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Atelier de restauration des oeuvres d’art en métaux et l’analyse des risques sur la santé


Atelier de restauration des oeuvres d’art en métaux et l’analyse des risques sur la santé

Atelier de restauration de métaux

Les risques

Les risques sont liés au traitement des métaux : bronze, laiton, acier ou fonte. Chaque phase de restauration présente des risques particuliers ; aussi est-il nécessaire que les personnes attachées à chacune de ces activités soient protégées les uns des autres : polissage, traitement de surface, vernissage. La coactivité (risque organisationnel) présente toujours des risques supplémentaires qu’il faut analyser. La séparation des activités dans des espaces fermées différents permet une plus grande efficacité préventive et une mise en Å“uvre plus individualisée et spécifique des stratégies préventives, y compris la surveillance médicale.

Le bronze (alliage cuivre-zinc) et le laiton (alliage cuivre-zinc) qui sont restaurés dans les ateliers sont susceptibles de contenir du plomb, du nickel, du chrome et du béryllium ; ce sont des métaux dangereux, notamment lorsqu’ils sont sous la forme de fines poussières. L’analyse de l’environnement du travail montre que de nombreuses particules métalliques se déposent sur les différents supports de l’atelier ou se diffusent dans l’air ambiant.

Bronze

Le bronze est le nom générique des alliages de cuivre et d’étain. Le terme airain désigne aussi le bronze, mais est plutôt employé en poésie et dans les textes littéraires, ainsi qu’en campanologie, où il désigne l’alliage utilisé pour la fonderie des cloches.

Les bronzes sont normalement composés de plus de 60 % de cuivre et d’une proportion variable d’étain, et ils contiennent en outre des proportions variables d’aluminium, plomb, béryllium, manganèse et tungstène, accessoirement du silicium et du phosphore, mais pas de zinc en quantité notable (ne pas confondre avec le laiton, dont le terme anglais brass est souvent traduit par bronze). (Wilkipedia)

Prévention

Des aspirations doivent être minutieusement disposées au plus près des espaces où se forment ces particules métalliques : brasage, soudage, polissage. Hottes aspirantes, aspirations sont les préventions techniques collectives qui doivent être mises en place en première intention si l’on doit se protéger efficacement.

La restauration des métaux va exiger également l’utilisation de produits chimiques (risque chimique). Chacun d’eux doit faire l’objet d’une fiche qui identifie les risques et les conditions d’utilisation.

Des masques doivent être mis à disposition si nécessaire, ainsi que des visières, lunettes de sécurité (risque oculaire) pour éviter des lésions oculaires (un lave-œil à proximité s’impose afin d’assurer en cas de projection de produits une douche oculaire), gants adaptés aux tâches et aux produits utilisés, chaussures de sécurité.

Le bruit (risque auditif) fait partie également des risques professionnels dans ce type d’atelier ; l’isolement des postes permet une protection des personnes non-attachées à l’activité bruyante.

Postures, risques de troubles musculo-squelettiques (TMS, risques musculo-squelettique) sont également à prendre en compte. Le travail répétitif des membres supérieurs, le port de poids feront partie d’une analyse afin d’optimiser ces tâches et alléger les contraintes.

Des examens paracliniques seront réalisés en fonction des risques, notamment une plombémie.

De nouveaux espaces de travail pour les plasticiens

Si l’ensemble de ces mesures sont plus aisément mises en œuvre dans de grands ateliers de restauration comme les ateliers du Mobilier National, elles sont plus délicates à mettre en place pour les artisans d’art et artistes qui travaillent dans de petites équipes ou seuls. Le simple aspect financier est déjà une contrainte non négligeable pour organiser la prévention. Le statut des jeunes plasticiens est précaire et rien par ailleurs ne les prépare à intégrer ces aspects préventifs.

Depuis de nombreuses années désormais avec Médecine des arts nous pensons nécessaire un changement de paradigme pour mettre en Å“uvre une prévention efficace pour les artisans d’art et artistes dont les pratiques comportent des contraintes techniques et préventives particulières. Comme il existe des pépinières d’entreprise dans de nombreuses villes et départements, il faut mettre en place dans tous les départements des lieux adaptés et équipés sur le plan technique et préventif pour que les artistes puissent créer sans subir des risques qu’il leur est difficiles de prévenir, tout en bénéficiant dans ces lieux de conseils techniques, ergonomiques et préventifs. Dans un pays muséographique, où chaque élu veut créer son musée, il nous faut protéger, au-delà des Å“uvres passées, les artistes d’aujourd’hui en leur donnant des espaces de travail et de liberté, car la première des libertés c’est de pouvoir créer en restant en bonne santé. Niki de Saint-Phalle, Arman et bien d’autres plasticiens ont pris des risques dans leur début de carrière, justement du fait de la difficulté de prendre les mesures de prévention nécessaires à la « fabrique » de leur art et de la méconnaissance des risques et ils en ont subi des conséquences sur la santé.

Bibliographie

- Travail et sécurité, février 2011, n°714. Ciseler en toute sécurité.


Rédacteur Docteur Arcier André, président fondateur de Médecine des arts®
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