peut conduire parfois au suicide.
- Harcèlement : une loi réglemente dans le milieu professionnel la notion de harcèlement. Il se caractérise par des actions répétées qui visent à dégrader l’estime de soi.
6. Un syndrome spécifique
Nipple syndrome : il s’agit d’un trouble rare, néanmoins décrit, consistant en une irritation du mamelon chez la guitariste classique.
7. Infections cutanées
Les infections cutanées au niveau des doigts sont rares. Lorsqu’elles surviennent, c’est à la faveur d’un facteur initial, traumatisme notamment.
Rédacteur, Docteur Arcier, fondateur de Médecine des arts
Mise à jour, mai 2008.