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Beethoven, une intoxication au plomb expliquerait ses problèmes de santé et sa mort

De nombreux articles scientifiques ont été réalisés sur les pathologies de Beethoven ; cette recherche scientifique originale à partir de produits biologiques du compositeur amène une nouvelle hypothèse particulièrement étayée qui pourrait expliquer les pathologies générales diverses dont Beethoven a souffert quelques années avant sa mort et qui auraient pu provoquer son décès.
Une intoxication au plomb
Les chercheurs de Health Research Institute de Naperville, Illinois, du McCrone Research Institute de Chicago et de Argonne National Laboratory (Illinois) ont confirmé que les problèmes de santé chronique du compositeur Ludwig van Beethoven qui avaient duré plusieurs années auraient été dus à un empoisonnement au plomb. Cette intoxication pourrait avoir contribué au décès du compositeur.
L’analyse chimique montrait des niveaux extrêmement élevés de plomb dans une mèche de cheveux appartenant à Beethoven, indique William Walsh, directeur scientifique du Health Research Institute à Naperville, Illinois.
Cet institut est spécialisé notamment dans la recherche de traces d’éléments dans les cheveux d’enfants et d’adultes afin de savoir si des constituants nutritionnels ou biologiques auraient pu contribuer à expliquer des désordres comportementaux et des pathologies mentales. Walsh a mené cette étude sur les cheveux de Beethoven en collaboration avec les physiciens d’Argonne National Laboratory.
Les résultats des teneurs en plomb retrouvées sur les cheveux de Beethoven ont été comparés à ceux d’échantillons comportant des compositions de plomb connues.
Une teneur en plomb dans les cheveux de Beethoven très supérieure à la population générale
Cette recherche menée sur 6 cheveux de Beethoven a été comparée à des échantillons de cheveux comportant des compositions de plomb connues.
Ces travaux ont permis de mettre en évidence des niveaux de plomb qui étaient en moyenne de 60 ppm (parties par millions) dans les cheveux analysés de Beethoven, confirmant une recherche précédente menée par l’Institut de recherche McCrone de Chicago. Selon Walsh, la moyenne actuelle de plomb dans les cheveux des Américains est de 0,6 ppm, soit 100 fois moins que les doses trouvées dans ceux de Beethoven.
Le système Argonne, un moyen aussi de dater l’intoxication
L’étude a été complétée par un procédé de microimagerie (système Argonne). Cette méthode permet d’observer la distribution du plomb dans et sur les cheveux, ce qui permet d’identifier la présence d’effets de surface ainsi que le degré d’ancienneté de l’exposition au plomb.
Les cheveux sont un véritable système d’enregistrement chronologique de l’exposition. Kemmer indique qu’ainsi on peut avoir une lecture de l’exposition les derniers mois de la vie de Beethoven. Les chercheurs espèrent qu’ils pourront déterminer si les niveaux de plomb sont en relation avec par exemple l’alimentation ou si c’est relation avec des doses élevées et multiples.
Beethoven a vu de nombreux médecins à la recherche d’un traitement pour les maux physiques qu’il subissait. Walsh dit "qu’il souffrait de mauvaise digestion, de douleur abdominale chronique, d’une irritabilité et de dépression".
Beethoven est mort à l’âge de 57 ans et, depuis, les causes des maladies qu’il a contractées et de sa mort font l’objet de nombreuses spéculations. L’intoxication chronique au plomb dont la signature se retrouve dans les cheveux de Beethoven pourrait expliquer les maladies retrouvées à la fin de la vie de Beethoven. L’intoxication au plomb aurait pu également avoir un impact sur sa personnalité et le conduire à la mort.
Walsh ne pense pas que l’intoxication en question ait un rapport avec sa surdité, mais les recherches continuent.
L’origine de l’intoxication au plomb de Beethoven n’est pas connue, mais elle aurait pu être induite pas les boissons, l’eau minérale des stations thermales qu’il visitait régulièrement, certains plats revêtus de composants à base de plomb, ou des vins stockés dans des flacons à base de plomb.
Les chercheurs ont également vérifié la présence de mercure, ce qui aurait suggéré que Beethoven avait reçu un traitement médical à base de mercure que l’on donnait à l’époque contre la syphilis (quelques amis de Beethoven ont été suspectés de l’avoir contractée). Mais le mercure n’a pas été trouvé dans ces examens.
Une histoire de cheveux
Les cheveux de Beethoven ont été conservés jusqu’à ce début du XXIe siècle grâce à un jeune musicien, Ferdinand Hiller, qui s’est occupé de la tête de Beethoven le jour après sa mort.
Les cheveux de Beethoven sont alors passés de génération en génération dans la famille Hiller, jusqu’à ce qu’ils tombent dans les mains d’un médecin danois, Kay Fremming qui a été par ailleurs impliqué dans l’effort de sauver des juifs au Danemark occupé par les nazis.
Vraisemblablement en gratitude pour cette démarche, on aurait donné les cheveux à Fremming. A sa mort, sa fille les a fait mettre en vente à Sotheby’s et ils ont pu être achetés par deux Américains fervents admirateurs de Beethoven, Ira Brilliant et Alfredo Che Guevara, un neurologue d’Arizona, qui ont lancé le projet de recherche. Ils ont ensuite recruté William Walsh, directeur scientifique de l’Health Research Institute de Naperville, ainsi qu’un expert national reconnu pour ses compétences dans les cheveux et l’analyse chimique pour coordonner la recherche. Walsh a ensuite contacté l’Institut McCrone et l’Argonne National Laboratory.
Rédacteur Docteur Arcier André, président fondateur de Médecine des arts®
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